Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

01-B – Extraits de l'Ouest-Eclair relatifs à Cherrueix 1929 - 1944

Publié le par Pierre Pétour

Extraits du journal

L’Ouest-Éclair


1929 - 1944

relatifs à

 

CHERRUEIX

 


Préambule

La Bibliothèque Nationale et Ouest-France ont récemment scannérisé et mis à la disposition du public les anciens numéros du journal de l’Ouest-Éclair créé en 1899 et disparu en 1944 pour être remplacé par Ouest-France.

 

Ces numéros (16.216 numéros pour l’édition d’Ille-et-Vilaine, parus durant 46 années) sont disponibles sur le site de la Bibliothèque Nationale.

 

Ainsi les 1.156 numéros concernant Cherrueix sont disponibles à cette adresse.

 

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir au fil des numéros cette histoire cachée de Cherrueix. J’espère que qu’il en sera de même pour vous au fil de ces pages.

Seuls ont été retenus les articles présentant un intérêt sur le plan de l’histoire locale.

 

En vous en souhaitant bonne lecture.

Pierre Pétour
10 octobre 2013

 

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Ouest-Éclair du 6 janvier 1929 - Pages 1

 

 

Peut-on rendre son insularité au Mont Saint-Michel ?

 

« COUPEZ LA DIGUE, ou NE LA COUPEZ PAS, nous disent deux géologues avertis, RIEN N'Y FERA »

C'est la faute aux Hermelles, sortes d'annélides qui construisent sur les affleurements rocheux de véritables digues retenant les sables amenés par les courants.

 

« L'assèchement complet de la baie, par exhaussement graduel du fond, serait affaire de temps »

Cette question de l’insularité du Mont Saint-Michel préoccupe à juste titre, non seulement le monde des arts et des lettres, mais, on peut le dire, l'opinion publique tout entière. C'est que le Mont Saint-Michel, une des sept merveilles du monde, fait partie de notre patrimoine national. En présence de la tournure que menace de prendre la question de l'insularité, puisque les pouvoirs publics s'apprêtent à voter des millions pour la réaliser au moins en partie, nous avons eu la curiosité d'aller consulter, dans les Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, la communication signalée récemment par un de nos correspondants. Elle nous a paru suggestive et nous nous faisons un devoir de la reproduire ici elle documentera à la fois les artistes, les archéologues et tous ceux qu'intéresse, de par le monde, cette importante question.

Cette communication à l'Académie des Sciences fut faite par deux éminents géologues rennais, MM. Galaine et Houlbert, ce dernier, conservateur du Musée des Sciences Naturelles de Rennes.

La thèse des deux savants, qui apparaît nouvelle parce que peu connue ou oubliée ne manquera pas de susciter de vives polémiques. Certes, nous nous garderons de prendre parti, mais nous accueillerons volontiers les suggestions ou observations qu'elle aura fait naître.

 

Les récifs d'Hermelles et l'assèchement de la baie du Mont Saint-Michel

(C. R. de l’Ac. des sciences, 1916 p. 613)

Par suite d'un exhaussement progressif du fond de la baie, le Mont Saint-Michel perd, petit à petit, son aspect insulaire quoi qu'on en puisse penser, la digue ne joue aucun rôle dans l'évolution de ce phénomène sa transformation ou sa suppression ne ramèneraient pas les eaux autour du célèbre rocher.

Bien des fois, au cours de ces dernières années, des géologues éminents ont indiqué que le fond du golfe normano-breton était soumis à des mouvements verticaux d'oscillation le plus récent de ces mouvements, un affaissement, vers la fin de l'époque gallo-romaine, produisit la grande transgression marine qui amena la destruction de la forêt dite de Scissy (Chausey) mais le dernier des sept villages, St-Étienne-de-Paluel, qui repose enseveli sous les eaux de la baie, ne fut définitivement submergé qu'en l'an 1630.

 

Le barrage

Nos recherches, sur les bancs d'huîtres de la baie de Cancale qui nous ont conduit à explorer la région dans tous les sens, nous ont fourni bien des fois l'occasion de vérifier l'exactitude des mouvements d'oscillation signalés ci-dessus mais, nous avons constaté en outre qu'à l'ensemble de ces phénomènes, d'ordre purement géologique, s'en superposait un autre, d'ordre biologique. C'est sur ce dernier que nous désirons appeler particulièrement l'attention de l'Académie, car son importance pour l’exhaussement du fond marin, est, à notre avis, supérieur à tout ce qui peut résulter des lentes oscillations orogéniques de cette région. Il s'agit, en fait, des importantes barrières récifales édifiées par les Hermelles « Hermella alveolata Sav.», lesquelles, s'étendant, par le travers de la baie, dans la direction Chapelle Sainte-Anne-Granville, barrent complètement les estuaires côtiers sur une étendue qui n'est pas inférieure à dix kilomètres.

Déjà, en 1832, dans leur Histoire naturelle du littoral de la France, t. 1. p 181, Audouin et Milne Edwards consignaient les remarques suivantes « Nous nous sommes convaincus que les masses formées par ces annélides étaient très considérables et qu'elles enterraient pour ainsi dire les huîtres. C'est depuis une dizaine d'années seulement que les Hermelles ont envahi ce banc et qu'elles y ont entièrement arrêté la reproduction des huîtres. Toutes celles qu'on y arrache avec la drague sont très vieilles et comme enfouies dans des masses sablonneuses construites par ces annélides aussi, ce banc qui était autrefois l'un des plus estimés, est-il aujourd'hui complètement abandonné. Les Hermelles qui l'ont détruit paraissent y être venues du voisinage du Mont Saint-Michel car elles forment, sur quelques points de grèves de ce rocher et au nord-est du Pas-aux-Bœufs, des bancs de sable ou des espèces d'îlots qui découvrent à mer basse et qui paraissent élevés de 8 à 10 pieds. Il est à craindre que cet ennemi, si dangereux pour les huîtres, ne gagne les bancs voisins et ne dépeuple peu à peu la baie actuellement si riche, de Cancale ».

 

La muraille s'élève

Jusqu'ici, heureusement, les craintes exprimées par les deux savants professeurs du Muséum, ne paraissent pas s'être réalisées, tout au moins en ce qui concerne les bancs d'huîtres. Les Hermelles ne s’avancent guère, vers l'Ouest, au-delà de la laisse des basses mers comme les coraux, ces organismes ne peuvent sans doute vivre au-dessous d'une certaine profondeur toutefois, du fait de leur activité et malgré la faible solidité de leurs constructions, un résultat important est aujourd'hui, nettement visible.

Les récifs d'Hermelles, qui se développent depuis les bancs de sable du nord de Cherrueix jusqu'à la hauteur de Dragey, dans la direction du Cantonnement, continuent à s'accroître en hauteur, sinon en étendue pareils à d'immenses troupeaux de moutons couchés, ils forment actuellement, sur une largeur d'environ 3 kilomètres, une digue d’îlots tantôt réunis, tantôt séparés, entre lesquels et en arrière desquels, d'année en année, s'accumulent les sables amenés par les courants. Les masses récifales, cela se conçoit, sont enfouies petit à petit. Mais, comme elles végètent sans cesse à leur partie supérieure, leur muraille s'élève continuellement, consolidée par les sables qu'elle a arrêtés. Ces sables avec les vases qui les prolongent vers l’Est et vers le Sud, ont déjà tellement modifié l'estuaire du Couesnon que ce fleuve, dont les eaux s'écoulaient encore, en 1790, bien à gauche du Mont Saint-Michel, le long « des digues du grand marais de Dol », est maintenant refoulé vers les grèves cotentines et coule directement vers le Nord, entraînant avec lui les eaux de la Guintre, de la Sélune et de la Sée.

 

L'ensablement fatal

Tout le fond de la baie du Mont Saint-Michel subit donc, du fait de la présence des Hermelles, un ensablement et un envasement continus ; on peut estimer que l'épaisseur des dépôts, qui, à l'époque du Voyage d'Audouin et de Milne-Edwards, n'était que de 8 à 10 pieds, est aujourd'hui d'environ 5 à 6 mètres (15 à 18 pieds). Le sommet de la Grande-Bosse dépasse peut-être actuellement de 12 mètres le zéro des cartes marines.

Les conclusions, en face de ces faits, sont faciles à tirer : ce sont les Hermelles qui construisent, soit sur les bancs d'huîtres, soit sur des affleurements rocheux, de véritables digues qui arrêtent les sables amenés par les courants.

Il se produit ainsi un exhaussement graduel du sol marin, qui aboutira à un assèchement complet du fond de la baie. La mer rencontrera des difficultés de plus en plus grandes pour atteindre le Mont Saint-Michel et, comme nous l'avons dit plus haut, la suppression de la digue ou sa transformation ne peuvent apporter aucune amélioration à cet état de choses. Pour permettre aux eaux de s'avancer plus loin vers le fond de la baie, il faudrait détruire, sans trop tarder. Les récifs d'Hermelles à la dynamite ou à la drague par les modifications ainsi apportées à la topographie sous-marine, peut-être les courants arriveraient-ils à remporter vers la haute mer les sables accumulés. Mais ce résultat n'est nullement sûr ; il exigerait, en tout cas une étude très approfondie de la question, car on ne peut pas espérer de faire en quelques mois ce que la nature a mis des centaines d'années à édifier.

C. Galaihe et C. Houleert.

 

Voilà, nous semble-t-il, la question posée sous son véritable jour.

Couper la digue actuelle, sur une longueur de 500 mètres, pour contrecarrer l'action d'un phénomène dont la véritable cause est au large, à 13 kilomètres vers l'Ouest serait, d'après les auteurs de cette communication, tenter une aventure aussi vaine que serait celle de « vider la baie de Cancale avec un arrosoir ». Qu'en pensent les spécialistes ? A. M.

 

Hermelle ou Hermella : Genre d'annélides de la famille des Hermelidés, comprenant plusieurs espèces des mers froides, vivent dans des tubes creusés dans le sable, et dont leurs tentacules aplatis de la tête bouchent exactement l’orifice. On peut prendre comme exemple de ces curieux annélides, très effilés et lisses en arrière, l’hermella alvéolata des côtes de France.

 

 

 

Ouest-Éclair du 6 janvier 1929 - Page 7

 

 

Ne serait-ce qu'un char à bancs, pourvu qu'il arrivât à l'heure

 

Si Cherrueix n'est pas une plage à la mode avec casino et terrain de golf, c'est cependant, si l'on peut dire, « un petit trou pas cher », où beaucoup de « Français moyens » sont heureux d'aller passer quelques jours de vacances. Mais, le tout est d'y arriver. « Il faut descendre du train à Dol et prendre l'autobus pour Cherrueix », vous a-t-on dit, et, tout confiant, vous vous dirigez vers un confortable autocar, où vous pourrez occuper une bonne place, que l'on ne vous fera payer que 2 Francs 50 jusqu'au Vivier. Mais, pour vous qui allez à Cherrueix, il vous faut aussitôt descendre, car, le « courrier » de Cherrueix, vous dit-on, arrive tout à l'heure.

Enfin, le « courrier de Cherrueix » arrive; c'est, si l'on veut, avec beaucoup d'indulgence, une camionnette, où, pour 4 Francs, vous aurez le droit de vous entasser parmi voyageurs, paquets et colis.

Mais, là n'est pas l'inconvénient. C'est, au contraire, le charme et l'imprévu d'un aller en vacances; seulement, avec le courrier de Cherrueix, on ne sait pas quand on part, on sait encore bien moins quand on arrive. « La pause est plus longue et plus fréquente qu'au régiment » disait un jeune bleu pressé de revoir son pays.

Mais, il y a le retour aussi, et c'est là que je veux en venir, car, alors, si vous voulez prendre le train du matin, prenez le courrier du soir, ou, autrement, neuf fois sur dix, vous arriverez au plus tôt pour apercevoir, toute fine et toute légère, la fumée du train qui est parti sans vous. Et il ne vous reste plus qu'à attendre le suivant mais il vous reste aussi à désirer et à réclamer qu'un service régulier soit établi, car le « courrier » est pour le service postal et non pour vous, vous n'avez que le droit de vous y entasser, mais vous n'avez pas le droit d'arriver pour l'heure du train.

Que celui qui voudra bien établir un autre service, celui des voyageurs, soit bien persuadé qu'il ne perdrait pas son temps. Et puis, nos édiles, soucieux comme il convient du bien-être de leurs administrés et aussi de la prospérité du pays dont ils ont charge des intérêts, ne « pousseront-ils pas un peu à la roue ».

Après tout, ils ne feront peut-être que leurs devoirs.

 

 

 

Ouest-Éclair du 13 janvier 1929 - Page 1 et 2

 

 

En faisant sauter la digue du Mont Saint-Michel parviendra-t-on
à rendre au Mont son insularité ?

 

MM. Galaine et Houlbert ont soutenu que l'ensablement de la baie est dû aux récifs d'Hermelles. M. F. Lavoué ne le croit pas, et il dit ici pourquoi.

Dans notre numéro du 6 janvier nous avons publié un article intitulé « Peut-on rendre son insularité au Mont Saint-Michel ? ». Nous rappelions à ce sujet, une intéressante communication faite en 1916, à l'Académie des Sciences, par MM. Galaine et Houlbert, et qui peut se résumer ainsi « Que l'on fasse disparaître la digue ou qu'on la maintienne, le Mont ne retrouvera pas son insularité. L'assèchement complet de la baie est affaire de temps, car l'exhaussement du sol est dû à ce fait que les Hermelles (sortes de petits animaux à coquille de la famille des annélides) construisent sur les affleurements rocheux de véritables digues retenant les sables amenés par les courants ».

Comme des crédits sont prévus pour faire sauter la digue, du moins en partie, la question est tout à fait actuelle.

Voici ce que nous écrit à ce sujet M. Frédéric Lavoué, qui connait admirablement la baie du Mont Saint-Michel. Sa thèse, on le verra, n'est point celle de MM. Galaine et Houlbert. Voulez-vous permettre à un habitué des grèves de la baie de Cancale de donner son modeste avis sur l'ensablement des grèves du Mont Saint-Michel et de toute la baie de Cancale, ensablement causant la disparition des huîtres, autrefois source de richesse pour le pays.

Lors du flux, le courant venant de la pointe du Grouin porte vers le Sud-Sud-Est et, au plein, vers l'Est, suivant la côte vers Saint-Benoît, Le Vivier, Cherrueix, etc., déposant sur les obstacles qu'il rencontre, sable, vase, coquillages qu'il entraîne.

Avant la construction de la digue du Mont, le courant portait au-delà, passant entre le Mont et Beauvoir, s'en allait jusque dans les estuaires du Couesnon, de la Sée et de la Sélune. Au reflux, et même une heure avant la pleine mer, le courant se faisait sentir en sens contraire. Une grande partie de l'énorme quantité d'eau qui entre dans les estuaires de ces rivières venait passer entre le Mont et Beauvoir, entraînant en sens inverse une partie des sables et vases déposés. Mais, depuis la construction de la digue qui empêche l'eau de revenir, cela ne se fait plus. La mer apporte bien encore, mais le courant de descente ne se faisant plus aussi fort, les dépôts restent, comblant petit à petit les grèves entre le Mont et Cherrueix.

Dans la baie, les dépôts ne se forment plus aux mêmes endroits. Il y a cinquante ans et plus, avant la construction de la digue du Mont, d'immenses dépôts, appelés dans le pays « buttins », hauts de 1 mètre à 2 mètres, larges de 50, 100 et 200 mètres, étaient formés tout le long de la côte depuis le Mont jusqu'à la pointe de Château-Richeux, en Saint-Méloir. A cette époque, les cultivateurs, pour amender leurs terres, allaient chercher la tangue (vase) sous la pointe de Château-Richeux. Il y en avait d'immenses dépôts, et sur les relais de la mer on avait pris la ferme des Grèves, en Saint-Benoit. Là où autrefois la mer déposait, aujourd'hui elle creuse. La ferme des Grèves a été envahie par la mer il y a quelques années. Les relais tout le long de la côte, depuis Saint-Benoît jusqu'à Sainte-Anne, ont peu à peu disparu, rongés par la mer, qui les transporte à l'Ouest du Mont, où ils restent, parce que la digue, véritable épi, a détourné vers le Nord-Nord Ouest les eaux qui avant allaient à l'Ouest.

Il y a quarante et cinquante ans le banc des Hermelles existait. J'ai parcouru en tous sens et j'ai péché bien souvent sur des îlots beaucoup plus hauts que ceux qui existent aujourd'hui, alors il n’y avait pas de banc de sable ; au contraire, il y avait des baies avec réservoirs d'eau, parce que le courant de mer baissante emportait tout. Il y a vingt ans ces crassiers (banc des Hermelles) étaient couverts par la mer une heure avant les pêcheries. Aujourd'hui, le grand banc de sable qui s'est déposé sur les petits crassiers n'est couvert par le flot qu'en même temps que les pêcheries. Les dépôts de sable ont commencé sous Roz. La mer n'y montant plus, ou presque plus, la masse d'eau étant moindre et le courant de moins en moins fort, les dépôts se font sur les petits crassiers.

Le banc des Hermelles s'étend Sud-Ouest-Nord-Est sur plusieurs kilomètres en longueur. Il ne gêne en rien là où le courant est fort. Seule, la partie Sud-Ouest en face Saint -Broladre arrête les sables, et cela parce que le courant de la baie de Letou a beaucoup diminué par suite des ensablements plus près de la côte. Il y a cinquante ans, j'ai cueilli sur la pêcherie de grandes quantités de moules magnifiques maintenant il n'y a plus rien, parce que vous le diront les vieux pécheurs, l'eau douceâtre qui venait des rivières Sée, Sélune et Couesnon ne vient plus. Il en est de même pour les poissons, bars et saumons, qu'on ne voit plus que bien rarement.

On m'a dit que les fonds de mer sous Cancale étaient, par l'appoint des sables, exhaussés de plus d'un mètre. Le sable envahit tout parce que les courants ont été affaiblis et déplacés par la digue.

Cette digue a été faite dans le but d'aider la Société des Polders à prendre sur la mer les terrains que lui avait concédés l'Empire, terrains limités par une ligne droite allant de la chapelle Sainte-Anne au Mont Saint-Michel. La réussite a été complète et, si la digue n'est pas ouverte de façon à permettre à la mer baissante de passer au Sud du Mont, dans quelques années il sera tout à fait entouré d'herbues ; il n'y aura plus d'huîtres dans la baie de Cancale et n'y en a déjà presque plus. La digue aura été cause de l'ensablement, de même que la construction concave en hauteur de la digue de Paramé a été la cause de l'enlèvement des sables de la grève que les courants ont transportés dans la baie de Cancale.

A petites causes, grands effets.

Frédéric Lavoué, pharmacien de Rennes.

 

N.B. : la destruction du perré rive gauche du Couesnon, au moins en face l'ouverture de la digue, s'impose pour permettre au courant d'aller vers l'Ouest

 

 

 

Ouest-Éclair du 13 janvier 1929 - Page 8

 

 

Le courrier de Cherrueix

 

Comme suite à notre article du 6 janvier « Ne serait-ce qu'un char-à-banc, pourvu qu'il arrivât à l'heure », nous avons reçu une protestation de l'adjudicataire du courrier de Cherrueix dont nous n'avions pas voulu citer le nom, ne voulant pas nous en prendre à un homme qui a là son pain à gagner (encore est-il que ce n'est pas une raison pour se moquer des clients, fussent-ils occasionnels) mais à un état de choses.

 

Voici cette protestation

Et d'abord, si, pour faire mon transport de dépêches Dol, Cherrueix, St-Broladre et vice-versa, je ne possède pas une luxueuse quarante chevaux, du moins, à la date du 14 avril 1928, l'administration préfectorale d'Ille-et-Vilaine m'a délivré, sous le n° 105, l'autorisation de mise en circulation de mon véhicule automobile n° 954 L II, affecté à un service public de transport en commun ; c'est dire que ma voiture est non seulement apte au transport des dépêches, mais encore au transport des voyageurs.

Toutefois, ce dernier service ne m'a pas été imposé par le cahier des charges dressé par les soins des P.T.T. et je me suis engagé seulement à assurer le transport des dépêches à des heures fixes, ce que j'ai toujours fait puisque depuis bientôt six ans que je fais ce service je n'ai encouru aucun reproche.

J'ajoute que, si depuis la même époque, j'ai fait le transport des voyageurs, il m'est arrivé une seule fois (exactement, le 1er janvier 1929), d'arriver pour le départ du train avec quelques minutes de retard. L'assertion m'accusant d'arriver en retard neuf fois sur dix n'est donc qu'un grossier mensonge que je laisse pour compte à son auteur.

Pour le reste, je suis d'accord avec le correspondant P.G. en ce sens qu'il serait d'utilité publique d'organiser un service régulier pour tous les trains de la journée. Mais alors, qui pourra faire ce service pour quelques milliers de Francs ? Sans doute

 

JAMES Auguste, Courrier à Cherrueix.

 

Disons tout de suite que nous ne voulons pas nous occuper du transport des dépêches, cela est du ressort de l'administration des Postes et elle est assez grande personne pour gérer elle-même ses affaires.

Mais si le transport des voyageurs n'est pas imposé au cahier des charges, nous estimons cependant que, puisque le courrier de Cherrueix fixe un tarif aux voyageurs pour les transporter, même en plus des dépêches, et que ce tarif est relativement élevé, étant donné le confort et la distance (l'autocar du Vivier, aménagé pour voyageurs, prend 2 Francs 50, tandis que la camionnette de Cherrueix prend 4 Francs pour la même distance), nous estimons donc que ces voyageurs ont, tout au moins, le droit d'arriver pour le train dont ils ont demandé au courrier de leur assurer la correspondance. Et quand le courrier de Cherrueix prétend qu'il n'arriva qu'une seule fois en retard, a exactement le premier janvier 1929 ?, entendez bien que cela veut dire que c'est la première fois de l'année, car pareille aventure nous arriva exactement le lundi 31 décembre 1928 (train de Rennes, à 7 h 35 du matin), et pourtant, si nous en croyons des gens à même d'être bien informés, ces choses n'arrivent pas qu'à nous. Avouez qu'à cette cadence on arrive facilement à neuf fois sur dix. Nous n'avons jamais demandé une 40 CV, nous répétons « ne serait-ce qu'un char à banc, pourvu qu'il arrivât à l'heure », mais le bruit nous est venu que d'aucuns s'apprêtaient à mettre à la disposition des voyageurs beaucoup mieux que le « char à banc de M. James » qui est décidément comme le courrier de Cherrueix, un peu en retard.

La protestation de l'adjudicataire du courrier de Cherrueix était accompagnée de certificats élogieux des maires de Cherrueix et de Saint-Broladre, certificats que nous n'avons pas à reproduire ici. C'est très bien de défendre un administré, mais il faut aussi penser au bien-être des autres et un peu aussi à ceux qui viennent estiver à Cherrueix et à Saint-Broladre, ce dont les habitants ne se plaignent pas que nous sachions.

 

 

 

Ouest-Éclair du 8 mars 1929 - Page 6

 

 

Une affaire de coups

 

M. Gilles Galand, pécheur, demeurant au Rajeul, commune de Cherrueix, s'est plaint à la gendarmerie que son voisin, M. Jean-Baptiste Pellerin, marin-pêcheur, lui aurait porté des coups dans la nuit du 4 au 5 mars.

Les deux antagonistes étant en contradiction, la gendarmerie de Dol a ouvert une enquête afin de tirer cette affaire au clair.

 

 

 

Ouest-Éclair du 5 août 1929 - Page 6

 

 

Un cycliste se jette contre une automobile et est grièvement blessé

 

Hier soir dimanche, vers 18 h 30, un grave accident s'est produit sur la route du Vivier à Dol.

Un jeune cycliste habitant le village du Tronchet, commune de Plerguer, est allé se jeter contre l'automobile de M. Blin, entrepreneur à Cherrueix. Le choc a été des plus violents et l'infortuné cycliste qui était dans le coma a été transporté d'urgence dans une clinique à Saint-Malo.

 

 

 

Ouest-Éclair du 14 août 1929 - Page 6

 

 

Un autocar capote

 

Mardi, entre Saint-Broladre et Cherrueix, un autocar d'une maison de Dinard, qui revenait du Mont-Saint-Michel, avec 10 voyageurs, tous Anglais, a capoté.

La voiture s'est couchée en travers de la route : sur les 10 voyageurs, 7 ont été plus ou moins grièvement blessés, à savoir deux à la clinique du docteur Page, à Paramé et les cinq autres à l'Hôtel-Dieu de Saint-Malo. Sur ces cinq derniers, trois ont pu regagner Dinard, après avoir été pansés. Sur les deux restant à l'Hôtel-Dieu de Saint-Malo, un seulement donnerait des inquiétudes. Pour les deux blessés soignés à la clinique du docteur Page, leur état sans être inquiétant serait plus grave.

 

 

 

Ouest-Éclair du 15 août 1929 - Page 7

 

 

L'accident d'autocar de Saint-Broladre. Un mort

 

Nous avons relaté hier l'accident d'autocar survenu entre Saint-Broladre et Cherrueix, au cours de la soirée de mardi.

C'est exactement près du hameau de la Jugaudière en Saint-Broladre que l'accident s'est produit. Le car marchait à environ 35 kilomètres à l'heure, quand il dérapa, il fut alors déporté sur plus de 55 mètres et finit par culbuter pour se renverser sur la route.

Mardi soir on pensait, les blessés transportés à Saint-Malo n'ayant pas parlé de mort, que l'accident n'aurait pas de suites trop fâcheuses. Or, hier matin on apprenait qu'un autre blessé transporté à l'hôpital de Dol, M. Woolatt, demeurant 98, Crownstone-Road à Wescliff on Lea (Essex) avait succombé à ses blessures.

L'état de Mrs Woolatt transportée à Saint-Malo, donnait hier soir des inquiétudes, celui de leur jeune fille, Lilian-Christine Woolatt, 13 ans, nécessitait son maintien à l'hôpital, il en était de même d'une fillette de 12 ans, Honor Ruth, qui reste en traitement à l'hôpital de Saint-Malo.

A la demande de la famille du mort, M. Guillon, huissier à St-Malo, s'est rendu à la Jugaudière, procéder aux constatations d’usage. D'autre part le Parquet de Saint-Malo a prescrit une enquête sur les circonstances de cet accident. De la première enquête faite par la gendarmerie de Pleine-Fougères, il parait résulter que c'est après avoir passé sur un gros caillou que le car fit une embardée, qui devait se terminer par la culbute.

Le consulat anglais a fait de son côté le nécessaire pour établir les conditions exactes dans lesquelles l'accident s'était produit.

 

 

 

Ouest-Éclair du 7 septembre 1929 - Page 7

 

 

Derniers échos de la fête du 25 août

 

Le comité des fêtes rappelle que la distribution des lots de la souscription organisée à l'occasion de la fête du 25 août, aura lieu dimanche prochain 8 septembre, à 5 heures en la salle de la Mairie.

Le comité profite de cette circonstance pour organiser un bal le soir à 8 heures. Vu le prix d'entrée minime (1 Franc) le comité espère que de nombreux amateurs de danse répondront à son appel.

A 10 heures, entr’acte d'une demi-heure, embrasement de la grève. Concours de charleston en plein air.

 

 

 

Ouest-Éclair du 14 septembre 1929 - Page 7

 

 

Nouvelles administratives

 

Par délibération du 28 août 1928 le Conseil municipal de Cherrueix demande l’élargissement du pont d’Angoulême.

 

 

 

Ouest-Éclair du 6 novembre 1929 - Page 7

 

 

A coups de bouteilles

 

M. Pierre Carré, débitant au bourg de Cherrueix, aidait, jeudi soir, M. Jeanne, marchand de vins à Pontorson, à charger des bouteilles vides, quand son voisin, Louis Millet, bourrelier, l'interpella, lui lançant des « paroles vexantes » après quoi Millet s'emparant d'une bouteille, lui en asséna un coup sur la tête.

M. Carré ayant riposté par des coups de poing, reçut deux autres coups de bouteille. M. Jeanne, intervenu à ce moment, sépara les deux hommes et le débitant qui perdait du sang en abondance, put rentrer chez lui

La gendarmerie de Dol, saisie d'une plainte de M. Carré qui s'était fait donner des soins par le Docteur Playoust, a interrogé Millet qui a reconnu s'être servi d'une bouteille pour se défendre.

 

 

 

Ouest-Éclair du 19 novembre 1929 - Page 6

 

 

Obsèques

 

Vous êtes priés d’assister aux convoi, service et inhumation de :

 

Monsieur Jean LAMBERT

Veuf de Marie BERTHELOT, décédé en sa demeure, à Cherrueix, dans sa 82ème année,

 

qui auront lieu le mercredi 20 novembre à 10 h 30 en l'église de Cherrueix.

De la part de ses enfants, petits-enfants et de toute la famille.

 

 

 

Renversée par une auto, une jeune fille est sérieusement blessée

 

Dimanche, vers 16 heures, une auto conduite par M. Louis Chauvel, négociant à Cherrueix a renversé, au village de La Larronnière, une jeune fille, Mlle Rose Ernoult, âgée de 18 ans, domestique chez Mme veuve Pincé, à la ferme des Salées, commune de Cherrueix.

La jeune fille a été assez sérieusement blessée et a dû être transportée dans un hôpital lundi matin

Cet accident s'est produit alors que M Chauvel croisait une autre voiture. La gendarmerie de Dol a ouvert une enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 27 novembre 1929 - Page 8

 

 

Les inondations

 

Jamais encore, depuis vingt ans, les eaux n'avaient atteint dans le marais de Dol la hauteur à laquelle elles sont actuellement montées.

Depuis dimanche, dans la région de Pont-Labbat, le niveau des eaux s'est élevé en certains points de près de dix centimètres. Elles atteignent le niveau de la route de Cherrueix et pour peu que le mauvais temps continue, cette voie de communication va se trouver complètement coupée, obligeant les habitants de Cherrueix à un parcours supplémentaire de plusieurs kilomètres pour venir à DoL. Le trafic vers Cherrueix devrait alors se faire par Le Vivier-sur-Mer et la Larronnière.

Espérons cependant que cette malheureuse éventualité ne se produira pas. Quoi qu'il en soit, la situation actuelle est absolument désastreuse. Sur l'immense étendue des terres submergées, les mouettes se sont abattues par milliers et, sans le tragique de la situation, le vol de ces gracieux oiseaux, sous les murs de Dol, présenterait un très pittoresque effet.

 

 

 

Ouest-Éclair du 7 décembre 1929 - Page 8

 

 

Toujours les inondations

 

Chaque jour amène une aggravation sensible de la situation dans la région doloise, en ce qui concerne les inondations.

Dans le marais, les eaux continuent à monter avec une rapidité déconcertante. La route de Dol à Cherrueix est coupée en maints endroits. La circulation peut cependant y être assurée encore, mais si le niveau des eaux s'élève davantage, cette route très passante deviendra absolument impraticable. Déjà, de nombreux chemins d'accès de plusieurs villages du marais sont recouverts d'une épaisseur d'eau en beaucoup d'endroits dépassant 50 cm. Les usagers de ces routes sont obligés de faire des détours de plusieurs kilomètres parfois pour assurer le service de leurs terres ou de leurs fermes.

En Bruyère, même douloureuse situation le ravitaillement de certains villages doit s'effectuer en bateau. Est-il donc écrit que jamais on ne pourra rien contre ce redoutable fléau qui, périodiquement et à des degrés plus ou moins élevés, ramène l'angoisse et la désolation dans ces régions déshéritées.

Les pouvoirs publics et les syndicats de défense de ces contrées devraient tout de même prendre en considération les plaintes renouvelées et combien justifiées des nombreux sinistrés. Il importe absolument que l'impossible même soit tenté pour éviter le retour d'un état de choses si préjudiciable à des quantités de braves gens. Quelques-uns disent « Le marais et la Bruyère ont, de toute époque, été périodiquement inondés et ils continueront malheureusement à l'être ». A ceux-là nous répondrons que des personnes absolument compétentes et très documentées en la matière prétendent absolument le contraire et disent qu'avec beaucoup de bonne volonté et des travaux intelligents, le dénoiement deviendrait parfaitement réalisable.

Alors, qu'on n'hésite plus et que, dès que les circonstances le permettront, on se mette hardiment et résolument à l'œuvre pour parer au fléau ou, tout au moins, le réduire à des proportions moins dévastatrices.

 

 

 

Ouest-Éclair du 22 décembre 1929 - Page 9

 

 

Garde particulier

 

M. Alfred Chistrel, marin pécheur à La Larronnière, en Cherrueix, commissionné par M. le Président de la Société de chasse « La Diane », groupant des propriétaires de Cherrueix, et nommé garde particulier des terres louées par la Société sur la commune de Cherrueix, a prêté le serment d'usage devant M. le juge de paix du canton de Dol.

M. Chistrel a été aussitôt investi de ses fonctions de verbalisateur.

 

 

 

Ouest-Éclair du 29 décembre 1929 - Page 8

 

 

Cinéma du patronage.

 

Aujourd'hui, 29 décembre, une séance de cinéma sera donnée dans la salle du patronage, en matinée, à 15 h 45 et en soirée, à 19 heures très précises. Au programme Le rapide 313, magnifique drame en 6 parties, qui sera suivi d'une comédie intitulée Un mauvais quart d'heure. La séance se terminera par un documentaire.

Le prix des places sera comme à l’ordinaire.

 

 

 

Ouest-Éclair du 7 janvier 1930 - Page 7

 

 

Auto contre pylone

 

M. Pellé, négociant, demeurant au village du Han, en Cherrueix, revenait en auto de Saint-Malo, lorsque, vers 6 h 30 du soir, arrivé à environ deux cents mètres de chez lui, il jeta sa voiture, par suite d'une fausse manœuvre, contre un des pylônes en ciment armé qui supportent les lignes électriques. Le choc fut si violent que le pylône, brisé en deux endroits, alla tomber sur une maison voisine n'occasionnant heureusement pas de dégâts à celle-ci grâce aux fils qui le retinrent dans sa chute.

L'auto de M. Pellé a été assez sérieusement endommagée. En outre, M. Pellé se plaint de douleurs à la poitrine.

Par suite de cet accident, une partie de la commune de Cherrueix a été privée d'électricité pendant la nuit de samedi à dimanche.

 

 

 

Ouest-Éclair du 19 janvier 1930 - Page 8

 

 

Travaux d'électrification

 

La commission départementale, sur le rapport de M. le Préfet, a accordé à la commune de Cherrueix, pour l'aider à acquitter la dépense occasionnée par l'installation de l'éclairage électrique dans les bâtiments communaux, un secours de 400 Francs à prélever sur le fonds commun des amendes de police correctionnelle.

 

 

 

Ouest-Éclair du 13 mars 1930

 

 

Obsèques / Cherrueix, Rennes, Nouvelles-Orléans

 

Vous êtes prié d'assister au convoi et à la messe d'enterrement de :

 

Monsieur Placide Delépine

décédé le 16 mars. dans sa 85ème année,

en son domicile, au Han à Cherrueix muni des sacrements de l'Église,

 

qui auront lieu le mardi 18 mars, à 10 heures du matin en l'église de Cherrueix.

De la part du Révérend Père J.-B. Delépine, curé de Saint-Augustin (Nouvelle-Orléans) M. et Mme Henri Delépine, Mlle M.-J. Delépine, ses enfants : Henri et Jean Delépine, ses petits-enfants, et de toute la famille.

Le présent avis tient lieu de faire-part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 mai 1930 - Page 6

 

 

Travaux chemins vicinaux

 

Conseil général

M. de Tersannes donne lecture d'un rapport détaillé sur les avances aux communes rurales pour la réfection des chemins vicinaux et l'exécution des travaux d'adduction d'eau potable. Il demande pour la commune de Cherrueix une avance de 80.000 Francs remboursable en 25 années pour faire face à la dépense que doit occasionner la restauration du chemin vicinal ordinaire n° 2

Ce rapport est adopté à l'unanimité.

 

 

 

Ouest-Éclair du 26 mai 1930 - Page 6

 

 

Un camion automobile renverse une fillette

 

Vendredi dernier, des enfants s'amusaient sur un talus, au bord de la route, à proximité du village dit « Le Planty » en Louvigné-du-Désert.

A ce moment un camion automobile de l'entreprise Chauvel, de Cherrueix, qui fait le transport de la pierre pour la réfection des routes, vint à passer, et en faisant une embardée happa la jeune Marie-Joseph Buffet, 10 ans, dont les parents habitent le dit village.

L'enfant qui se trouvait engagée sous l'avant du camion fut dégagée de sa fâcheuse position par le conducteur du véhicule, aidé de plusieurs personnes témoins de l'accident.

L'état de la blessée n'est pas inquiétant. Une enquête est ouverte par la gendarmerie.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 juillet 1930 - Page 4

 

 

Une rixe grave à l’hospice de Dol

 

Pour faire taire son voisin de lit, un hospitalisé le frappe à coups de bâton.

Le malheureux est décédé

Dans la nuit de lundi à mardi, un pensionnaire de l'hospice de Dol, Jean-Marie Fraux, 62 ans, originaire de Baguer Pican, importuné par les gémissements de son voisin de lit, Louis Filleul, de Cherrueix, un malheureux paralytique âgé de 65 ans, se leva et administra à ce dernier, pour le faire taire, de violents coups de bâton sur la tête et sur les bras.

Mardi soir, à 19 heures, le malheureux Filleul décédait.

Le Parquet de Saint-Malo, prévenu, est descendu sur les lieux mercredi après-midi. De l'autopsie pratiquée par le médecin légiste il résulterait que Louis Filleul serait décédé des suites d'une congestion.

Néanmoins Fraux a été écroué à la Victoire.

 

 

 

Ouest-Éclair du 20 juillet 1930 - Page 6

 

 

Promotions académiques

 

M. Bodin, instituteur à Cherrueix est a été promu Officier de l’Instruction publique.

 

 

 

Ouest-Éclair du 27 juillet 1930 - Page 8

 

 

Fête de la Sainte-Anne

 

C'est aujourd'hui qu'a lieu la fête populaire du village de Sainte-Anne.

Au programme : course communale de bicyclettes, course de lenteur, course à pied, course aux œufs, course en sacs, mât de cocagne, course à la valise, etc.

Concours de pêche à la crevette, (départ à 13 h 30).

La musique municipale de Dol prêtera son concours.

 

 

 

Ouest-Éclair du 25 août 1930 - Page 5

 

 

La rentrée d'une colonie scolaire

 

Samedi soir, vers 20 h, venant du bord de la mer où ils avaient passé un mois, les enfants d'une société des colonies scolaires de Fougères revenaient chez eux.

Il fallait voir tous ces jeunes heureux de retrouver leur famille, à qui ils racontaient avec force détails les bons moments passés là-bas, du côté de Cherrueix, le Vivier-sur-Mer et autres lieux. Les souvenirs rapportés sont nombreux et tous souhaitent repartir l'an prochain en colonie de vacances.

Et maintenant qu'est rentrée la colonie de vacances scolaires, les organisateurs dont le dévouement est bien connu méritent les compliments, beaucoup de compliments.

 

 

 

Ouest-Éclair du 17 sptembre 1930 - Page 7

 

 

Comice agricole de Dol

 

- Prix accordés aux garçons et filles de ferme : Azeline Guenée chez M. Nivolle au Han en Cherrueix, 21 ans de services.

 

- Propriétaires exploitants : 1e prix avec félicitations du jury : Mme Vve Amédée Fortin, La Larronnière en Cherrueix.

 

 

 

Ouest-Éclair du 3 novembre 1930 - Page 5

 

 

Les pommes à cidre disparaissent

 

Samedi, M. Gustave Letertre, débitant au bourg de Carfantin, était allé chercher des pommes à cidre achetées M. Ogier, sur la ferme de l'Aumône, en Cherrueix. M. Letertre constata que trois sacs de pommes lui avaient été soustraits par des inconnues.

Plainte a été portée à la gendarmerie de Dol qui a ouvert une enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 décembre 1930 - Page 8

 

 

Fabiola au patronage des jeunes filles

 

Les dimanches 14 et 21 décembre, une séance récréative sera donnée au Patronage par les jeunes filles qui font partie du groupe des chanteuses. Au programme Fabiola, drame chrétien en 3 actes du plus haut intérêt, par Jacques d'Ars, d'après le roman du cardinal Wiseman et une spirituelle comédie en un acte de E. Ritier « Pulchérie est demandée en mariage ».

Très intéressant programme. Qu'on se le dise.

 

 

 

Ouest-Éclair du 13 décembre 1930 - Page 5

 

 

Nominations ecclésiastiques

 

- M. l’abbé Jean TIZON, vicaire à Cherrueix est nommé vicaire à Pleine-Fougères.

- M. l’ abbé François Lefoul surveillant au collège de Saint-Malo est nommé vicaire à Cherrueix.

 

 

 

Ouest-Éclair du 30 décembre 190 - Page 6

 

 

Cylindrage des routes

 

Du 29 décembre 1930 au 3 janvier 1931, cylindrage de la voie N° 2 allant du bourg au village de Sainte-Anne.

 

 

 

Ouest-Éclair du 9 février 1931 - Page 7

 

 

Violences et voies de fait

 

Le 24 novembre dernier, Mlle Dupuy et des parentes qui l'accompagnaient étaient attaquées près du bourg de Cherrueix par un individu que l'enquête révéla être, malgré ses dénégations, un nommé Pierre Nature, 31 ans, ouvrier agricole.

A l'audience, Nature persiste à nier malgré les témoins qui le reconnaissent formellement.

Me Gasnier-Duparc plaide pour l'accusé qui est condamné à un mois de prison.

 

 

 

Ouest-Éclair du 26 février 1931 - Page 6

 

 

Les marais de Dol

 

Au moment où l'on s'occupe plus activement que jamais de la question si ardue de l'assèchement des marais de Dol, il nous a semblé intéressant et utile d'expliquer à nos lecteurs l'origine de l'envahissement par les eaux de cette immense étendue, jadis si prospère et actuellement ravagée par des inondations périodiques contre lesquelles, depuis longtemps déjà, on cherche un remède efficace.

Nous citerons parmi les auteurs qui semblent les mieux documentés en la matière. M. Bertrand Robidou qui, dans son Histoire et Panorama d'un beau Pays il explique ainsi la formation du bassin géographique des marais de Dol.

« Après avoir forcé la limite continentale de Chausey, la mer creusa la baie de Cancale et s'avança bien au-delà des bornes actuelles. Pendant des siècles, elle ne rencontra aucune opposition dans ce travail d'agrandissement. Lorsqu'enfin l'homme résolut d'apporter son grain de sable et de lui dire lui aussi «Tu n'iras pas plus loin». Dès 1024, les princes bretons et plus tard les seigneurs de Combourg, de Dol, de Châteauneuf, armèrent les habitants contre le fléau. Vers ce temps fut construite, de Château-Richeux à Pontorson. Cette digue de 36.000 mètres de développement, qui fait la part des flots et sur laquelle vinrent successivement s'asseoir les petites communes que nous y voyons : Saint-Benoit-des-Ondes, Vildé-la-Marine, Hirel, Cherrueix, avec les moulins à vent qui agitent leurs bras gigantesques sur la même ligne ».

Bien des fois depuis, un caprice de la mer ouvrit soudain ce frêle enrochement. Le tocsin répondit aux coups de la marée d'équinoxe. Alors, tout ce que le pays pouvait fournir d'hommes, de chevaux et de chars, était mis sur pied pour faire face au péril. Dans cette lutte inégale, dont l'horreur se devine plutôt qu'elle ne se décrit, il fallut souvent faire de nouvelles concessions à l'élément de dévastation et reculer le premier retranchement pour ne pas tout perdre.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 mars 1931 - Page 9

 

 

Les marais de Dol

 

Plusieurs lecteurs nous ayant dit l'intérêt qu'ils avaient pris aux deux entrefilets que nous avons consacrés la semaine dernière à l'histoire des marais de Dol, nous croyons devoir compléter ce rapide historique par les quelques renseignements suivants que nous extrayons du livre de M. Le Montréer, instituteur au Vivier-sur-Mer, membre de la Société historique et archéologique d'Avranches et de Mortain « Le Marais de Dol et ses plages coquettes ».

Le marais de Dol surnommé la « Hollande d'Ille-et-Vilaine » est situé au Nord de ce département et au Sud de la baie du Mont Saint-Michel. Il se trouve par 48° 35 de latitude nord et est coupé par le 4° de longitude ouest de Paris. A vol d'oiseau, il est à moins de 10 kilomètres de Saint-Malo, de 50 kilomètres de Rennes, et de 300 kilomètres de Paris.

 

Altitude

Le point culminant du marais se trouve sur le tertre du Mont Dol, où l'on cote 65 mètres. Le point le plus élevé du Bas-Pays est entre Hirel et Vildé (12 mètres). La région des marais noirs se trouve au-dessous du niveau de la mer.

 

Ses limites

Le marais est limité au nord par la baie du Mont Saint-Michel, à l'ouest par le pays du Clos-Poulet, au sud par les coteaux du « Terrain » et les Tertres de la Claie, à l'ouest par le Couësnon et par les Polders.

 

Étendue

La longueur de l'enclave est d'environ 36 kilomètres, sa largeur maximum est de 9 kilomètres. Le marais couvre 16.000 hectares.

 

Aspect

S'il présente à l'automne et à l'hiver l'aspect monotone d'une immense plaine déserte, il ressemble à la belle saison à un vaste jardin. Le coup d’œil est féerique au mois de mai, alors que les champs de trèfle incarnat ondulent sous les saules verts et les pommiers en fleurs. Le paysage est ample et majestueux par la simplicité et l'originalité de ses lignes autant que par sa profonde solitude.

Les seuls accidents du sol sont le Mont Dol et les hauteurs de Lillemer. Des sondages ont permis de connaître les couches qui composent le sol. Il est formé d'alluvions modernes : tangue, tourbe. Le fond est du schiste micacé dévonien. Il existe sur le littoral entre Saint-Benoît et Cherrueix, une sorte de bourrelet, amoncellement d'huîtres fossiles. Ces mollusques vécurent sur ce point pendant la seconde période glaciaire.

Les régions naturelles du marais sont les marais blancs ou hauts marais et les marais noirs ou bas marais. Les marais blancs comprennent : le Bocage, les Dunes, les Nielles,etc. Les marais noirs sont les Marres Fauves, le Pont Labbat, la Bruyère, la Rozière, la Marre Saint-Coulman, etc.

 

Les cours d’eau

Le Marais a été appelé le véritable delta du département. Les cours d'eau y portent le nom de biez, de banches et d'essais. Nous trouvons de l'Ouest à l'Est les embouchures :

     1 - Du biez Jean, du pont de Blanc-Essay grossi du biez du Meneuc et du biez Brillant. Ces rivières, des étangs de Miniac, du Rouvre et de Beaufort ;

     2°- Du biez Guyoul, du pont d'Angoulême grossi de la baie de Kercou, du biez de Cardequin et de la Banche principale. Ces cours d'eau viennent des étangs de Landal, de Halouze et des marais de l'Est.

La Marre Saint-Coulman, dans les marais de Châteauneuf, est curieuse. Elle fut célèbre par son « Bû » qui ne serait autre que le cri rauque du héron étoilé.

 

Climat

Dans le marais, les vents sont parfois violents, surtout aux équinoxes. Les vents régnants sont ceux du N.-E., du S.-O. du N.-O. et de l'O. Le climat est doux : les grandes chaleurs et les froids rigoureux y sont inconnus. La neige tombe rarement. Le ciel, en juin et juillet, par les beaux jours est d'une limpidité admirable. On y respire un air iodé, excellent.

 

Faune

A titre de curiosité, citons quelques noms d'animaux ayant vécu autrefois dans ce pays et dont la race s'est éteinte.

A l'époque glaciaire l'éléphant mammouth, l'ours des cavernes, le grand lion des cavernes, le rhinocéros, le cheval primitif, le grand cerf mégacéros, le renne, le loup, l'ours, le vautour. Au début du XXX' siècle, on y voyait encore des aigles et des aiglons, des vautours et une foule de petits oiseaux de proie.

 

Sa flore

Détail curieux au XIIe siècle, des oliviers poussaient en pleine terre aux environ de Dol. Le marais de Dol a une flore particulière; certains arbres, et certaines plantes ne peuvent y vivre, à cause de l'humidité excessive du sol. On a remarqué que, d'une façon générale, les arbres à racines traçantes croissent à merveille, tandis que les arbres à racines pivotantes n'y réussissent pas.

 

Population

La population du marais est de dix mille habitants. Les habitants du «Terrain » affublent ceux du marais du sobriquet de « marauds » mais la bonne humeur de ceux-ci leur rend la pareille en les traitants de « terrumas «. C'est un détail pittoresque qui montre que le marais a une vie particulière, une véritable unité.

Le marais fut repeuplé, après le IXe siècle par des populations neustriennes. Il était un lieu de refuge pendant les guerres d'autrefois. Après l'abandon par la mer d'immenses lais, des villages s'édifièrent sur les exhaussements qui n'étaient plus en danger de submersion. Le Mont Dol fut longtemps le centre de la colonisation.

 

 

 

Ouest-Éclair du 24 avril 1931 - Page 8

 

 

Une cérémonie fort rare : des époux fêtent leurs noces de diamant

 

Une belle et émouvante cérémonie s'est déroulée hier matin.

Deux époux, du village de la Larronnière, M. Jean Boulanger, né à Cherrueix le 15 juillet 1844 et Mme Anne Guéret née en la même commune le 27 mars 1847, célébraient le soixantième anniversaire de leur union, bénie en l'église de Cherrueix le 24 avril 1871.

M. et Mme Boulanger, deux bons vieux de 87 et 84 ans, sont encore en excellente santé malgré leur grand âge. C'est avec beaucoup de bonne grâce qu'ils ont accueilli notre correspondant, venu les féliciter au nom de l' « Ouest-Éclair ».

Ils ont eu huit enfants, six garçons et deux filles, dont cinq sont encore vivants. Quatre de ceux-ci et dix petits-enfants se pressaient autour des vénérables jubilaires en ce mémorable et émouvant anniversaire. Malheureusement, l'un des fils, César, retenu sur un lit de douleur n'a pu assister aux belles cérémonies du jour.

M. et Mme Boulanger n'ont jamais quitté leur commune natale. Le mari, vétéran de la guerre de 1870, a exercé concurremment les métiers de tisserand, de laboureur et de pêcheur. Avec sa dévouée et bonne compagne, il a durement peiné pour élever sa nombreuse famille.

Les deux époux, ayant fort bon air et entourés de leurs enfants et petits-enfants, de parents et d'amis, d'une délégation du conseil municipal et du Bureau de Bienfaisance de Cherrueix, furent d'abord reçus à la mairie où M. Lemonnier, maire, neveu des jubilaires, prononça une belle allocution. Lecture fut ensuite donnée de l'acte de mariage des époux. Une mention spéciale fut apposée sur l'acte et signée par les conseillers présents. A l'église, magnifiquement ornée et brillamment illuminée, la cérémonie fut particulièrement émouvante. M. Lemarié, sénateur, et M. le Commandant Stourm, conseiller général, avaient tenu à y assister, donnant ainsi à cette belle fête de famille un caractère officiel et aux bons vieux, un témoignage de sympathie.

M. Guernier député de la circonscription et ministre des P. T. T retenu par les devoirs de sa charge, s'était fait excuser.

M. l'abbé Lemonnier, vicaire à Saint- Méloir-des-Ondes, neveu des jubilaires, célébra la messe pendant laquelle la maîtrise se fit entendre.

A l’évangile, M. l'abbé Lemonnier prononça un très beau et très émouvant discours. Il remercia les organisateurs de cette belle fête de famille et notamment le Conseil municipal qui, par un vote qui l'honore, en avait décidé l’exécution. Il remercia, d'une façon toute particulière M. l'abbé Bruneau, recteur de Cherrueix, qui avait tenu à donner à la cérémonie religieuse une pompe grandiose et aussi MM. Lemarié et Stourm d'avoir bien voulu l'honorer de leur présence.

Après la cérémonie religieuse, ce fut le banquet traditionnel qui réunit, chez M. Bodin, autour d'une table bien servie, les heureux Jubilaires, leurs enfants et petits-enfants, MM Lemarié et Btourm, le Conseil municipal et les membres du Bureau de bienfaisance. La plus franche cordialité présida à ces agapes où M. et Mme Boulanger reçurent à nouveau les félicitations de tous.

L'Ouest-Éclair est heureux de joindre ses félicitations à celles nombreuses qui ont été adressées aux jubilaires et il prie M. et Mme Boulanger d'agréer l'expression de ses sentiments de vive sympathie et ses meilleurs vœux de bonne santé et d'heureuse vieillesse.

 

 

 

Ouest-Éclair du 22 juillet 1931- Page 9

 

 

Fête de la Sainte-Anne

 

C'est dimanche prochain, 26 juillet, qu'aura lieu la fête annuelle du village de Sainte-Anne, commune de Cherrueix.

De nombreuses distractions seront organisées l'après-midi, savoir : course communale de bicyclettes, mât de cocagne, jeu de casse-pots, course à pied, course à la valise, course aux œufs, etc.

Les forains sont invités à venir s'y installer; aucun droit de place ne sera perçu.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 novembre 1931 - Page 9

 

 

Un désespéré

 

Samedi après-midi, Mme Jean Barbé, cultivatrice au village du Lac, commune de Cherrueix, inquiète de ne pas avoir vu son mari depuis un moment se mit à sa recherche. On juge de la douloureuse émotion de la pauvre femme lorsqu'elle trouva son mari pendu dans le grenier d'un cellier attenant à la maison d'habitation. La corde fut coupée immédiatement, mais déjà la mort avait fait son œuvre.

M. Barbé, âgé de 58 ans, était gravement malade et a dû mettre fin à ses jours dans une crise de neurasthénie.

 

 

 

Ouest-Éclair du 15 novembre 1931 - Page 11

 

 

Bateau en dérive

 

Mercredi soir, vers 9 heures, un bateau à moteur, le Marie-Yvonne, appartenant à M. Eugène Lesénéchal de Cherrueix est parti en dérive au moment de la pleine mer.

Il est allé s'échouer à Hauteville-Plage, près de Coutances et ne pourra être ramené à son port d'attache, à Cherrueix avant une quinzaine de jours.

 

 

 

Ouest-Éclair du 26 novembre 1931 - Page 4

 

 

Un enfant de Cherrueix disparait mystérieusement

 

Depuis quelques jours déjà, le jeune Joseph Urphéant, 13 ans, a disparu du domicile de ses parents habitant le village du Han, commune de Cherrueix sans que depuis lors on ait eu aucune nouvelle de lui.

L'enfant fut aperçu, le jour de sa disparition dans une automobile conduite Intérieure, se dirigeant vers Le Vivier-sur-Mer.

Au moment où il a quitté le domicile de ses parents, le jeune Urphéant était ainsi vêtu : béret basque, veste bleue, pantalon gris à petits carreaux, souliers bas, chaussettes vertes. Il a une taille d'un mètre 50. Son visage est pâle.

Déjà ce garçonnet avait fait quelques fugues, mais celle-ci se prolongeant outre mesure cause une réelle anxiété à ses parents qui seraient infiniment reconnaissants des renseignements qu'on pourrait leur fournir sur le petit disparu.

 

 

 

Ouest-Éclair du 28 novembre 1931 - Page 4

 

 

Le petit disparu de Cherrueix est retrouvé

 

Dans notre numéro de jeudi, nous avons annoncé la disparition d'un enfant de 13 ans, le jeune Joseph Urphéant, qui avait quitté le domicile de ses parents, habitant le village du Han, commune de Cherrueix, depuis une huitaine de jours et duquel on était sans nouvelles depuis lors. Notre correspondant dolois s'est rendu hier après-midi, chez les parents du garçonnet qui ont été tout heureux de lui apprendre le retour du petit fugitif, rentré le matin même. Grâce au signalement que nous avions publié l'enfant put être identifié dès jeudi matin par une dame de La Fresnais qui s'empressa de téléphoner à Cherrueix.

Les parents de l'enfant purent alors facilement retrouver sa trace et le rejoignirent à Plerguer d'où, hier matin, ils le ramenèrent chez eux.

Nous avons pu voir le jeune Urphéant que l'on avait mis au lit. La manie de la fugue est tellement ancrée chez ce garçon, que ses parents ont dû cacher ses vêtements pour l'empêcher de partir à nouveau. Nous lui avons posé quelques questions sur ses moyens d'existence pendant les huit jours qu'a duré son escapade mais le jeune garçon, sombre et têtu, nous a opposé un mutisme absolu. Ses parents n'ont, du reste, pas été plus heureux.

Quoi qu'il en soit, l'enfant est revenu et les parents sont enfin délivrés de l'anxiété qui les a oppressés pendant huit longs jours.

 

 

 

Ouest-Éclair du 9 décembre 1931 - Page 5

 

 

Obsèques

 

Vous êtes prié d'assister au convoi et à la messe d'enterrement de :

 

Monsieur Jean LAMBERT

décédé aux Grandes Grèves, en Cherrueix, à l'âge de 52 ans,

 

qui auront lieu le vendredi 11 décembre, à 10 heures, en l’église de Cherrueix.

De la part de Mme Lambert, sa veuve; de ses enfants et de toute la famille.

Le présent avis tient lieu de faire part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 6 mars 1932- Page 11

 

 

Distillation

 

Par suite de la récolte abondante des pommes, la période de distillation de Baguer-Pican et Cherrueix se terminera le 26 mars au lieu du 12. La commune de Mont-Dol commence dès à présent et terminera le 26 mars.

Des modifications profondes ayant été apportées au programme primitif, les bouilleurs ambulants pourront se renseigner dans les recettes buralistes.

 

 

 

Ouest-Éclair du 25 mars 1932 - Page 7

 

 

Tribunal correctionnel

 

Le Tribunal condamne Gaston Lendormy, auteur de l'accident dont fut victime M. Perrouzel, près de Cherrueix à 16 Francs d'amende avec sursis, plus 1.200 Francs de dommages-intérêts. M. Dupuy son patron est déclaré civilement responsable.

 

Dans l'accident survenu à Mont-Dol, le Tribunal acquitte MM. Videloup et Gesbert, de Cherrueix poursuivis à l'audience précédente.

 

 

 

Ouest-Éclair du 23 juin 1932 - Page 8

 

 

Succès scolaires

 

Tous les élèves présentés au certificat d'études par les écoles publiques de Cherrueix, ont été reçus.

  • Garçons : Blanchet Eugène (mention bien), Busson Auguste, Droguet Prosper, Dupuy Etienne (mention bien), Hallet Auguste, Lainé René (mention très bien), Lenouvel Charles, Maillard Albert (mention bien), Nouazé Lucien (mention bien), Pincé Ernest (mention bien).
  • Filles : Jubeault Françoise (mention bien), Lognoné Léa (mention bien), Bernard Fanny (mention bien), Ménard Eugénie.

Nos félicitations.

 

 

 

Ouest-Éclair du 8 juillet 1932 - Page 8

 

 

Société des colonies de vacances des écoles publiques de Rennes

 

La société des Colonies de Vacances des Écoles publiques de Rennes fera partir cette année pendant un mois à la mer ou à la campagne comme elle le fait ordinairement des enfants de 8 à 12 ans.

Colonies qui fonctionneront en 1932.

  • 1° : Colonie de la Guimorais en St-Servan (régime de l'internat) pour 100 filles.
  • 2° : Colonie de Cherrueix-sur-Mer (régime de placement dans les familles) pour 100 garçons.

 

 

 

Ouest-Éclair du 2 août 1932 - Page 8

 

 

Une affaire de coups

 

M. Poivret Eugène de Saint-Benoît-des-Ondes, commerçant, ancien maire de la commune, ayant fait des remontrances très justes à un jeune maçon de Cherrueix, nommé Hodebert, fut frappé d'un coup de poing en pleine figure par ce dernier.

M. Poivret, blessé à l'œil, s'est fait délivrer un certificat médical et a porté plainte à la gendarmerie de Cancale qui enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 4 août 1932 - Page 8

 

 

Quand on a bien dîné

 

Il faut payer dit la chanson. C'est pour avoir omis d'acquitter le prix d'un dîner que le nommé B. âgé de 25 ans, originaire de Cherrueix, en quête de travail s'est vu arrêter par les gendarmes de Cancale. B. s'en fut donc mardi soir au café restaurant Loisel, rue du Port, se fit servir à dîner, puis quand vint le moment de l'addition, quitta le restaurant sans tambour ni trompette et sans payer son dû. Mme Loisel avait raison d'être mécontente des agissements de son peu scrupuleux client. Le rencontrant par hasard, hier matin, dans la rue, elle l'interpella, lui demandant de régler son dîner. B. pour s'acquitter de sa dette, prit la poudre d'escampette et fila d'un trait jusqu'au port de la Houle.

Mme Loisel, porta plainte à la gendarmerie et quelques minutes après, B. fut arrêté. Il répondit de son délit de la veille, et en même temps avoua être l'auteur d'un vol de carottes à Cherrueix et d'un autre vol d'une paire de chaussettes sur le marché de Pontorson. B. fut aussitôt mis en état d'arrestation en attendant d'être aujourd'hui conduit au Parquet de Saint-Malo.

 

 

 

Ouest-Éclair du 14 août 1932 - Page 7

 

 

Une visite aux colonies de vacances

 

Nous sommes allés l'autre jour, en compagnie de M. Leroux et de son dévoué collaborateur, faire un pèlerinage au milieu de tous ces enfants qui, partout accueillaient leur bienfaiteurs par des manifestations spontanées et vraiment touchantes. Le Préventorium Rey, La Bouëxiére, Saint-Servan, Cherrueix-sur-Mer. Ce fut une belle et longue randonnée, dans un des agréables cars de la maison Delory qui servit plus d'une fois de piédestal aux appareils photographiques de M. Oulllot.

 

 

 

Ouest-Éclair du 16 août 1932 - Page 6

 

 

A Cherrueix-sur-Mer

Une visite aux colonies de vacances (suite)

 

De Saint-Servan nous gagnons Saint-Malo, puis nous suivons la Côte d'Emeraude Saint-Benoît, Hirel, Le Vivier, et nous voici à Cherrueix, alors que nous venons d'apercevoir dans le lointain le Mont Saint-Michel.

A Cherrueix, il n'y a pas à vrai dire de préventorium, ni même de colonie ; le local manque et les enfants sont logés chez des familles qui en acceptent les unes quatre ou cinq, les autres moins, moyennant une légère rétribution mensuelle. La surveillance, de ce fait, est rendue beaucoup plus difficile, mais les maîtres dévoués sont là : MM. Duval, père et fils M. Vassard, M. Caillard, ainsi que M. Bodin, directeur d'école à Cherrueix. Durant toute la journée, les enfants sont réunis pour leurs jeux et leurs exercices divers et ce n'est pas eux qui supportent les conséquences de cet état de choses qui n'est qu'un pis-aller, leurs mines réjouies le prouvent assez ce sont leurs maîtres. Du reste, il faut espérer que bientôt des transformations permettront de loger en communauté tous ces enfants. La municipalité de Cherrueix fait elle-même de sérieux travaux pour rendre plus agréable et plus moderne le charmant petit pays qui est cette plage. Bientôt Cherrueix possédera des villas, un préventorium et sera une plage nouvelle à ajouter à la liste des belles plages fréquentées de la Manche dans le département d'Ille-et-Vilaine.

 

 

 

Ouest-Éclair du 30 août 1932 - Page 6

 

 

Obsèques / Cherrueix

 

Vous êtes prié d'assister aux convoi, service et inhumation de

 

Monsieur Pierre Carré

décédé en sa demeure à Cherrueix, l'âge de 54 ans, muni des Sacrements de l'Église,

 

qui auront lieu le mercredi 31 août, à 10 heures (heure ancienne), en l'église de Cherrueix.

De Profundis !

De la part de: Mme Carré, son épouse ; Mlle Louise Carré sa fille ; M. et Mme Beaudouin, son beau-frère et sa sœur ; Mme Meigné sa sœur ; de ses neveux et nièces et des familles Carré, Beaudouin, Meigné et Peltier.

La réunion aura lieu à la maison mortuaire à 9 h 3/4.

Le présent avis tient lieu de fate-part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 30 octobre 1932 - Page 12

 

 

Refus d'arrêter

 

M. Victor Beaudouin, né en 1904 à Cherrueix, circulait le 16 août au soir en automobile près de Hirel sans feu à son arrière.

Invité par les gendarmes à s'arrêter, il ralentit d'abord, puis repartit de plus belle. Il prétend ne s'être pas aperçu qu'il s'agissait des gendarmes.

Seize Francs d'amende pour le délit et un Franc d'amende pour la contravention.

 

 

 

Ouest-Éclair du 7 novembre 1932 - Page 8

 

 

Grave accident de chasse

 

Un accident de chasse qui ne semble pas devoir comporter de suites mortelles s'est produit hier matin dans les circonstances suivantes.

Un jeune cultivateur M. Pierre Cournuel, 24 ans demeurant chez ses parents au hameau de La Laronnière en Cherrueix était allé à bicyclette au Vivier-sur-Mer pour se faire raser. Il revenait à La Laronnière vers 9 heures du matin, quand sur la route il rencontra un voisin M. Eugène Georges, qui chassait. Le jeune homme s'arrêta et dit quelques mots à son voisin. Il venait de repartir quand il vit le chien du père Georges qui poursuivait un lapin et s'engageait sur la route.

M. Cornuel n'alla pas plus loin pensant que le chasseur allait tirer. Ce fut ce qui se produisit. Malheureusement un grain de plomb alla on ne sait trop comment frapper M. Comuel à l’œil gauche.

Le blessé aussitôt secouru par M. Georges reçut les premiers soins de M. le docteur d'Arlac du Vivier-sur-Mer, qui ordonna le transfert du blessé à St-Malo dans la clinique du docteur Duchesne.

La gendarmerie informée de cet accident a ouvert une enquête sur les circonstances dans lesquelles il s'est produit.

 

 

 

Ouest-Éclair du 18 décembre 1932 - Page 11

 

 

Tribunal correctionnel / Un pénible accident de chasse

 

C'est une pénible affaire que celle qui vaut à un vieillard de 73 ans, M. Eugène Georges, cultivateur à Cherrueix, de prendre place sur les bancs de la police correctionnelle. Étant à la chasse, en effet, le cultivateur tira deux coups de fusil du côté de la route dont l'un atteignit M. Cornuel, 23 ans, à l’œil gauche et lui creva l'œil.

M. Gasnier-Duparc se porte partie civile et demande une somme de 60.000 Francs à titre de dommages et intérêts, chiffre sur lequel il fournit des explications, notamment sur l'incapacité de travail de son client évaluée de 30 à 33%. M. le bâtonnier Brault expose la pénible situation dans laquelle se trouve son client après ce très malheureux accident. Celui-ci exprime des regrets et à l'intention de réparer dans la mesure de ses moyens.

Le Tribunal condamne Georges à la peine 1 Franc de contravention, 50 Francs avec sursis et accorde à la victime 40.000 Francs de dommages-intérêts sous réserves des suites possibles.

 

 

 

Ouest-Éclair du 17 janvier 1933 - Page 10

 

 

Cherrueix / La fugue

 

Il y a quelques jours, le jeune Joseph Urphéant, né Cherrueix, le 29 novembre 1918, demeurant chez ses parents, au Cours du Han, commune de Cherrueix a quitté le domicile de ces derniers et n'a, depuis lors, donné aucune nouvelle.

C'est à la suite d'une réprimande à lui faite par son père, que le jeune homme a quitté le domicile paternel. Il est du reste, coutumier du fait puisque deux ou trois fois déjà, il est parti au hasard des grandes routes. Il y a environ dix-huit mois, il avait fait une fugue qui dura plus de quinze jours. C'est, du reste, grâce à l'Ouest-Éclair que le jeune homme fut identifié loin du domicile de ses parents.

Voici le signalement du disparu : taille 1 m 55, cheveux châtains, nez gros, bouche grande, mains grosses et un peu difformes.

Au moment de sa disparition, le jeune homme était vêtu d'une veste de toile bleue usagée, pantalon bleu neuf, coiffé d'un béret basque, chaussé de vieux souliers noirs.

Les personnes qui pourraient donner des renseignements sur le disparu sont priées d'en aviser la brigade de gendarmerie la plus rapprochée.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 février 1933 - Page 6

 

 

Nominations ecclésiastiques

 

Par décision de Mgr Mignen : Monsieur l’abbé François Lefoul vicaire à Cherrueix a été nommé vicaire à Saint-Méloir-des-Ondes.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 mai 1933 - Page 6

 

 

Félicitations de l’inspection d’académie

 

Le 13 avril 1933. Après avoir pris connaissance des rapports d’inspection des Inspecteurs de l’Enseignement primaire, l’Inspecteur d’Académie a adressé des lettres de félicitations à :

  • M. Bodin directeur d’école à Cherrueix,
  • Mme Bécherie directrice d’école à Cherrueix.

 

 

 

Ouest-Éclair du 13 juin 1933 - Page 9

 

 

Un repas de communion qui finit mal

 

Un repas de communion avait lieu récemment, chez Mme Goupil, cultivatrice à la Haute-Rue de Ste-Anne. commune de Cherrueix. Plusieurs invités y assistaient, parmi lesquels Mlle Marie Goupil, du Bas-Chemin, commune de Cherrueix, belle-sœur de Mme Goupil, et M. Eugène Ménard, cultivateur à la Haute-Rue de Ste-Anne.

Vers seize heures, après un copieux repas, le moment vint de servir le café. Pour arroser la fin moka, M. Eugène Ménard avait offert une bouteille d'eau-de-vie, mais il se trouva que, parmi les convives, l'un de ceux-ci était en mauvais termes avec le donateur de la bouteille d'alcool. Ce dernier émit alors la prétention, pour le moins déplacée, dans la maison de l'hôtesse qui l'avait hébergé, d'interdire à cet invité de goûter à l'eau-de-vie offerte.

Une discussion assez aigre s'ensuivit, et bientôt on en vint à se bousculer assez rudement. Mlle Marie Goupil qui, précisément apportait le café, vit celui-ci renversé au cours de la mêlée, et elle reçut d'Eugène Ménard, un coup de coude qui l'atteignit durement à la poitrine. Furieuse, on le conçoit, Mlle Goupil se fit délivrer par M. le docteur Darlac, du Vivier-sur-Mer, un certificat constatant une incapacité de travail. Plainte fut ensuite portée à la gendarmerie de Dol qui a ouvert une enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 29 juin 1933 - Page 10

 

 

Est-ce un acte de malveillance ?

 

Une des dernières après-midi, M. Henri Lesénéchal, pêcheur, demeurant au village du Han, commune de Cherrueix, s'aperçut que son doris, ancré en mer, à 600 mètres de son habitation, ne flottait plus. S'étant immédiatement rendu près de son embarcation, M. Lesénéchal constata que celle-ci portait une perforation, au côté droit, sur une largeur de 50 centimètres environ. Comme le propriétaire de la barque croit  à la malveillance, il a porté plainte contre inconnu à la gendarmerie qui, de concert avec l'inscription maritime, a ouvert une enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 4 septembre 1933 - Page 8

 

 

La pitoyable odyssée d'un jeune homme

 

Il y a sept ans, un enfant chétif, alors âgé de 13 ans Louis Allô, né à Ver-sur-Mer (Calvados), le 38 octobre 1912, accompagnait un patronage de vacances dans l'agréable station balnéaire de Cherrueix, à 8 kilomètres de Dol.

Pendant quelques semaines, l'enfant put refaire quelque peu sa santé chancelante. L’air pur et vivifiant semblait même lui faire un tel bien que le directeur du patronage décida de laisser l'enfant faire un séjour prolongé dans la très saine localité. Il fut alors placé chez un cultivateur de La Larronnière, M. Maurice Fortin, où on l'employa à la garde des troupeaux. Comme le jeune garçon était absolument illettré, ses patrons décidèrent de l'envoyer de temps en temps à l'école mais ce fut en pure perte car les facultés intellectuelles du jeune pâtre étaient plutôt déficientes. Illettré il était, illettré il resta.

A maintes reprises, on insista auprès de la mère pour qu'elle voulût bien reprendre son enfant. Chaque fois on essuya un refus catégorique. L'enfant demeura donc chez les patrons qui l'avaient charitablement accueilli et qu'il considéra bientôt comme sa seule famille. Il y a trois mois, Louis Allo, qui est maintenant un jeune homme de 20 ans, fut atteint d'une fort désagréable maladie de peau, le « psoriasis ». Ses patrons le firent hospitaliser au Rosais, à Saint-Servan, mais il s'en échappa bientôt et revint chez ses patrons, à Cherrueix. Ceux-ci, en présence des soins urgents qui s'imposaient pour le traitement de la maladie de peau, décidèrent de le renvoyer à sa mère.

Une fois de plus, celle-ci refusa de recevoir son enfant. M. le Maire du Vivier-sur-Mer entreprit les démarches nécessaires pour faire hospitaliser le jeune homme à l'hôpital de Bayeux. Sur sa demande, Louis Allo en sortit peu après, et Dieu sait par quels moyens, il réapparaissait, ces jours derniers, au village de La Larronière, chez M. Maurice Fortin, auquel, une fois de plus, il demanda asile. Il était porteur d'une somme de près de 500 Francs dont l'origine surprend un peu, bien que le jeune homme prétend l'avoir reçue d'un patronage parisien duquel il dépend.

Jeudi dernier donc M. Fortin voyait à nouveau revenir son pâtre. Ému de compassion une fois de plus, il consentit à l'héberger momentanément mais il décida de régulariser une situation malheureuse pour l'infortuné jeune homme et fit une démarche près de l'assistance-publique pour qu'elle voulut bien se charger du jeune Allo par suite de la coupable carence de la mère. Là encore il se heurta à un refus catégorique.

Que va donc devenir cet infortuné que sa famille et l'Administration repoussent également ?

La déficience intellectuelle du malheureux est si manifeste que s'étant présenté dernièrement devant le conseil de révision, il a été dans l'incapacité absolue de dire à ses patrons la décision prise à son égard par la Commission.

 

 

 

Ouest-Éclair du 29 octobre 1933 - Page 11

 

 

Tribunal correctionnel / Suites d'accident d'auto

 

Le 10 août, M. Amédée Gesbert, marchand de poissons, au Vivier-sur-Mer, se rendait en auto de Cherrueix au village du Han, quand près d'une ferme où l'on était occupé au battage, il renversa un ouvrier agricole, M. Chappé, qui traversait la route avec une balle de paille.

M. Gesbert ralentit, mais trop tard. La victime de l'accident semble avoir eu le tort de traverser sans se rendre compte si la route était libre. Mais le Ministère public reproche M. Gesbert d'avoir marché à une allure excessive.

M. Frangeul, fils, présente la défense de M. Gesbert et discute l'accusation d'excès de vitesse et demande son acquittement.

Le Tribunal en décide ainsi.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 novembre 1933 - Page 9

 

 

Fête de l'Armistice

 

A l'occasion de la fête de l’Armistice, une de marche à pied de 20 kilomètres aura lieu dimanche après-midi, à Cherrueix. Le départ se fera à 13 heures au bourg.

En outre, une course de bicyclettes sur un parcours de 35 kilomètres sera disputée ce même jour.

 

 

 

Ouest-Éclair du 26 novembre 1933 - Page 12

 

 

Tribunal correctionnel / Une grave affaire de blessures involontaires.

 

Le chauffeur Dubreuil, au service de M. Blin, sur la route de Cherrueix, avait causé un grave accident à Mlle Yvonne Foucher, alors que celle-ci menait à la main un attelage, est condamné à 100 Francs d'amende. Le jugement contient deux attendus curieux, dont l'un condamne le chauffeur ou plutôt son patron, civilement responsable, à verser la moitié des conclusions de la partie civile, parce qu'il avait corné intempestivement et l'autre dit que le patron de Mlle Foucher, M. Pergué devra acquitter l'autre moitié, soit 54.000 et quelques Francs, des conclusions déposées par M. Laclotte, parce qu'il avait confié un cheval entier à sa domestique. M. Douet défendait le chauffeur imprudent.

 

 

 

Ouest-Éclair du 7 février 1934 - Page 10

 

 

A la Cours d’Appel de Rennes / Une jeune fille grièvement blessée

 

Sur la route de grande communication N° 82, qui va de Dol à Cherrueix, entre les villages de la Haute-Rue du Marais et de la Cassette, le 27 mars, à 16 h. 30, le camion de M. Blin, propriétaire au bourg de Cherrueix, camion chargé de lattes, était piloté par le sieur Georges Dubreil, 29 ans, au service de M. Blin. M. Georges Dubreil vient répondre de blessures involontaires. M. Blin est civilement responsable. Un jugement du tribunal correctionnel de Saint-Malo, en date du 25 novembre 1933, a condamné Dubreuil à 100 Francs d'amende et accordé à la victime, une jeune fille de 16 ans, Mlle Fouché, un montant de 54.014 Francs 67, équivalent de la moitié du préjudice. Le surplus de la responsabilité, incombant au patron même de la jeune fille, M. Peigné, cultivateur à la Haute-Rue, se trouve réglé, par la loi forfaitaire du 9 avril 1898, soit une rente de 1.300 Francs. Sur le montant de 54.014 Francs 67, une somme de 50.513 Francs devra être versée à la « Caisse Nationale des Retraites » et employée à la constitution d'une rente annuelle et viagère, sur la tête et au profit de la demoiselle Fouché, une somme de 931 Francs 97. Dubreil est, en outre, condamné par corps, aux frais liquidés à 237 Francs 90.

Voici les faits : Georges Dubreil conduisait son camion de cinq tonnes et long de 5 mètres, à l'allure d'un homme au pas. Sur le siège étroit, outre le conducteur, avaient pris place MM. Blin et Letanoux, beau-frère de Dubreil. Dubreil aperçut à deux cents mètres sur sa droite, un cheval non attelé, un étalon que, de sa main droite, une jeune fille tenait par la bride, tandis que de la main gauche, elle portait une bouteille de cidre. Le groupe se rendait dans la direction du bourg de Cherrueix. Dubreil fit usage de son signal, entendu de la jeune fille. Ce n'était pas un clakson, ce dernier étant en réparation depuis un mois, mais une trompe. La jeune fille serra davantage sur sa droite, si bien que le cheval se trouva sur la banquette gazonnée. Dubreil fit résonner sa trompe deux fois encore, à cinq ou six mètres du groupe, disent les uns, dix mètres, selon les autres. Le cheval se cabra et entraîna Mlle Fouché vers le camion qui continuait à avancer, alors que le Code de la Route lui faisait un devoir de s'arrêter. Il est probable qu'il doublait, lorsque le cheval, regimbant pour la dernière fois, la pauvrette dut lâcher prise et roula sous le camion. La lourde masse, de sa roue droite arrière, lui écrasa la jambe gauche.

Le point est de savoir si l’accident se serait produit, au cas où Dubreuil n'eut point effrayé la bête, par les éclats de trompe à une si courte distance d'elle et sans nécessité. Le témoin Letannoux, l'un des compagnons de siège de Dubreil, dit que le cheval ayant fait plusieurs bonds successifs, et s'étant cabré plusieurs fois, du train de derrière et du train de devant revenait chaque fois sur la route et traversait ainsi la chaussée. Le témoin aurait attiré l'attention du conducteur sur la seule chose à faire : s'arrêter.

Or, c'est avancer encore et se porter sur la gauche que fit l'inculpé. Les gendarmes ont relevé, de ce côté, sur la partie gazonnée de la route, la trace de la roue du camion, sur une longueur d'environ dix mètres. Par contre, ils n'ont observé aucune trace de freinage. Si le conducteur avait ralenti, comme il le prétend, il aurait pu s'immobiliser sur une distance même moindre de dix mètres.

D'ailleurs, dit l'accusation, plus de dix mètres avant le lieu de l'accident, Dubreil avait brusquement jeté son camion, sur la gauche, et roulé sur la partie gazonnée. Cette manœuvre démontre qu'il allait à une allure trop vive et se trouvait, par suite, dans l'impossibilité de faire halte sur une courte distance, avec un camion de sept tonnes, chargé.

Maintenant, il est incontestable que M. Peigné a eu tort de mettre, entre les mains de sa petite domestique de 16 ans, un cheval ombrageux, capricieux, un cheval entier, peut-être piqué, à ce moment même, par quelque taon.

M. le Président procède à l'interrogatoire de l'inculpé.

D. La route était-elle large ?

A. - Six mètres, et droite. Le cheval n'avait pas bougé avant notre passage.

D. - Sur quelle partie de la route circulait la jeune fille ?

R.-  Sur sa droite, sur la partie herbeuse.

Me Bougault plaide pour Dubreil. Peut-on, dit-il, reprocher à Dubreil d'avoir fait retentir sa troupe, alors que le Code de la Route lui en fait un devoir. Cet appel a-t-il été la cause déterminante de l'écart du cheval ? Ce cheval est d'un naturel ombrageux. Il semblerait qu'il n'y ait que simple coïncidence entre l'écart et l'arrivée du camion. Si le cheval avait été effrayé par ce dernier, la jeune eût été projetée, non sous la roue arrière, mais sous la roue avant. Le mouvement de l'animal a été subit et imprévisible.

Me Laclotte du barreau de Saint-Malo se présente pour la partie civile et soutient le principe et le montant des réparations accordées par le tribunal de Saint-Malo.

M. le substitut du Procureur général Picart, rappelle que le tribunal a prononcé la responsabilité de M. Peigné qui s’est d’ailleurs mis en règle avec le père de la domestique mineure.

La cour renvoie la publication de son arrêt au mercredi 14 février prochain.

 

 

 

L'Ouest-Éclair du 18 février 1934 - Page 12

 

 

Un veinard

Dans une huître, un entrepreneur trouve deux perles

 

Nous disions avant-hier que la pèche des huîtres avait été particulièrement abondante ces jours derniers dans la baie de Cancale et que plusieurs de ces délicieux mollusques avaient été cueillis au bas de l'eau par un grand nombre d'amateurs qui avaient profité du très beau temps de mercredi et jeudi pour se livrer à cette pêche amusante et fructueuse.

Nous souhaitons beaucoup de ceux qui remportèrent les succulentes huîtres cancalaises de connaître la veine qui vient d'échoir à un habitant de Cherrueix.

Celui-ci, M. André Blin, entrepreneur demeurant au bourg de la coquette localité maritime qu'est Cherrueix, procédait à l'ouverture d'une huître qu'il se disposait à gober, quand son attention fut attirée par deux petites boules nacrées. Les examinant de plus près, M Blin constata, avec une légitime satisfaction, qu'il s'agissait de deux perles de moyenne grosseur, représentant certainement une assez grande valeur.

Heureux de son intéressante trouvaille, M. Blin est allé hier matin soumettre les deux perles à un joaillier qui en indiquera la valeur marchande, dès qu'elles seront débarrassées de leur gangue.

Nous félicitons l'heureux possesseur de ces deux joyaux de la bonne chance qui l'a favorisé.

 

 

 

Ouest-Éclair du 16 mars 1934 - Page 9

 

 

Un ouvrier agricole est trouvé mort dans un champ

 

Mercredi, un peu après midi, M. Marie-Joseph Maillard, agriculteur, à la ferme de l'Aumône, commune de Cherrueix aperçut dans un champ situé à proximité du village du Han, un individu étendu sur la terre et ne semblant plus donner signe de vie. S'étant approché, M. Maillard constata que l'homme, un ouvrier selon toute apparence, et paraissant âgé d'une soixantaine d'années, avait en effet cessé de vivre.

La mairie de Cherrueix fut immédiatement avisée de la macabre découverte et la gendarmerie de Dol fut aussitôt prévenue. En même temps on mandait un médecin, M. le docteur d'Arlac, du Vivier-sur-Mer. L'honorable praticien arriva peu après et constata le décès du malheureux dont la mort semblait remonter à plusieurs heures déjà et serait due vraisemblablement à une congestion.

En présence des gendarmes de Dol, les vêtements du mort furent fouillés. On ne trouva sur lui aucune pièce d’identité, mais à l'intérieur du boîtier de la montre qu'il portait, un nom était gravé. En outre, dans l'une des poches du défunt, on trouva un mouchoir marqué d'initiales se rapportant au nom gravé à l'intérieur de la montre. Les brigades de gendarmerie de la région furent avisées et le signalement du mort leur fut transmis. Par ce moyen, on put connaître assez rapidement l'identité du malheureux. Il s'agit d'un ouvrier agricole sans domicile fixe, Pierre Languillet, né en 1875 à Noyal-sous-Bazouges.

Dans la journée d'hier, un frère du défunt, est venu reconnaître le cadavre qui avait été transporté chez M. Simon, négociant au Lac.

La mort étant naturelle, le permis d'inhumer a été délivré.

 

 

 

Ouest-Éclair du 18 mars 1934 - Page 12

 

 

Le scrutin de ballottage

 

Le scrutin de ballottage destiné à pourvoir aux trois sièges vacants au Conseil municipal de Cherrueix aura lieu aujourd'hui.

Les candidats en présence sont les suivants :

  • Liste présentée par la municipalité : MM. Pierre Couapel, boulanger, Le Lac ; Auguste James fils de Sainte-Anne ; Pierre Peltier, cultivateur à Vaujour.

 

  • Candidats isolés : MM. Placide Beaudouin, cultivateur à l'Hébergement ; Edouard Urphéant, mareyeur à La Larronnière ; Pierre Lambert, cultivateur à Le Han ; Marcel Bourgain cultivateur à Le Han et Henri Busson, fils de La Larronnière.

 

 

 

Ouest-Éclair du 20 mars 1934 - Page 8

 

 

Résultat du scrutin de ballotage

 

Dimanche dernier a eu lieu le scrutin de ballottage pour les trois sièges restant à pourvoir au conseil municipal de Cherrueix.

Voici les résultats : (Inscrits 341).

Ont obtenu :

  • 1 - Liste présentée par la municipalité : M. Auguste James, négociant Sainte-Anne, 137 voix, élu ; M. Pierre Couapel, boulanger au Lac, 116 voix élu ; M. Pierre Peltier, cultivateur à Vaujour 77 voix.

 

  • 2 - Candidats isolés : M. Placide Beaudouin, cultivateur à l'Hébergement, 153 voix, élu ; M. Pierre Lambert, cultivateur à Le Han, 70 voix ; M. Marcel Bourgain, cultivateur à Le Han, 56 voix ; M. Edouard Urphéant, mareyeur 40 voix ; M. Henri Busson, fils, 89 voix. Ces deux derniers candidats habitent le village de la Larronnière.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 mars 1934 - Page 11

 

 

Une affaire de coups

 

M. Jean Lemonnier, fils de M. le Maire de Cherrueix a porté plainte à la gendarmerie contre un habitant de la commune qui, dimanche soir, après la proclamation des résultats du scrutin de ballottage de l'élection municipale, lui aurait porté des coups.

La gendarmerie de Dol a ouvert une enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 25 mars 1934 - Page 11

 

 

Un soir d'élections

 

Nous avons relaté la brutale agression dont fut victime dimanche soir, après la proclamation des résultats du scrutin de ballottage aux élections municipales. M Lemonnier, fils de M. le maire de Cherrueix, qui porta plainte contre son agresseur.

Une nouvelle plainte a été déposée il y a quelques jours, par M. Maurice Fortin, de la Larronnière, en Cherrueix, lui aussi victime ce même soir des brutalités du même agresseur, M. F. du Vivier-sur-Mer.

Une enquête est ouverte.

 

 

Un vol de 3.150 Francs

 

M. Mathurin Dupuy, cultivateur au village de la Larronnière, commune de Cherrueix, ne fut pas peu surpris en constatant, hier matin, qu'un vieux meuble placé dans la chambre où couchait son domestique, avait été forcé. Comme le cultivateur y avait déposé des titres et des billets de banque, représentant une somme assez rondelette, il s'empressa de vérifier si le tout s'y trouvait encore.

On juge de son désappointement en constatant que titres et billets avaient disparu : 3.000 Francs en bons de la Défense Nationale et 160 Francs en billets.

M. Dupuy ne fut pas sans trouver extrêmement étrange que le domestique couchant dans cette pièce avait lui-même disparu. Coïncidence bizarre qui ne manqua pas d'éveiller de graves et sérieux soupçons du cultivateur qui s'empressa de porter plainte à la gendarmerie de Dol.

Munis du signalement du domestique soupçonné, un nommé Julien Urphéan, 22 ans, né au Vivier-sur-Mer, les gendarmes ne tardaient pas à l'appréhender dans la matinée près de La Gouesnière.

Urphéan qui a reconnu être l'auteur de ce vol a été dirigé sur la prison de l'Espérance à Saint-Malo.

 

 

 

Ouest-Éclair du 29 mars 1934 - Page 9

 

 

Plaignants en désaccord

 

Nous avons enregistré ces jours derniers la plainte déposée à la gendarmerie de Dol par MM. Lemonnier et Fortin, de Cherrueix, accusant M. F. du Vivier-sur-Mer, de les avoir brutalisés sans aucune provocation de leur part, le soir du scrutin de ballottage des élections municipales de Cherrueix.

A son tour. M. F. a porté plainte, car tout en reconnaissant avoir porté des coups à ses antagonistes, il prétend ne pas les avoir attaqués le premier mais avoir seulement répondu à une provocation.

 

 

 

Ouest-Éclair du 15 avril 1934 - Page 10 et 11

 

 

Tribunal correctionnel

 

…Comparait en Chambre du Conseil M. Georges Urphéan, 23 ans domestique agricole, prévenu de détournement de valeurs au préjudice de M. Dupuy son patron, fermier à Cherrueix.

Sa détention est prolongée d'un mois pendant lequel il sera soumis à un examen mental.

 

 

 

Ouest-Éclair du 6 mai 1934 - Page 12

 

 

Un soir d'élections complémentaires à Cherrueix

 

Une brochette d'électeurs de Cherrueix, maire en tête, fait son entrée dans le prétoire. C'est l'épilogue d'un soir d'élections complémentaires qui va se jouer. Il y a là MM. François Lemonnier, 61 ans, maire, son fils Jean, 25 ans, Maurice Fortin 29 ans cultivateur et Henri F. 25 ans chauffeur, prévenus de coups réciproques. Deux camps se dessinent dans le groupe celui des Lemonnier qui prétendent avoir été attaqués par F. et celui du chauffeur, venu du Vivier avec un camarade pour assister au dépouillement du scrutin.

M. Fortin confirme cette thèse de l'agression par F. en ajoutant que celui-ci l'aurait non seulement frappé, mais mordu, alors qu'il intervenait pour défendre M. Lemonnier fils. Les débats sont longs, de part et d'autre les explications sont lentes et assez confuses. L'audition des témoins, au nombre de deux, semble déterminer le rôle inopportun de F., ce qui, dans l'esprit du ministère public, n'autorisait pas les autres à se faire justice, surtout M. Lemonnier père, premier magistrat de la petite cité maritime. Cependant une certaine indulgence s'expliquerait en raison de circonstances électorales de la scène.

M. le bâtonnier Douet occupe au banc de la défense pour MM. Lemonnier et Fortin. Il souligne le rôle prépondérant et agressif de F. et celui très secondaire de Jean Lemonnier fils qui n'a pas frappé bien qu'ayant été sauvagement attaqué. Pour ces raisons, conclut M. le bâtonnier Douet, il convient de faire une différente application de la loi suivant le cas de chacun des prévenus qu'il a la charge de défendre si un triple acquittement n'intervient pas.

Me Gonnon plaide pour F. et Cie venu du village voisin pour passer la soirée avec des amis. Il s'efforce de faire disparaître la thèse du « complot » et estime que la preuve n'est pas faite de la provocation de son client, bien au contraire, puisqu'on le voit partir à la recherche de ses amis pour regagner son logis. Est-ce là l'attitude d'un « brouilleur de cartes ? » s'écrie le défenseur qui conteste les témoignages invoqués et explique la présence de F. à Cherrueix, par le fait qu'il pensait bien « trouver du monde dans le bourg ».

Le tribunal relaxe Jean Lemonnier et Fortin et condamne F. à 100 Francs d’amende. M. François Lemonnier obtient le sursis pour 25 Francs d’amende.

 

 

Domestique de terme indélicat

 

Julien Urphéan, 23 ans, ouvrier agricole chez M. Dupuy, déjà condamné, est poursuivi pour vol de trois bons de la Défense Nationale qu'il cacha dans un grenier et d'une somme de 150 Francs qu'il dépensa au cours d'un voyage à Pontorson. Urphéan reconnaît les faits, ce qui simplifie la tâche de son défenseur, Me de la Châtre, laquelle souligne qu'il a été interné pendant onze mois et qu'il ne doit pas jouir de la plénitude de ses facultés mentales. La jeune avocate donne lecture de certificats émanant de ses patrons et qui le montrent travailleur régulier et paisible ; elle estime que sa place est dans une maison de santé.

 

Le Tribunal ne suit pas ces conclusions et condamne Urphéan à 15 jours de prison.

 

 

 

Ouest-Éclair du 19 mai 1934 - Page 9

 

 

Bris de clôture

 

Monsieur Costex, commerçant, habitant aux Cours du Bourg en Cherrueix a porté plainte pour bris de clôture contre sa voisine Madame veuve Nature.

 

 

 

Ouest-Éclair du 17 juin 1934 - Page 12

 

 

Tribunal correctionnel / Neuf habitants de Cherrueix
poursuivis pour vol de moules

 

L'un d'eux se voit dresser procès-verbal pour ivresse.

Neuf habitants de Cherrueix prennent place au banc des prévenus sous l'inculpation de vol de moules. Comme le banc est trop étroit le benjamin s'assoit sur les genoux de son voisin. Le doyen est complètement ivre et, avant l'appel de son nom, l'huissier de service, M. Laudier, a été prié de le faire sortir.

Le président les fait placer de gauche à droite dans l'ordre suivant Délépine Henri, 33 ans ; Guérin Denis, 33 ans ; Jarnoin Louis, 25 ans ; Pellerin Jean, 68 ans ; Gaudin Victor, 30 ans ; Leblay Jean, 35 ans ; Chevalier Constant, 36 ans ; Ruelland Joseph, 39 ans ; Galland Louis, 24 ans. D'emblée, Delépine demande qu'on lui désigne un avocat d'office et qu'on renvoie l'affaire.

Quant à Pellerin qui, comme le dit M. le Procureur, est venu vent arrière, il a peine à se tenir debout et il grogne de temps à autre, mettant et enlevant son chapeau. En vain, ses voisins s'efforcent-ils de le rappeler à l'ordre. A un moment donné, il coupe la parole à M. Polony. A droite et à gauche, on lui tire sur le paletot pour le faire asseoir. Son voisin de gauche ébauche même le geste de le gifler. « Tais-toi s'tu veux ou j'vas te cotir la goule ». Peine perdue. Le gendarme Jean, de Saint-Servan, est alors invité à lui dresser procès-verbal pour ivresse, avant de le déposer au violon.

Gaudin, lui, arrive en retard.

Tous les prévenus font l'objet d'excellents renseignements. Ceci bien établi et l'interrogatoire d'identité effectué, l'affaire est renvoyée en fin d'audience. Me Rozé est désigné pour assurer la défense commune.

A la reprise, les explications des uns et des autres sont embrouillées, mais tout le monde est d'accord pour affirmer qu'on croyait que Delépine avait une autorisation et que les moules ont été ramassées à l'extérieur des parcs.

En vain leur fait-on observer qu'ils ont tous déclaré avoir dérobé des moules dans les parcs. Rien n'y fait. « Vous avez dû vous donner le mot », dit M. le Président.

« Je demande qu'on examine les lieux »  rétorque Delépine. M. le procureur de la République et Me Rozé s'associent pour demander un supplément d'enquête. Les débats seront repris à huitaine.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 juin 1934 - Page 9

 

 

Dimanche à Cherrueix / Course de 70 kilomètres

 

Dimanche prochain, à l'occasion de la fête annuelle de Cherrueix, une grande course de bicyclettes se disputera sur le circuit Bourg-Bois-Robin, soit deux kilomètres environ, à couvrir 35 fois, sous les règlements de l'U. V. F..

Elle est dotée de 500 Francs de prix, répartis comme suit : 200, 120. 80. 50. 80 et 20 plus 200 Francs de primes, dont 20 Francs tous les cinq tours.

Les engagements seront reçus jusqu'au samedi soir, chez M. Daniel, mécanicien au bourg de Cherrueix.

Le départ de la course sera donné à 14 h 30 (heure ancienne).

A 13 h 30 sera donné le départ pour la course communale de 25 kilomètres, dotée de 100 Francs de prix 40. 25. 20. 10 et 5 Francs.

Les engagements sont également reçus Chez M. Daniel.  

 

 

 

Ouest-Éclair du 24 juin 1934 - Page 12

 

 

Un curieux procès maritime

 

L'affaire des moules évoquée à l'audience précédente et qui met en cause neuf honorables habitants de Cherrueix, revient après un supplément d'enquête. Elle va occuper longuement, très longuement même, les instants du tribunal.

M. le bâtonnier Martin, spécialiste des questions maritimes, plaide sur la question complexe des droits de propriété et indique au Tribunal que l'un de ses clients, M Pellerin, possède une autorisation en règle pour ramasser des moules.

Me Rozé le seconde dans sa tâche et plaide sur la mauvaise qualité des coquillages en litige. C'est, dit-elle, ce qu'on appelle des moules « creuses ».

A nouveau, l'affaire est renvoyée au 7 juillet, pour permettre au tribunal d'ordonner une seconde enquête supplémentaire.

 

 

Pour quelques bolées

 

Rentrant tard dans la nuit chez eux les jeunes Julien Meury, 19 ans, et Raymond Louet, 22 ans, s'avisèrent de demander un coup de cidre à M. Fournier. Celui-ci se refusa à les laisser entrer dans son cellier. Les jeunes gens le frappèrent. Meury père est civilement responsable.

Huit jours de prison.

 

 

 

Ouest-Éclair du 14 juillet 1934 - Page 8

 

 

L'affaire des moules de Cherrueix

 

Le Tribunal rend son jugement dans cette affaire venue à une audience précédente. 16 Francs d'amende à Gauvin, Lableiz, Jarnouen, Chevalier, Galant et Ruellan ; Gaudin paiera 20 Francs ; Pelerin 25 Francs et Delépine 50 Francs.

 

 

 

Ouest-Éclair du 22 juillet 1934 - Page 12

 

 

Fête de Sainte-Anne

 

La fête annuelle du hameau de Sainte-Anne, organisée par notre dépositaire, M. James, et les autres commerçants, aura lieu dimanche prochain.

De nombreuses attractions sont prévues course de bicyclettes communale pour jeunes gens de moins de 25 ans, course de lenteur, course à pied, course à la valise, course aux œufs, baiser de la tuile, casse-pots, mât de cocagne, fête foraine, etc.

Le soir, grand bal champêtre.

 

 

 

Ouest-Éclair du 29 juillet 1934 - Page 9

 

 

En vacances

 

Une cinquantaine de petits fougerais prendront mercredi matin le départ en direction de Cherrueix où ils passeront un mois au bon air marin, parmi une accueillante population.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 septembre 1934 - Page 8

 

 

Concours agricole de Dol, le palmarès

 

… 3° Prix d'honneur aux exploitations les mieux dirigées, compte tenu de la bonne tenue des fumiers, des étables, fosses à purin, du bon aménagement des cours de la ferme, des mares ou pièces d'eau, etc.

Fermiers exploitants : 2ème prix M. Marie Maillard, l'Aumône, Cherrueix.

Fermes de moins de vingt hectares : Propriétaires exploitants : 2ème prix : M. Maurice Fortin, La Larronnière, Cherrueix.

Fermiers exploitants : 2ème prix : M. Édouard Taillebois, La Verdière. Cherrueix ...

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 septembre 1934 - Page 10

 

 

Un cultivateur meurt des suites d'une piqûre

 

L'un de ces derniers jours, M Pincé Édouard, cultivateur, demeurant au village de la Cassette commune de Cherrueix revenait de son travail lorsqu'en sautant un fossé une baleine de parapluie qui se trouvait à demi enfouie sur le bord perfora l'une des chaussures légères que M Pincé avait aux pieds et, pénétrant dans le pied, lui fit une blessure assez profonde. M. Pincé vint se faire panser chez un pharmacien dolois M Lelandais. Sa blessure le faisant souffrir, le cultivateur décida de voir un médecin. Il se rendit donc chez M. le docteur Mathieu qui pratiqua une piqûre antitétanique. Son état ne s'améliorant pas, M. Pince revint quatre jours plus tard chez le médecin dolois qui devant la gravité de l'état du blessé décida de le faire transporter à l'hôpital du Rosais à Saint-Servan

Malheureusement la plaie s'était envenimée et l'infortuné cultivateur succomba dans d'atroces souffrances malgré les soins dont il fut entouré. Son corps fut ramené à Cherrueix où l'inhumation a eu lieu hier

Le malheureux cultivateur était âgé d'une quarantaine d'années.

Nous offrons à sa famille nos sincères condoléances.

 

 

 

Ouest-Éclair du  20 octobre 1934 - Page 13

 

 

Une grave chute de cheval

 

Vendredi après-midi, vers 16 h. 30, M. Auguste Podault, 29 ans, charretier chez M. Nouazé, cultivateur, au village des Beaux-Bois, commune de Cherrueix, conduisait un cheval sur lequel il était monté lorsque l'animal glissa et s'abattit, désarçonnant son cavalier.

Assez sérieusement blessé, le malheureux charretier reçut les soins de M. le docteur Rolland, de Dol qui constata une fracture ouverte du pied gauche et une entorse du pouce droit.

Le blessé fut dirigé chez M. le docteur Legay à Saint-Malo, pour y être traité par un chirurgien et subir un examen radiographique.

Un long repos sera nécessaire au rétablissement de M. Podault, auquel nous présentons nos vœux de prompte guérison.

 

 

 

Ouest-Éclair du  21 novembre 1934 - Page 14

 

 

Une sexagénaire est trouvée noyée sur la grève

 

Hier après-midi, M. Lecharpentier, pêcheur au Vivier, s'était rendu à sa pêcherie, dans la grève, lorsqu'en y arrivant, il aperçut le corps d'une femme qui disparaissait en partie dans une mare d'eau et semblait privée de vie. S'étant approché, M. Lecharpentier vit qu'en effet il avait devant lui un cadavre qu'il reconnut comme étant celui d'une ménagère habitant le village de La Larronnière, commune de Cherrueix, Mme Guérin née Delépine, âgée de 61 ans.

Le pêcheur s'en retourna immédiatement avertir les autorités et bientôt on vint chercher en voiture le corps de la malheureuse femme qui fut transporté chez la belle-soeur de celle-ci, au Vivier-sur-Mer.

M. le docteur d'Arlac vint faire les constatations et conclut à une mort naturelle, aucune trace de violences n'ayant été relevée sur le corps. On ignore dans quelles conditions l'infortunée sexagénaire a trouvé la mort. S'est-elle, dans un moment d'amnésie, égarée en grève et aura-t-elle été frappée de congestion dans la pêcherie, ou bien est-elle tombée accidentellement dans le chenal où le reflux l'aura entraînée jusque dans la pêcherie, à 3 kilomètres de la côte ?

Autant de questions qui resteront sans doute sans réponse précise. La gendarmerie de Dol a ouvert une enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 27 novembre 1934 - Page 13

 

 

Cour d’Appel de Rennes / Un point de droit à propos d'un vol
de moules dans la baie du Mont Saint-Michel

 

Il s'agit d'un vol de moules dans la baie du Mont Saint-Michel, vol poursuivi sur la plainte de M. Amice, mytiliculteur au Vivier-sur-Mer. Les prévenus ont comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Malo le 13 juillet dernier. Ils s'y trouvèrent au nombre de neuf. Cinq seulement ont rappelé. Ce sont Henri Delépine, 34 ans, condamné à 50 Francs d'amende, Louis Jarnouën, 25 ans, J.-M. Leblay 39 ans, Constant Chevalier 34 ans, tous marins pécheurs, et Joseph Ruellan 39 ans, charron. Les quatre derniers attrapent 16 Francs d'amende chacun. Les inculpés soutiennent que les faits, à eux reprochés, ne sont pas des délits, la pêche à pied s'étendant aux lieux qu'on voudrait leur interdire. Cela s'est passé en décembre et janvier derniers.

M. Amice a agi en qualité de président du Syndicat des Pécheurs du Mont Saint-Michel. Sa plainte est du 8 avril 1934, et met à la charge des prévenus une vente de 150 à 270 livres de moules chacun, dans les communes avoisinantes. La plainte était appuyée, sur les aveux et la dénonciation de M. Delépine. M. Amice n'avait pas souffert de ces cueillettes, mais bien ses syndiqués, MM. Ménard et Lambert, de Cherrueix. La dénonciation fut adressée à la gendarmerie du Vivier-sur-Mer. Delépine a d'abord déclaré avoir agi par esprit de -vengeance, parce que, à Cherrueix, on l'avait appelé « Voleur de moules ! ». Il confessa, pour sa part, en avoir pris 80 kilos, qu'il revendait à raison de 1 francs 50 l'assiette. Jarnouën nie y être allé la nuit et assure n'avoir pris que ce qu'il fallait pour le repas familial. De même, Chevalier, qui en aurait pris 10 kilos à chacune des cinq fois qu'il y fut. Il y alla de jour également, comme d'ailleurs Leblay et Ruellan. Ce dernier aida ingénument Delépine, un jour qu'il le rencontra dans la baie, à charger un sac de 50 kilos sur ses épaules. Avant d'engager les poursuites, le Procureur de Saint-Malo avait consulté l'Inscription maritime, représentée par M. l'administrateur de Cancale. Il lui fut répondu qu'il y avait délit de droit commun, les inculpés ayant contrevenu à deux ordonnances royales de 1584 et de 1732, peut-être même à d'antérieures, telle une ducale de 1131. Enfin, il y eut des condamnations pour faits semblables, il y a 40 ans, basées sur les articles 388 et 401 du Code pénal. Le droit de propriété ne paraissait pas contestable.

Devant le tribunal, les prévenus reconnurent avoir pris des moules à l'extérieur et non à l'intérieur des pêcheries. On dit qu'ils menacèrent les gendarmes de leurs fusils, détruisirent les clayonnages et arrachèrent les pancartes.

Mais il existe une circulaire ministérielle du 7 mars 1928; relative aux huîtres et par extension à tous coquillages, croissant sur les murs d'écluses à poissons, comme c'est le cas, sortes de parcs faits de pierres et de clayonnages avec ouvertures, sur la mer, et destinés à retenir le poisson. Cette circulaire en rapportait une autre du 2 septembre 1809. Elle instituait un régime nouveau. La pêche aux huîtres était réservée aux concessionnaires d'écluses du quartier de Bordeaux, à condition qu'ils eussent sollicité la concession, comme parcs à huîtres, du sol domanial occupé par les murs de leurs écluses et qu'ils se fussent engagés à payer la redevance appliquée aux parcs conchylicoles. Par déduction, le même régime s'impose aux parcs mytilicoles. M. Amice a bien produit des titres en règle. Il n'en serait pas de même des deux syndiqués à la requête de qui il a agi.

L'INTERROGATOIRE

M. le Président passe d'abord à l'interrogatoire de Délépine. Il lui demande dans quelles conditions il a cueilli les moules.

R. J'ai tout pris à l'extérieur.

D. Cependant vous avez signé un procès-verbal reconnaissant avoir été dans les parcs ?

R. J'ai fait rectifier.

D. Vous avez même dit que vous regrettiez d'avoir volé ?

R. On m'a maltraité pour me le faire dire. On m'a arraché les cheveux et on m'a insulté, pour me faire écrire la lettre de dénonciation.

D. Qui vous a traité ainsi ? L'inculpé prononce certains noms.

D. Pourquoi n'avoir pas dit cela aux gendarmes ?

R. Je leur ai dit que j'avais pris les moules, sur le mur extérieur et de jour.

D. Qui vous a dit que vous pouviez les prendre ? M. Amice certifie que c'est lui qui, en 1899, a ensemencé l'écluse 19 qui est la sienne ?

R. Nos pères ont toujours agi ainsi. Les gens âgés le disent. La pêche à pied a continuellement été pratiquée de cette façon.

D. Enfin, pourquoi avez-vous dit aux gendarmes que vous regrettiez ? Je n'ai jamais dit cela. Jarnouën assure n'avoir que pris des moules qu'à l'extérieur des murs et jamais la nuit. « Les gendarmes, dit-il, ont mis ce qu'ils ont voulu ». Il en est ainsi de Leblay, de Chevalier, de Ruellan.

 

LES PLAIDOIRIES

M. Hamet défendant M. Delépine : les ordonnances royales de 1732 et de 1780, en la matière, sont formelles. Elles consacrent le droit de propriété sur la retenue du poisson, non sur les coquillages essentiellement migrateurs. Il y avait des moules dans la baie du Mont-Saint-Michel, bien avant M. Amice. C'est, d'une part, le droit immémorial de pêche des populations côtières de pêche à pied, en face des prétentions du syndicat de propriétaires d'écluses. Ceux-ci se déclarent volés. La dénonciation de Delépine est due à leurs suggestions. Quarante personnes ont déclaré n'avoir jamais vu donner de soins à ces écluses, si ce n'est au n° 19, à M. Amice qui est la seule entretenue par son propriétaire. Les revendications du syndicat émeuvent tous ces petits usagers, dont c'est le gagne-pain et avec lesquels se sont solidarisés un conseiller municipal et un conseiller général. Les propriétaires n'ont pas obtenu une concession pour élever des coquillages, mais comme pêcherie de poissons, pêcherie qu'ils doivent entretenir en bon état, et pour lesquelles ils doivent payer redevance. Ils n'ont apporté aucune preuve de leur droit. L'article premier du paragraphe V de l'ordonnance royale de 1681 dit expressément que la pêche à pied est gratuite, et la circulaire ministérielle du 3 septembre 1909 considère la pêche sur clôture comme dérivant de la pêche à pied. Admettons un moment, dit l'honorable défenseur, que les prévenus aient consenti, devant les gendarmes, à avoir été « dans les pêcheries », ne signifie pas, en langage du pays, avoir été dans l'intérieur des dites pêcheries, mais sur les lieux de pêche.

Les premiers juges, sans rechercher le droit des propriétaires, ont estimé que les moules avaient été apportées ou ensemencées par eux, membres du syndicat ; que les prévenus ne pouvaient ignorer ce fait et qu'ils ont donc agi dans une intention frauduleuse. Il faut réformer tous ces attendus. Les moules ne sont pas la chose des concessionnaires et dès lors ceux-ci n'ont pas le droit de poursuite. Delépine, qui a été obligé de quitter le pays, aura droit, dit M. Hamet, à des réparations, qu'il demandera dans une autre enceinte. C'est un indigent de conduite exemplaire, et 50 Francs d'amende sont accablants pour lui. La Cour a à se prononcer sur la liberté de la pêche à pied.

Me Bétin plaide pour Ruellan, honnête travailleur, père de quatre enfants, de 2 à 11 ans; Me Rioche pour Jarnouën, également sans reproche et qui n'a fait que suivre une vieille coutume du Mont. Me Macé, qui se présente pour Leblay, se proclame maintes fois coupable du même délit sur la côte normande du Mont, et ce sur des établissements importants baignés par la mer. Heureusement, il n'avait pas le syndicat de Cancale à ses trousses. C'est une question de droit. Si l'on remplit, comme M. Amice, à qui l'on n'a rien pris d'ailleurs, les conditions voulues, on est fondé à exercer des poursuites; mais lorsqu'on n'a pas accompli les formalités nécessaires, il faut s'abstenir.

 

LES REQUISITIONS

 

DE M. L'AVOCAT GENERAL

Les prévenus, expose l'honorable organe du Ministère public, reconnaissent avoir pris des moules. Ces aveux sont conformes à la thèse de l'administration de la Marine, regardant les possesseurs de ces pêcheries comme leurs propriétaires, par concession, sur le domaine public, créé par l'édit de Moulins (1566).

Mais il se pose, au lendemain de la circulaire de 1928, émise par le ministre de la Marine marchande, une question préjudicielle. Selon les services de ce département, les pêcheries ont été concédées en vue de la pêche du poisson seulement. La notion de propriété privée ne porte pas sur le terrain, mais sur le poisson tout uniment ! Il n'y a pas eu expresse concession pour les moules. Par voie de conséquence, la pèche pied est libre sur les écluses de mer.

La thèse de M. Amice parle de propriété privée, comportant droit privatif d'élevage, si bien que, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur de l'écluse, le détenteur de la pêcherie en a seul la jouissance, et que l'enlèvement des moules constitue par là même un vol. Il s'agit donc de savoir dans quelles conditions exactes ces pêcheries ont été concédées. Sont-ce des propriétés privées antérieures au régime du domaine public ? S'agit-il, au contraire, comme le prétend le ministre de la Marine marchande, d'un élevage déterminé ?

L'affaire n'est pas en état. Une visite des lieux est nécessaire pour voir quels textes leur sont applicables, et en vertu de quels actes administratifs, actes privés, arrêts du Conseil d'Etat les concessionnaires en jouissent. Une expertise s'impose et M. l'avocat général la requiert.

La Cour remet le prononcé de son arrêt au 11 décembre.

 

 

 

Ouest-Éclair du 3 décembre 1934 - Page 7

 

 

Querelle de voisinage

 

M. Etienne Gasnier, 72 ans, retraité de la gendarmerie, vit en mauvaise intelligence avec sa voisine, Mme Busson. Celle-ci se plaint de deux coups de balai assez violents. Par l'organe de Me Dauphin, avoué, et l'intermédiaire de M. le bâtonnier Douet, Mme Busson dépose et motive des conclusions tendant à obtenir 1.000 Francs de dommages-intérêts.

Le prévenu prétend avoir été provoqué par le jet d'un seau d'eau. Un témoin, Mme Urphéant, vient décrire la scène dans le sens indiqué par la plaignante. Me De St-Maurice, avocat de la défense, expose la thèse de M. Gasnier. Celui-ci soutient que des eaux polluées venant de chez Mme Busson souillent fréquemment son jardin et même ont un jour été déversées sur sa porte. Bref, l'affaire a son origine dans une suite de querelles et de petits procès dont la responsabilité incombe pour bonne part à Mme Busson. En terminant Me De St-Maurice indique le passé d’honneur et de travail de M. Gasnier qui sera certainement condamné, il ne nie pas les faits mais bénéficiera des dispositions de la loi de sursis.

Quant à la demande de la partie civile, il l'a juge considérablement exagérée. Le tribunal inflige au prévenu une peine d'amende de 25 Francs sans sursis et le condamne en outre à 250 Francs de dommages-intérêts.

 

 

 

Ouest-Éclair du 6 décembre 1934 - Page 9

 

 

Une collision d'autos

 

Une grave collision s'est produite avant hier matin, au dangereux carrefour avoisinant l'hôtel Bellevue, au Viviersur-Mer, où de très nombreux accidents se sont déjà produits.

Il était environ 9 h 30, M. Jean Lemonnier, cultivateur à La Larronnière en Cherrueix, venait de cette localité et se dirigeait vers Saint-Malo, au volant de sa voiture automobile.

Arrivé au carrefour de la route nationale et de celle de Dol, il aperçut, à environ vingt mètres de lui, une camionnette venant de Dol et paraissant se diriger vers Saint-Malo. Il obliqua donc à gauche pour doubler la camionnette, pensant qu'elle allait suivre la route de Saint-Malo, mais, contrairement aux prévisions de M. Lemonnier, le conducteur de la camionnette, M. Busson, garagiste au Vivier-sur-Mer qui, sans doute, n'avait pas aperçu l'auto, fit un signe du bras gauche, annonçant qu'il allait tourner.

Mais à peine ce geste était-il fait que le choc se produisait d'une façon très brutale, sans toutefois occasionner de grave accident de personne, mais par contre les deux voitures étaient fort endommagées, l'auto avait le côté du capot complètement arraché.

Le radiateur défoncé, le phare droit et le phare code brisés, l'aile droite tordue et l'hélice du moteur complètement faussée. La camionnette a eu l'arrière de sa carrosserie enfoncé et son aile avant gauche très endommagée.

Un constat de l'accident a été dressé par M. Jouault, huissier à Dol.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 décembre 1934 - Page 12

 

 

Au Syndicat d’Initiative de Dol

 

Le Syndicat d'Initiative de Dol et des plages environnantes, secondé dans son œuvre par les communes intéressées, remercie particulièrement les municipalités de Dol, Cherrueix et Le Vivier-sur-Mer qui ont bien voulu comprendre l'utilité touristique et commerciale de cet organisme et lui accorder généreusement une subvention dont il les remercie sincèrement.

 

 

 

Ouest-Éclair du 28 décembre 1934 - Page 10

 

 

Menaces de mort

 

M. Isidore Barbé, fils, pêcheur, demeurant au bourg de Cherrueix a porté plainte à la gendarmerie de Dol contre deux pêcheurs de coquillages, les nommés L. de Baguer-Pican, et B. de Cherrueix, qui, dernièrement, l'auraient menacé de mort.

Une enquête est ouverte.

 

 

 

Ouest-Éclair du 2 janvier 1935 - Page 7

 

 

Réunion du Conseil Municipal

 

Le Conseil Municipal de Cherrueix s'est réuni dimanche dernier, sous la présidence de M. Lemonnier, maire. Etaient absents MM. Alfred Ame, Blin et Plainfossé.

 

L'assemblée procéda d'abord à la révision de la liste d'assistance médicale gratuite, puis statua sur certaines nouvelles demandes d'assistance.

 

Ensuite le Conseil désigna M. Gilbert, adjoint au maire de Mont-Dol, en qualité de commissaire enquêteur pour les réclamations qui pourraient être présentées en raison de la construction prochaine du chemin vicinal n° 9, dit « Ruette des Heures », et cela en conformité de la circulaire de M. le Sous-Préfet de l'arrondissement de Saint-Malo.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 janvier 1935 - Page 10

 

 

Un chasseur qui l'échappe belle

 

Mercredi matin, vers 8 heures, M. Eugène Letannoux, meunier, demeurant au bourg de Cherrueix, était allé en grève, à la chasse aux oiseaux de mer.

Tout attentionné au guet des oiseaux, M. Letannoux ne s'aperçut pas que le « butin » sur lequel il était placé était entouré par la mer qui, sournoisement, avait coupé la retraite du chasseur et montait avec une grande rapidité, cernant toutes les buttes voisines.

Devant le grave danger qu'il courait, M. Letannoux qui déjà avait de l'eau au-dessus des genoux appela au secours. Il fut heureusement entendu par une jeune fille qui s'empressa d'avertir d'autres personnes et bientôt on put, au moyen d'un doris, porter secours au malheureux chasseur qui vraiment l'avait échappé belle. On l'embarqua rapidement et on gagna la côte. M. Letannoux en fut quitte, fort heureusement, pour une frayeur très compréhensible et un bain infiniment désagréable en cette saison, mais dont il se remit rapidement chez sa sœur, buraliste au bourg, où il fut séché et réconforté.

 

 

 

Ouest-Éclair du 23 janvier 1935 - Page 9

 

 

La tombola des écoles publiques

 

Le tirage de la tombola organisée à l'occasion de la fête des Écoles publiques de Cherrueix, a eu lieu dimanche dernier chez Mme Beaulieu, commerçante au bourg, en présence de MM. Ame, président, Lecharpentier, Chauvel, Chapdeleine, Chistrel et Couapel. membres de la caisse des Écoles publiques et des maîtres et maîtresses.


Voici la liste des numéros gagnants :

Le numéro 564 gagne la bicyclette. Le numéro 1.450 gagne un service de vaisselle.


Viennent ensuite les numéros :

398 1.403 400 206 828 830 71S 1.846

Les lots devront être réclamés chez Mme Beaulieu, commerçante, au bourg, avant le 1er mars 1935. Après cette date les lots non réclamés seront acquis à la Caisse des Ecoles.

 

 

 

Ouest-Éclair du 8 février 1935 - Page 9

 

 

Un curieux procès autour des pêcheries de Cherrueix

 

M. le juge d'instruction Buffandeau, travaille actuellement dans le silence de son cabinet à résoudre une question complexe. Il s'agit de savoir si les pêcheries de Cherrueix, Le Vivier et autres lieux appartiennent au domaine public ou aux particuliers qui les réclament.

Il s'agit par conséquent de savoir si un certain nombre d'habitants de la côte qui ont pris des moules le long de ces pêcheries peuvent être condamnés pour vol ou non.

Une affaire de ce genre a déjà été évoquée devant le tribunal correctionnel de notre ville. Elle s'était trouvée portée devant la Cour de Rennes par la suite.

La décision ne pourra être rendue que lorsqu'on saura si les titres de ceux qui se disent propriétaires sont antérieurs ou postérieurs à 1544. De cette année-là date, en effet, la promulgation de l'édit royal déclarant inaliénables les biens du domaine public.

Et M. Buffandeau se voit obligé de remonter à travers les siècles et de rechercher des documents chez les notaires et dans les archives communales et départementales pour instruire un procès en apparence banal.

 

 

 

Ouest-Éclair du 22 février 1935 - Page 10

 

 

Pour la reprise des exportations

 

M. Lepeer, courtier maritime, fera une conférence à la mairie de Cherrueix le dimanche 3 mars à 14 h. 30 sur la possibilité de la reprise de l'exportation des pommes de terre.

 

 

 

Ouest-Éclair du 8 mars 1935 - Page 10

 

 

Conférences agricoles

 

Une réunion de cultivateurs de cette commune a eu lieu dimanche dernier, sous la présidence de M. F. Lemonnier, maire.

Au cours de cette réunion, M. G. Lepeer fit une intéressante et vivante causerie sur l'avenir du commerce des pommes de terre.

Un syndicat a été formé, dont le bureau est constitué ainsi président : M. F. Lemonnier maire ; vice-présidents : MM. J. Charpentier et Barbé ; secrétaire-trésorier, L. Chauvel.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 mars 1935 - Page 11

 

 

Sur opposition

 

Louis Jarnouen 25 ans, charpentier, fait opposition à un jugement le condamnant à 8 jours pour avoir outragé les gendarmes dans la soirée du 24 janvier dernier. Il s'excuse de son absence.

M. le substitut Lehuérou-Kérisel compte sur le tribunal pour montrer au prévenu qu'il a eu tort. M. le bâtonnier Martin plaide avec humour et réduit, dit-il, cette petite affaire à ses justes proportions, indiquant au passage que son client avait eu le tort de boire un coup.

 

 

 

Ouest-Éclair du  17 mars 1935 - Page 11

 

 

Chez les blessés du poumon

 

La section des Blessés du Poumon et Chirurgicaux de Rennes et d'Ille-et-Vilaine a le regret de faire part du décès de M. Fortin Mathurin décédé à Cherrueix.

Ses obsèques auront lieu lundi à 10 heures, en l'église de Cherrueix (I-et-V.) sa paroisse.

Que la famille de notre regretté camarade veuille bien trouver l'expression de nos condoléances attristées.

L'AMICALE

 

 

 

Ouest-Éclair du  16 avril 1935 - Page 8

 

 

Mordu par sa femme

 

Une discussion ayant éclaté ces jours derniers entre M. Auguste Dioré, ancien marin, demeurant au village de La Larronnière, commune de Cherrueix, et sa femme, cette dernière, à bout d'arguments, mordit cruellement son mari au majeur de la main droite.

 

 

 

Ouest-Éclair du 7 mai 1935 - Page 7

 

 

Résultat des élections municipales

 

Inscrits, 385 ; majorité, 159.

Sont élus MM. Lemonnier François, 231 ; Letannoux Eugène, 210 ; Ame François, 203 ; Beaudouin Placide, 202 ; Plainfossé Émile, 199 ; Chapdelaine François, 190 ; Bain, 186 ; Barbé Isidore, 179 ; James Auguste, 178 ; Haudebert, 178 ; Ame Alphonse, 175 ; Taillebois Edouard, 165 ; Vallée Henri, 165.

Ont obtenu MM. Lecharpentier Julien, 145 ; Peltier Pierre, 133.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 mai 1935 - Page 8

 

 

Au patronage

 

Dimanche 12 mai, à 3 h ½ et à 7 h ¾, aura lieu au patronage une très intéressante séance de cinéma sonore et parlant. Au programme Le Rêve, le film touchant et sentimental de Baroncelli, interprété par Simone Genevois, Jaque Catelain, Germaine Dormoz et Le Bargy.

 

Et pour terminer des actualités et un comique.

 

 

 

Ouest-Éclair du 14 mai 1935 - Page 5

 

 

Scrutin de ballottage

 

Inscrits 385 ; votants 304.

Ont été élus : MM. Dory Louis, 137 voix ; Lesénéchal Louis, 122 ; Chappé François, 116.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 mai 1935 - Page 9

 

 

Élection du maire

 

M. François Lemonnier, maire sortant, a été réélu. M. François Ame, du Han, a été élu adjoint, en remplacement de M François Blin, qui ne se représentait pas.

 

 

 

Ouest-Éclair du 29 juin 1935 - Page 10

 

 

Mauvais voisinage

 

Mme Marie-Josèphe Lanzéré, épouse Urphéant, demeurant au village de La Larronnière, en Cherrueix a porté plainte à la gendarmerie de Dol contre deux de ses voisines, les dames veuves B. qu'elle accuse de lui avoir porté des coups, ce que ces dernières nient formellement.

A l'appui de sa plainte, Mme Urphéant a déposé un certificat médical constatant les coups reçus.

 

 

 

Ouest-Éclair du 30 juin 1935 - Page 6

 

 

Obsèques

 

Vous êtes prié d'assister au convoi et à la messe d'enterrement de :

 

Monsieur François Blin

Ancien entrepreneur, décédé en sa demeure, au bourg, à l'âge de 58 ans,

 

qui auront lieu en l'église de Cherrueix le mardi 2 Juillet à 10 heures, heure ancienne. On se réunira à la maison mortuaire à 9 h 45. L'inhumation aura lieu au cimetière de Cherrueix.

De la part de Mme veuve François Blin, son épouse; M. et Mme André Blin et leur fils, des familles Blin, Estique, Prioul, Maillard, Auscher, Taillebois, neveux et nièces, et de toute la famille.

Le présent avis tient lieu de faire-part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 30 juin 1935 - Page 12

 

 

Les petits fougerais à Cherrueix

 

Depuis huit années déjà a été créée la belle œuvre sociale des colonies de vacances des écoles de Fougères, par les dévoués Mme et M. H. Rebuffé. Près de 500 enfants ont défilé depuis lors sur les grèves larges et sûres de Cherrueix.

L'an passé on en envoyait cinquante-deux.

En 1935, les enfants pourront encore passer un mois dans le coin tranquille et animé d'air salin de la baie du Mont Saint-Michel.

 

 

 

Ouest-Éclair du 30 juin 1940 - Page 13

 

 

La fête communale

 

La grande fête communale de Cherrueix aura lieu le dimanche 11 août. Indépendamment de nombreuses attractions, diverses épreuves sportives sont organisées, notamment une course régionale de bicyclettes, dotée de 700 Francs de prix, sur le parcours Cherrueix, Dol, Le Vivier, à couvrir 4 fois; une course communale de bicyclette, un concours de tir à la carabine qui commencera le 14 juillet et continuera les 21, 28 juillet, 4 et 11 août.

 

 

 

Ouest-Éclair du 2 juillet 1935 - Page 10

 

 

La foudre tombe sur une ferme

 

Au cours du violent orage qui a éclaté sur la région doloise dans la nuit de dimanche à lundi, la foudre est tombée sur un bâtiment de la ferme de M. Joseph Lemarié, au village du Bois-Robin, en Cherrueix, endommageant très sérieusement la toiture, mais sans toutefois provoquer de commencement d'incendie.

Chose étrange, il a été impossible de trouver la trace de sortie du dangereux fluide.

Ajoutons que personne ne se trouvait dans le bâtiment au moment où la foudre s'abattit sur lui, autrement un très grave accident eût pu être à déplorer.

 

 

 

Ouest-Éclair du 16 juillet 1935 - Page 7

 

 

Où il est fait appel d'une ordonnance de 1544

 

Les faits, les voici :

De braves pêcheurs de Cherrueix eurent le malheur de ramasser des moules sur des piquets placés dans une zone dont MM. Lambert et Ménard revendiquent la propriété, se réclamant d'un héritage de père en fils et d'une ordonnance royale datant de 1544. Le Tribunal de Saint-Malo leur infligea une amende variant de 16 à 50 Francs. Me Hamet, qui se faisait hier l'avocat des prévenus, atteste de leur entière bonne foi; en conséquence, il demande un acquittement pur et simple de ses clients.

La Cour rendra son arrêt le 22 juillet.

 

 

 

Ouest-Éclair du 18 juillet 1935 - Page 9

 

 

Une terrible collision d'autos à Cherrueix

 

Un très grave accident s'est produit hier, dans la matinée, vers dix heures, au carrefour de l'Aumône, à quelques centaines de mètres du bourg de Cherrueix.

M. Olivier Pelé, marchand de porcs, demeurant aux Cours du Han, commune de Cherrueix, se dirigeait vers Dol, conduisant une torpédo commerciale, dans laquelle il se trouvait seul. Au moment où il allait aborder le carrefour de la route nationale 797, allant du Vivier à Saint-Broladre, il se trouva tout à coup en présence d'une voiture, conduite intérieure, venant de la direction du Vivier, qu'il n'avait sans doute pas aperçue, bien que la visibilité à cet endroit soit assez bonne.

Une très violente collision se produisit alors entre les deux véhicules. Abordée sur son côté gauche, à hauteur de la portière arrière, la conduite intérieure, au volant de laquelle se tenait M. Dauget, coiffeur à Monsecret (Orne), qu'accompagnaient deux dames, Mlles Olga Angelaire et Augustine Beekert, coiffeuses à Caen, fut projetée brutalement à une douzaine de mètres du point de choc, dans un champ au-delà d'un fossé bordant la route.

Au bruit épouvantable de la collision, les personnes se trouvant à la ferme de l'Aumône, exploitée par M. Maillard, à une cinquantaine de mètres du carrefour, se précipitèrent immédiatement et se rendirent compte de l'épouvantable accident.

Déjà, la torpédo de M. Olivier Pelé était en flammes et formait un inextricable enchevêtrement, et ce ne fut pas sans mal que M. Mary Maillard, fils, réussit à tirer l'occupant de l'intérieur du véhicule et à éteindre les flammes.

M. Maillard et les personnes qui l'accompagnaient, se précipitèrent aussitôt après vers l'autre voiture, de laquelle, par une portière arrachée par la violence du choc, une dame, projetée sur le bord de la route, gisait inanimée. On constata immédiatement que l'état de la malheureuse paraissait désespéré. Elle semblait, en effet, « littéralement brisée », selon l'expression des témoins. On sut qu'il s’agissait de Mlle Olga Angelaire, 37 ans, de Caen.

Un prêtre se trouvant dans un car, passant à ce moment, donna à la pauvre femme une absolution in extremis

Elle fut ensuite transportée avec précautions à la ferme de l'Aumône, où M. l'abbé Bruno, recteur de Cherrueix, vint lui donner l'extrême-onction. Mlle Lecrioul prodigua les soins les plus empressés à la malheureuse, en attendant l'arrivée du médecin, M. le docteur Mathieu, de Dol, que l'on avait fait prévenir.

Lorsque le praticien arriva, il se rendit compte immédiatement de l'extrême gravité de l'état de Mlle Angelaire et réclama d'urgence des ballons d'oxygène, que M. Gaston Beaulieu, entrepreneur de transports à Dol, qui se trouvait à passer, vint immédiatement chercher en automobile à Dol. Aussitôt après, sur l'avis du médecin, 1a malheureuse femme fut dirigée sur l'Hôpital général de St-Malo par les soins de M. Chappé, mécanicien Cherrueix, mais en cours de route Mlle Angelaire rendit le dernier soupir. On dut donc ramener le corps de l'infortunée vers Cherrueix d'où il fut ensuite dirigé vers Caen. Les deux autres occupantes de la conduite intérieure ont eu plusieurs ecchymoses et des plaies sur diverses parties du corps, mais elles ne présentent, fort heureusement, aucun caractère de gravité.

M. Olivier Pelé a eu, de son côté, la chance inouïe de s'en tirer avec une légère blessure au coude.

Quant aux deux voitures, elles ont été fort endommagées. La torpédo de M. Pelé, notamment, ne présente plus qu'un inextricable enchevêtrement de bois et de fers tordus. Elle est absolument irréparable.

La gendarmerie de Dol, aussitôt prévenue s'est rendue sur les lieux de l'accident où elle a procédé à une minutieuse enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 19 juillet 1937 - Page 10

 

 

Un cheval emballé

 

Hier matin, vers 9 h 30, M. Mary Maillard, agriculteur à la ferme de l'Aumône, en Cherrueix, était venu rapporter la vaisselle de la noce de son fils chez Mme Salé, épicière et marchande de vaisselle, rue Lejamptel.

M. Maillard avait attaché son cheval à une échelle, lorsque tout à coup l'animal s'effraya et s'emballa, entraînant dans un grand fracas la voiture à laquelle il était attelé et l'échelle qui le tenait attaché. Ce fut seulement au Pont de l'Archevêque, rue des Ponts, que le cheval s'arrêta après avoir parcouru près de 400 mètres.

Il n'y a eu, fort heureusement, aucun accident de personnes à déplorer.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 juillet 1935 - Page 9

 

 

Tribunal correctionnel / Entre voisines

 

Mme veuve Busson, née Delépine, se voit reprocher des coups et un bris de clôture.

Son avocat, Me Gasnier-Duparc estimant nécessaire l'audition du mari de la plaignante et s'étonnant de ce que celui-ci se porte partie-civile, demande le renvoi et dépose des conclusions dans ce sens.

Le ministère public s'y oppose.

Le tribunal décide de passer outre. Me Vaugru, avoué, demande 500 Francs de dommages-intérêts. M. le bâtonnier Douet soutient cette demande et expose la thèse de sa cliente.

Me Gasnier-Duparc après avoir indiqué que les menaces dont se plaint Mme Urphéant n'ont pas été retenues assure que c'est la jalousie de celle-ci qui a provoqué la scène. Son mari étant resté quelque temps chez leur voisine, elle aurait pris celle-ci à partie et aurait placardé des injures sur sa porte.

A huitaine pour jugement.

 

 

 

Ouest-Éclair du 23 juillet 1935 - Page 7

 

 

A la Cour d'Appel de Rennes /

Arrêt dans une affaire de soustraction de moules

 

On se souvient que la Cour, par arrêt du 11 décembre 1934, nommait un expert pour établir les droits de MM. Lambert et Médard, mytiliculteurs à Cherrueix, sur certains parcs où ils se plaignaient de déprédations commises, entre autres par M. Délépine. Ces messieurs se fondaient sur des autorisations précédentes, séculaires même. Mais ils n'ont pu prouver que leurs ayants droit eussent possession d'état lors de l'édit royal de 1544. Les pêcheurs à pied peuvent donc en toute sécurité s'approvisionner sur les murs des parcs.

Le même arrêt concerne les sieurs Jamois, Le Bled et Chevalier.

 

 

 

Ouest-Éclair du 2 août 1935 - Page 7

 

 

60 petits fougerais partent en colonies de vacances à Cherrueix

 

Une nouvelle fois c'est la septième année la société des colonies de vacances de Fougères accomplissait le beau geste devenu rituel de l'embarquement de petits colons pour le coin marin de Cherrueix.

Mme et M. Rebuffé, maire, qui ont créé cette œuvre humanitaire et continuent d'en être les affectueux animateurs, présidaient hier aux trois départs des écoliers et écolières.

Ils étaient soixante que successivement les cars mis obligeamment à la disposition des organisateurs par M Collyer, de Saint-Malo, enlevèrent place Carnot, aux embrassades des parents.

Un joyeux mois de plein air et de santé s'ouvre pour ces garçonnets et fillettes un mois exempt de préoccupation pour nos ménages ouvriers fougerais qui savent la sécurité des grèves et du bourg de Cherrueix.

Une consigne a été donnée aux partants  « Revenez bronzés et fortifiés ». Les fiches des années passées indiquent que la moyenne des enfants a obtenu en un mois un accroissement de poids de deux kilos et demi.

C'est tout à la louange des cuisiniers et de l'atmosphère de la Baie, et surtout des dévoués membres de la Société des Colonies.

 

 

 

Ouest-Éclair du 4 août 1935 - Page 12

 

 

Cherrueix / Grande fête populaire

 

C'est dimanche prochain qu'aura lieu la grande fête annuelle de Cherrueix, sous la présidence de M. Lemonnier, maire de Cherrueix et avec le concours de la Musique Municipale de Dol et du Boxing-Club de Fougères.

Voici le programme de la journée :

  • A 13 heures : Course communale de bicyclettes (25 kilomètres). Nombreux prix. Engagement 1 Franc.
  • A 14 h. 30 : Course régionale de bicyclettes, sous le contrôle de l'U. V. F. (80 kilomètres environ). 701 Francs de prix. Nombreuses primes. Les engagements sont reçus chez M. Chappé, mécanicien au bourg, ou chez M. Jean Letannoux, secrétaire du Comité des Fêtes.
  • Tout l'après-midi, jeux divers; concerts par la Musique Municipale de Dol; grande fête foraine.
  • A 20 h. 30 : Retraite aux flambeaux.
  • A 21 heures : grands combats de boxe et de lutte organisés par le Boxing-Club Fougerais, 3 combats de 4 rounds de 2 minutes; deux matches de lutte en deux manches de 10 minutes.
  • Concours de tir à la carabine ouvert dès aujourd'hui. Nombreux prix.

 

 

 

Ouest-Éclair du 9 août 1935 - Page 11

 

 

Grave accident de travail

 

Hier dans la matinée, vers 10 h. 30, M. Lemonnier, négociant et agriculteur, demeurant à La Larronnière en Cherrueix et maire de cette commune, se préparait à faire un chargement de récoltes, quand au moment où il sortait avec sa charrette attelée, le cheval fit un brusque écart et M. Lemonnier qui se tenait près de l’animal, reçut dans le côté l'extrémité de l'un des timons de la charrette et fut coincé contre le mur voisin.

Sérieusement blessé, M. Lemonnier reçut les soins des personnes présentes.

Un médecin fut immédiatement appelé et constata l'enfoncement de plusieurs côtes.

L'état de M. Lemonnier paraîtrait assez grave. Nous espérons cependant qu'aucune complication sérieuse ne se produira et nous formons des vœux bien sincères pour le prompt rétablissement du blessé.

 

 

 

Ouest-Éclair du 20 août 1935 - Page 6

 

 

Avec les petits colons fougerais à Cherrueix

 

Les colonies de vacances de la ville de Fougères viennent d'avoir leurs dix ans. L'âge critique, pour elles, est passé, et elles s'achemineront vers leurs noces d'argent et d'or, escortées de toujours plus de petits Fougerais et Fougeraises qui lui doivent leurs bonnes joues rondes.

La société avait, il est vrai, trouvé autour de son berceau mieux que des parrain et marraine avec Mme et M. Rebuffé, aujourd'hui maire de Fougères.

Plus qu'à tout éloge qui peut paraître vain quand on unit le bien à la simplicité je les sais sensibles à cette joie des petits fougerais surpris parmi leurs ébats sur la grève, et qui fuse en éclats primesautiers : « Tu vas bien ? Tu te plais bien ? Oh oui alors ! ».

Et comment en serait-il autrement ? Intentionnellement il a été fait choix de ce village côtier de Cherrueix, à la grève ample et sûre, envahie de soleil et d'atmosphère tonifiante. La bourgade est devenue comme le faubourg de Fougères. Dans chaque foyer les colons sont répartis quatre par maison cette année.

Le plaisir de les accueillir n'est pas dissimulé. Et, dans ces villages essaimés tout le long de la côte, et composant la commune. On s'enquiert près des organisateurs : «Y en aura-t-il pour nous cette année ?».

La colonie, avec ses soixante enfants ne demande qu'à grandir : elle a pour elle l'espace. Mais, ferme en dépit des crises, croissant quand même,elle ne peut encore accueillir tous ses postulants !

C'est le seul regret de ceux qui s'y dévouent.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 août 1935 - Page 7

 

 

Avec les petits colons fougerais à Cherrueix

 

(Suite)

Ils sont partis un beau matin de 1er août, animant de leurs vivats les trois grands cars que M. Collyer, de Saint-Malo, met à la disposition des organisateurs.

Le voyage rapide et direct donne à évoquer les « temps héroïques de 1926 ». Sautés du train à Dol, les colons - ils étaient de 30 à 40 en ces débuts - gagnaient Cherrueix à pied, après une halte à la « Croix-aux-Herbes ». Cette année, sous la conduite vigilante de l'ami René Triguel et de Mlle Bourcier, ils ont, un jour de promenade, refait les sept kilomètres pour la grimpée du Mont-Dol. En guise de rappel des vieux souvenirs.

Mais la presque unanimité des jours les voit se groupant le matin à l'école, puis défilant par le bourg et évoluant sur la grève.

L'heure des repas les essaime à travers les braves maisons hospitalières parfumées d'une senteur de ragoût plantureux ou de fricassée.

Papa et maman profitent d'un beau dimanche pour venir bonjourer les bambins.

Mais aujourd'hui, c'est grande liesse. Mme et M. Rebuffé sont venus : on sait que toujours les accompagnent des pochettes de bonbons, des boites de gâteaux et, pour corser la collation - une vraie dînette aux volumineuses tartines - un quart de « pinard ». « Il y aura peut-être même du rab ! »

Cependant que les fillettes œuvrent des forts, des jardinets de sable sur lesquels se dessinent en profils des coques, des Pitche, des Mickey.

L'atmosphère familiale s'est recomposée aussitôt dans ce coin de la côte, et elle s’ajoute à la douceur de cette époque de vacances.

A tous ces enfants de nos ménage ouvriers le mois aura semblé bien vite coulé, tonifiant et vivificateur. La classe les reprendra ; puis le travail et... la vie !

Mais ils auront dans leur mémoire ce joli coin ensoleillé : « Tu te rappelles …dans le temps … à Cherrueix ! ».

 

 

 

Ouest-Éclair du 5 septembre 1935 - Page 7

 

 

Réunion du Conseil Municipal

 

Le Conseil Municipal de Cherrueix s'est réuni dimanche dernier sous la présidence de M. François Ame, adjoint, en l'absence de M. Lemonnier maire, malade. M. Emile Plainfossé fut nommé secrétaire de séance.

Le président donna connaissance à l'assemblée du plan et du devis établis par M. l'agent-voyer concernant le bourg et l'aménagement du vieux cimetière, près l'église, en place publique.

Le Conseil, après maintes observations sur ce sujet, a adopté le devis de M. l'agent-voyer, lequel prévoit pour les divers travaux envisagés une dépense de 53.000 Francs environ.

Dans cette même séance, le Conseil a rejeté une demande écrite formulée par M. Dove tendant à la construction, à la charge de la commune, d'une canalisation souterraine devant sa propriété bordant le chemin vicinal n° 82.

Certaines demandes ayant été formulées pour la nomination de commissions, le Conseil décida d'en reprendre l'examen lors d'une prochaine réunion de l'assemblée.

Le Conseil décida enfin la construction par adjudication d'un puits avec pompe dans le nouveau cimetière.

 

 

 

Ouest-Éclair du  8 octobre 1935 - Page 8

 

 

Conseil Municipal

 

Le Conseil municipal s'est réuni dimanche matin sous la présidence de M. Lemonnier, maire.

Tous les conseillers étaient présents à l'exception de M. Blin. Le Conseil, après avoir statué sur différentes demandes d'assistance étudia les diverses questions inscrites à l'ordre du jour.

M. le Maire donna connaissance au Conseil d'une note-circulaire émanant de M. l'Agent-voyer et ayant trait à l’emprunt destiné à couvrir les crédits nécessaires à l'enlèvement du vieux cimetière et à sa transformation en place publique. Les devis et charges s'élèvent à la somme de 38.000 Francs environ, y compris les 3.000 Francs empruntés antérieurement à des particuliers.

Pour faire face à cette dépense, le Conseil décida d'ajouter aux 20.000 Francs déjà votés antérieurement 11.000 Francs qui seront pris sur le reliquat de l'électricité, pour lesquels une demande de conversion sera faite à M. le Préfet ; 3.000 Francs restant disponibles sur l'exercice 1935 et 3.400 Francs restant à emprunter au Crédit Foncier ou à une autre banque.

Le Conseil décida, en outre, de procéder par soumission cachetée à l'achat de charbon pour les écoles publiques au titre de l'exercice 1935-1936. MM. Chappé et Lesénéchal, reprenant des propositions antérieures, demandèrent la nomination d'une commission des finances communales.

M. le Maire ayant mis aux voix par bulletin secret la demande de MM. Chappé et Lesénéchal, celle-ci fut rejetée par 13 voix contre 2.

Diverses autres questions furent posées par certains membres de l'assemblée, notamment celles ayant trait à une nouvelle adjudication pour le port des dépêches, celle relative à la police du bourg et celle concernant la vente de quelques parcelles du domaine public communal.

Aucune décision ne fut prise à ces divers sujets qui feront l'objet d'un examen ultérieur.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 octobre 1935 - Page 7

 

 

Colonies de vacances

 

Entrant dans sa dixième année d'existence, la société des Colonies de Vacances des écoles de Fougères a donné la joie à des centaines d'enfants sans distinction d'école parce que toute l'enfance lui est également chère. A l'air vivifiant de la mer, garçons et fillettes qu'elle envoie au nombre d'une soixantaine chaque année pendant un mois, développent leurs petits poumons, fortifient leurs muscles et c'est toujours avec un accroissement sensible de poids et une mine qui respire la pleine santé qu'ils nous reviennent de Cherrueix.

Il faut donc continuer cette œuvre éminemment sociale, utile au premier chef.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 octobre 1935 - Page 7

 

 

Un accident mortel

 

M. Pelé Olivier, commerçant à Cherrueix, circulant en camionnette, le 17 Juillet dernier, abordait, au carrefour de l'Aumône, une voiture conduite par M. Dauge, coiffeur à Caen.

Le choc fut terrible, et Mlle Hauzeler, coiffeuse à Caen, fut tuée sur le coup. De ce fait, M. Pelé est poursuivi pour homicide par imprudence. La victime de l'accident laissait un jeune enfant. Au nom de ce dernier, Me Beslier, avocat à Caen réclame 250.000 Francs de dommages-intérêts.

Me Le Plénier, défenseur de M Pelé discute ce chiffre qu'il trouve exagéré. Le Tribunal condamne M. Pelé à 8 jours de prison avec sursis, deux amendes de 100 et 5 Francs, plus 70.000 Francs de dommages-intérêts, à convertir en rentes sur l'État.

 

 

 

Ouest-Éclair du 23 octobre 1935 - Page 9

 

 

Impôts

 

L'impôt sur le chiffre d'affaires, la taxe d'abatage, la taxe au poids et à l'encombrement et la taxe sur les remorques seront perçus dans les communes ci- après aux dates suivantes :

Cherrueix, à la Recette Buraliste, jeudi 7 novembre, de 9 heures à 10 heures (observation étant faite que tous les meublés devront acquitter l'impôt).

 

 

 

Ouest-Éclair du 29 décembre 1935 - Page 6

 

 

Goudronnage des routes

 

Les routes à éviter

Les conducteurs de voitures automobiles et attelées sont informés que le service vicinal procédera du 30 décembre au samedi 4 janvier aux rechargements et goudronnages des parties de chemin désignées ci-après :

Chemin n° 85, entre Cherrueix et Baguer-Pican.

 

 

 

Ouest-Éclair du 6 janvier 1936 - Page 7

 

 

Les inondations dans le pays de Dol

 

M. Stourm, conseiller général, écrit au préfet

Après une légère amélioration de la situation constatée dans la matinée, une nouvelle hausse des eaux s'est produite hier soir en de nombreux endroits.

Ainsi que nous l'avons dit, les dégâts sont considérables dans toute la région doloise, aussi un grand nombre de sinistrés sont-ils intervenus pour solliciter l'aide des Pouvoirs publics. M. le commandant Stourm, conseiller général du canton de Dol et sénateur d'Ille-et-Vilaine, a adressé à M. le Préfet du département la lettre suivante :

 

Monsieur le Préfet,

Dans les communes du canton : Cherrueix, Mont-Dol, Baguer-Pican et Roz-Landrieux, la situation est, en certains endroits angoissante. « J'ai l'honneur de vous demander de vouloir bien, après enquête, faire accorder aux sinistrés des indemnités aussi élevées que possible et de vous prier également de vouloir bien me faire savoir quelles mesures le service des Ponts et Chaussées compte prendre immédiatement pour parer à cette situation, ainsi que les travaux indispensables qu'il compte entreprendre pour éviter dans l'avenir, le retour de semblables calamités ».

 

 

 

Ouest-Éclair du 8 janvier 1936 - Page 8

 

 

Inondations (suite)

 

Le chemin de grande communication de Dol à Cherrueix est recouvert sur plusieurs centaines de mètres par une nappe d'eau atteignant près d'un mètre en certains endroits et cela, dès la sortie de Dol, au bas de la côte du Roquet. Les communications entre Dol et Cherrueix sont totalement interrompues sur cette route. Elles doivent nécessairement s'effectuer par la grande route nationale de Dol au Vivier-sur-Mer, obligeant ainsi les usagers à une augmentation d'itinéraire de cinq kilomètres.

En outre, un très grand nombre de fermes de la région immédiate se trouvent absolument cernées par les eaux et leur ravitaillement devient aussi difficile que pénible. Ce ravitaillement est assuré, soit au moyen de doris, soit au moyen d'attelages où les chevaux ont de l'eau jusqu'au ventre, ne réussissant à avancer qu'au prix de terribles efforts.

A Cherrueix même, les villages avoisinant le canal de la Banche, sont presque complètement submergés en différents points. Il en est ainsi notamment aux lieux-dits sur le Biez et au hameau de la Croix-Galliot.

 

 

 

Ouest-Éclair du 26 janvier 1936 - Page 11

 

 

Une affaire de mœurs

 

A la suite d'une enquête ouverte sur dénonciation anonyme, la gendarmerie a procédé à l'arrestation de Robert Belliard, 36 ans, domestique agricole, qui s'était rendu coupable de plusieurs attentats aux mœurs, au lieu-dit La Larronnière, en Cherrueix. Déféré au Parquet, Belliard a été écroué après interrogatoire de M. Buffandeau, juge d'instruction.

 

 

 

Ouest-Éclair du 26 janvier 1936 - Page 11

 

 

Digues et marais

Une importante réunion du Conseil administratif du syndicat

 

Un plan d'ensemble a été adopté.

Le Conseil administratif des Digues et Marais a tenu hier matin, à la mairie de Dol, une importante réunion, au cours de laquelle ont été prises des décisions intéressantes. M. Charles La Chambre, président du Syndicat des Digues et Marais, présidait cette séance, à laquelle assistaient M. Dumont, sous-préfet de Vitré ; MM. Stourm, sénateur d'Ille-et-Vilaine ; Guernier, Guy La Chambre, député ; Dupays, ingénieur en chef du Génie rural ; Pascal, ingénieur des Ponts et Chaussées à Saint-Malo ; Campion, ingénieur du Service vicinal, syndic ; Goblet, conseiller d'arrondissement, maire de Saint-Broladre ; Compagnon, maire de Dol; etc.

M. Charles La Chambre fait un exposé dans lequel il énumère les derniers travaux d'entretien exécutés par le Syndicat et les projets dont l'exécution a été étudiée et pour la réalisation desquels des subventions ont été demandées. Il s'agit en l'occurrence de l'élargissement du pont des Routis et du détournement des eaux de la Banche dans le vieux lit du Couesnon. Ce projet était, du reste, la réalisation du vœu de M. Goblet, adopté par le Conseil d'arrondissement dans sa séance du 18 novembre 1935.

M. l'abbé Descottes montra ensuite que dans l'état actuel des choses, le Guyoul ne servait nullement à l'écoulement des eaux du marais et demanda que l'Etat prenne en charge l'aménagement de cette rivière.

M. Stourm émit des doutes sur la recevabilité d'une pareille demande. Et M. Guy La Chambre confirma ce point de vue. M. Charles Guernier intervint alors pour expliquer, qu'en droit, les fonds inférieurs sont tenus de recevoir les eaux des fonds supérieurs, que toutefois cet écoulement a pour effet de créer, au détriment des fonds inférieurs, un trouble de jouissance et que, par conséquent, un règlement peut être demandé par autorité de justice à défaut d'un accord amiable entre les propriétaires des fonds supérieurs et des fonds inférieurs.

M. Guy La Chambre souligne alors la nécessité de procéder à une étude d'ensemble du problème à résoudre et d'inventorier les besoins et les solutions, en distinguant parmi ces dernières celles qui requièrent l'intervention des parlementaires.

M. La Chambre, père, président du Syndicat, fait alors connaître qu'un programme approuvé par l'assemblée générale du Syndicat, dont l'exécution se chiffrerait par une dépense de 96.000 Francs, et dont il a exposé l'économie, est actuellement soumis l'approbation de l'autorité administrative.

M. Pascal fait connaître que les dernières pièces nécessaires à l'établissement de ce projet viennent seulement de lui être adressées par le Syndic. Finalement, le Conseil administratif décide de demander l'intervention des Parlementaires à l'appui.

  • 1° d'une demande de secours d'extrême urgence au Ministère de l'Intérieur, au titre des calamités publiques, pour la remise en état des ouvrages du Syndicat ;
  • 2° d'une demande de subvention par priorité en faveur du projet présenté par le Syndicat ;
  • 3° d'envisager enfin une solution d'ensemble au problème du dénoiement des marais.

La question est, pour la région, d'un intérêt capital. Aussi avons-nous envisagé de poursuivre l'enquête que nous avons commencée sur ce sujet.

 

 

 

Ouest-Éclair du 15 février 1936 - Page 7

 

 

Fougères / La soirée dansante au profit des colonies de vacances

 

Le temps n'est pas encore si éloigné où de pleins et sonores autocars emmenaient vers Cherrueix, sa grève et ses pêcheries le joyeux contingent de nos petits Fougerais.

Et, le temps n'est point davantage éloigné où d'autres cars porteront, l'été revenu, d'autres enfants de chez nous, à la rencontre de l'air marin.

Dans le dessein de grossir toujours plus le nombre des heureux bénéficiaires de ce mois de santé car, tant qu'il y aura une place libre dans une maison de Cherrueix ce sera pour un petit Fougerais. Les dévoués dirigeants de la Société des Colonies de Vacances ont décidé d'organiser la belle soirée d'aujourd'hui.

Nos compatriotes répondront en grand nombre à cette invite d'être aimablement charitables.

 

 

 

Ouest-Éclair du 17 février 1936 - Page 7

 

 

Acharné à mourir

 

M. Gérard, dit Chocolat, marchand de poisson à Cherrueix, à La Laronnière, a voulu s'empoisonner au cours de la journée d'hier. Comme la mort ne venait pas assez tôt à son gré, le désespéré s'est alors tiré un coup de revolver dans la tempe.

Le docteur Rolland, de Dol, appelé à lui donner ses soins l'a fait transporter d'urgence dans une clinique de Rennes, où son état a été jugé grave.

M. Gérard est veuf et père de deux enfants.

On ignore des motifs de son geste désespéré.

 

 

 

Ouest-Éclair du 3 mai 1936 - Page 12

 

 

Tribunal correctionnel / Autour des pêcheries de Cherrueix

 

Deux affaires inscrites au rôle d'hier ramènent la question des pêcheries de la côte.

C'est tout d'abord Louis Galland, 26 ans, marin, Denis Guérin, 34 ans, électricien et René Lemonnier, 19 ans, marin, qui sont prévenus de vol de poisson.

Le dernier nommé ne comparait pas. Guérin est en outre poursuivi pour infraction au règlement de la navigation maritime.

On entend les témoins.

Guérin, retenu comme instigateur du coup, écope de un mois de prison et 25 Francs d'amende. Les deux autres s'en tirent avec 15 jours. Ce sont ensuite Victor Gaudin, pêcheur, déjà condamné pour fait analogue ; Jean Leblay, François Bernard, Eugène Le Festu, Jean Jamet, Denis Guérin, Pierre Billon et Joseph Pelle, ce dernier faisant défaut qui répondent du fait de vol de moules. Les faits sont reconnus.

Cependant, les prévenus continuent à prétendre qu'ils n'ont pas volé. En effet, disent-ils, les pêcheries n'appartiennent à personne, et ils font état d'une opinion autorisée. Par l'organe de Me Jean, avoué, et de Me Georgel, avocat à la Cour de Rennes, les plaignants, propriétaires de pêcheries, constitués en syndicat, déposent des conclusions.

Me Georgel, développant ces conclusions, affirme les titres de ses mandants. M. le bâtonnier Martin est au banc de la défense. Il déclare que la partie adverse n'a pas apporté la preuve de sa propriété, non plus que la justification du syndicat constitué. Il ajoute que les plaignants n'ont en tout cas pas sollicité de l'administration l'autorisation de se livrer à la culture des moules et que ses clients ont cru pouvoir se fier à un entrefilet paru dans un journal.

Me Georgel réplique en quelques mots indiquant que ses mandants n'avaient pas à demander cette autorisation, les pêcheries leur appartenant.

Le jugement sera rendu le 6 juin.

 

 

 

Ouest-Éclair du 22 mai 1936 - Page 11

 

 

Un enfant de deux ans se jette contre une auto. Il est mortellement blessé

 

Mercredi soir, vers 19 h 15 un très grave accident qui devait avoir des conséquences mortelles, s'est produit au village de la Croix-Lagrise en la commune de Cherrueix, dans les circonstances suivantes :

Un enfant de deux ans, le petit Jean Gaudin dont les parents habitent le village de la Croix-Lagrise s'amusait sur un tas de sable près du mur du café Jean Simon. En face et de l'autre côté de la route, plusieurs autres enfants jouaient également. Il était alors 19 h 15.

A ce moment arrivait une automobile, conduite par un commerçant dolois, venant de la route de Baguer-Pican et se dirigeant vers Cherrueix. Alors qu'il parvenait au tournant de la route, à une quarantaine de mètres du lieu où jouaient les enfants, l'automobiliste actionna son appareil avertisseur et continua sa route.

Mais, ayant entendu le klaxon de l'auto, le petit Jean Gaudin voulut traverser la route pour rejoindre ses camarades.

Le conducteur prévoyant le danger couru par l'enfant, freina et obliqua à gauche, de façon cependant à ne pas atteindre les autres enfants. Il s'arrêta sur une distance très réduite. Malheureusement, le bambin qui courait en se couvrant les yeux se jeta sur le côté de l'auto avant son arrêt complet.

Relevé inanimé, mais avec des blessures qui paraissaient seulement superficielles, l'infortuné bambin fut transporté chez ses parents où M. le docteur d'Arlac, du Vivier-sur-Mer, appelé aussitôt, vint lui donner des soins et constata une grave commotion. Toutefois, le praticien semblait d'abord ne pas redouter une issue fatale. Malheureusement, et malgré tous les soins qui lui furent prodigués le pauvre petit Jean rendait le dernier soupir deux heures plus tard.

Une enquête fut immédiatement ouverte par la gendarmerie de Dol, avisée.

Nous prions les parents, en cette cruelle circonstance, d'agréer l'assurance de nos plus sincères condoléances.

 

 

 

Ouest-Éclair du 12 juin 1936 - Page 10

 

 

Frères ennemis

 

M. Lucien Ménard, cultivateur et pêcheur, demeurant au village de Sainte-Anne, commune de Cherrueix, passait dernièrement devant la maison de son frère, Eugène, également cultivateur habitant le même village, avec lequel il est en mauvais termes depuis un certain temps.

Sans aucune provocation de la part de Lucien, Eugène se jeta sur lui et le frappa brutalement, le faisant tomber à terre.

Plainte a été portée à la gendarmerie de Dol qui a ouvert une enquête. Ajoutons que Lucien Ménard a retiré un certificat médical constatant les coups reçus et concluant à une incapacité de travail de 15 jours.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 juin 1936 - Page 11

 

 

Tribunal correctionnel

 

Jean Guérin, originaire de Cherrueix, condamné par défaut pour coups à sa femme, fait opposition. La scène s'était passée le soir du 5 mai. Guérin prétend n'avoir pas frappé sa femme.

Après plaidoirie de Me Osier, le tribunal renvoie l'affaire à huitaine pour audition de témoins.

 

 

 

Ouest-Éclair du 28 juin 1936 - Page 12

 

 

Détournement d'objets saisis

 

Les époux Marquet, marchands de bestiaux à Cherrueix, comparaissent pour détournement d'objets saisis. Ils ont déjà été condamnés pour outrages envers huissier et menaces de mort. On entend le témoin qui a constaté la disparition de certains objets. Marquet prétend qu'il ignorait la saisie dont il était l'objet et qu'il a rendu à chacun ce qui lui appartenait. M. le substitut Lehuérou Kérisel requiert condamnation sévère. Sa rigueur est moindre en ce qui concerne Mme Marquet.

Me Le Plénier déclare que son client a accepté une succession lourde, geste dont on devrait lui tenir compte. Il excuse son attitude par les difficultés qu'il a connues depuis plusieurs années. Sur les faits reprochés. Me Le Plénier fournit des explications détaillées tendant à démontrer qu'il n'y a pas eu détournement. Et il fait appel, pour finir, à l'indulgence des jurés.

En ce qui concerne Mme Marquet, le défenseur demande l'acquittement.

Jugement au 11 juillet.

 

 

 

Ouest-Éclair du 4 août 1936 - Page 6

 

 

Fougères / Le départ des petits colons pour Cherrueix

 

« Les voyageurs pour Cherrueix, en voiture ! »

Et deux wagons se remplirent de garçonnets et fillettes embarrassés de valises et de baluchons. Ils sont quatre-vingt-dix à prendre, cette année, le départ vers la grève montoise, les pêcheries et l'air tonifiant.

Ça faisait, sur le quai, quatre-vingt-dix couples fougerais attendris et émus plus que leurs enfants, précipitant avant le coup de sifflet de M. Denis, les ultimes recommandations pour le petit voyage et le séjour d'un mois.

Mme et M. Rebusé avaient fait l'appel de leurs petits colons : nul ne s'était dérobé. L'étape Fougères-Cherrueix ne connaît pas les abandons. C'est donc un convoi joyeux qui nous a quitté pour un mois (souhaitons-le de tout cœur) du beau soleil.

 

Usines muettes

Si les papas et les mamans se rencontraient si nombreux à l'envol des colons, c'est que ce lundi marquait l'ouverture des congés pour eux-mêmes. La cité a pris, de ce fait, un aspect tout drôlet. Les usines de chaussures sont au repos pour quinze jours.

 

 

 

Ouest-Éclair du 5 août 1936 - Page 9

 

 

Chiffre d'affaires

 

L'impôt sur le chiffre d'affaires, la taxe d'abattage, les droits de fabrication de cidre par les débitants et la taxe sur les remorques seront perçus à la recette buraliste de Cherrueix demain jeudi, de 9 heures à 10 heures (heure légale).

 

 

 

Ouest-Éclair du 27 septembre 1936 - Page 11

 

 

Obsèques

 

Vous êtes prié d'assister au convoi et à la messe d'enterrement, qui auront lieu le lundi 28 septembre 1936, à 10 heures du matin (heure ancienne), en l'église paroissiale de Cherrueix pour le repos et salut éternel de l'âme de :

 

Mademoiselle Victorine BEAUDOUIN

En religion Sœur MARIE-VICTOIRE

décédée chez ses parents, à Cherrueix, dans sa 40ème année, munie des sacrements de l'Église.

 

Priez Dieu pour Elle.

On se réunira à la Maison Mortuaire à 9 h 45.

De la part de M. et Mme Beaudouin, ses père et mère ; M. et M. Morin, et leur fille, M. et M. Melgné, et leur fille, ses sœurs, frères et nièces : M. et Mme Placide Beaudouin, et leurs enfants ; M. et Mme Victor Beaudouin, et leurs enfants ; Mme veuve Meigné, Mme veuve Carré, ses tantes ; la Supérieure et des sœurs de la Communauté des Chênes, et de toute la famille.

Le présent avis tient lieu de faire-part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 30 décembre 1936 - Page 10

 

 

La fête des écoles publiques

 

La fête des écoles publiques de Cherrueix a eu lieu dimanche dernier 26 décembre, dans la salle de l'école des filles, aménagée pour la circonstance mais toujours trop petite pour contenir la foule de parents et d'amis qui se pressaient pour venir applaudir les enfants. Elle a, comme les années précédentes remporté le plus grand succès et les organisateurs ont droit à toutes nos félicitations.

Après un chant « Barcarolle» exécuté par les grandes filles, les « Petits jardiniers » nous montrèrent qu'ils n'ignoraient rien de ce métier difficile. Les toutes petites mimèrent à ravir les « Poupées animées ». Les grandes élèves interprétèrent une opérette en un acte « Un thé chez Madame Grispoil ». Toutes révélèrent des qualités réelles de comédiennes.

Enfin, garçons et filles jouèrent et dansèrent dans une saynète « Les petits Marmousets». La colère du garde champêtre souleva les rires de l'assistance et la scène finale fut bissée.

A l'entr'acte, M. Besnard, directeur de l'école publique des garçons, remercia les organisateurs de cette fête, maîtres et maîtresse, dont on ne reconnaîtra jamais assez le mérite. Les membres de la Caisse des Ecoles qui se dévouent sans cesse pour le bien des écoliers, les généreux donateurs et enfin tous ceux qui par leurs offrandes ou leur travail ont contribué au succès de cette belle fête.

Puis ce fut la deuxième partie «Quatorze pompiers», sous la conduite d'un jeune mais énergique capitaine, défilèrent, musique en tête et manœuvrèrent la pompe avec beaucoup d'adresse. Les applaudissements ne leur manquèrent point.

Puis douze soubrettes, gracieuses à souhait, exécutèrent le « Ballet des joyeux balais». Enfin ce fut la pièce tant attendue et qui déchaîna le fou rire « Les Deux Réservistes ». L'adjudant et ses subordonnés, costumés comme avant-guerre, remportèrent un éclatant succès et il fut certainement mérité. La séance se continua par les évolutions de quinze gardes champêtres qui amusèrent beaucoup les spectateurs. Puis après le chœur final Noël arrive. Le père Noël fit son apparition. Il procéda à la distribution des jouets et des friandises tant attendus de nos enfants.

Le soir, un bal permit aux Cherrulais de clôturer dignement cette quatrième fête des écoles publiques. Jusqu'à une heure avancée de la nuit, des couples infatigables dansèrent joyeusement.

 

 

 

Ouest-Éclair du 26 janvier 1937 - Page 8

 

 

Cour d'Appel de Rennes / Pêcheries de moules
dans la baie du Mont Saint-Michel

 

Le Syndicat des pêcheurs et détenteurs de pêcheries du Mont Saint-Michel, dont le président est M. André Letertre, agissant ès-qualités, obtenait, à la date du 6 juin 1936, du Tribunal correctionnel de Saint-Malo, les condamnations à l'amende qui suivent contre les appelants, pour avoir cueilli des moules tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des panneaux de clayonnage, destinés par les syndiqués à la mytiliculture

1° - à 50 Francs d'amende Eugène Le Fustec, 34 ans, manœuvre à la Badiolais, en Saint-Benoît-des-Ondes et Denis Guérin, 34 ans, pécheur au bourg de Cherrueix.

2° - à 25 Francs d'amende Jean Leblay, 41 ans, pêcheur à la Croix-Lagrise, en Cherrueix ; François Bernard, 36 ans pêcheur à Saint-Broladre ; Jean Jarnet 34 ans, journalier chez M. Lessard, propriétaire rue de SaintMalo, à Cancale ; Joseph Pellé 37 ans marin pêcheur à Terrelabouët, en Cancale, et enfin Pierre Billon marchand de moules et de coques, au Grand-Bois, en Bazouges-la-Pérouze.

Pellé, Guérin et Leblay ont déjà été condamnés par le Tribunal correctionnel de Saint-Malo, en 1931 à 50 Francs d'amende avec sursis, pour vol de moules.

Les prévenus ont fait appel. Le 22 juillet 1935 un arrêt de la Cour de Rennes avait estimé que l'ordonnance de 1584, d'Henri III, régissant la matière, est muette sur le droit de pêcherie, à l'exclusivité de la pêche des moules, et avait acquitté des pêcheurs poursuivis dans les mêmes conditions.

Le motif de la poursuite actuelle a pour cause le fait par les prévenus d'avoir en un certain laps de temps, pris des moules au préjudice des syndiqués. Les prévenus font soutenir par Me Joubrel que les membres du Syndicat n'ont pas le droit de propriété, sur les pêcheries dont s'agit, et que, subsidiairement, ses clients ont été de bonne foi croyant en avoir le droit.

Me Georcel, développant les conclusions de Me Testard soutient les droits du Syndicat. Non seulement les concluants ont agi en propriétaires, en établissant et en entretenant des clayonnages, en les ensemençant de jeunes moules prises à Erquy avec autorisation de l'Administration mais encore, ils sont les ayants-droit d'une possession millénaire. Cela résulte d'actes collationnés par un distingué archéologue de Rennes : une donation de 1050, une enquête de 1181, des arrêts de 1732 et 1733, sans préjudice des ordonnances d'un caractère général de 1566 et de 1584, celle-ci déjà citée, d'autres actes plus récents, la loi du 15 août 1911, reconnaissant l'antériorité des pêcheries à 1566 et leur caractère de propriété privée. Me Georgel fait valoir que les pêcheries actuelles dont quelques terrains en forme de V ont été libérés de la mer, sont identifiables à celles dont il est question dans les actes antérieurs à 1584 et même à l'an 1000. Le 9 mai 1925, un arrêt ministériel donnait, aux propriétaires de parcs, à condition qu'ils fissent reconnaître leurs droits, la propriété des coquillages, tant de ceux accrochés au dehors qu'au dedans. De plus, les pêcheries sont soumises aux impôts, résultant des transmissions hypothèques, mutations immobilières. Si l'Administration de la Marine a hésité dans l'application des textes, il appert du rapport de M. l'Administrateur Bellemère et de la déposition de l'administrateur Vignoble, que cette Administration ne contesterait plus la propriété des Syndiqués. Le droit d'accession interdit de s'emparer des coquillages devenus une propriété en voie d'accession et d'occupation.

Les clayonnages sont assimilés, en principe, à des engins de pêche. Les prévenus, dit Me Georgel ont commis le même délit, en s'emparant des moules, que s'ils avaient pris du poisson dans les filets ou aux lignes de fond tendues par un pêcheur, même au cas où ces engins ne seraient pas réglementaires.

La Cour remet son arrêt au 22 février.

 

 

 

Ouest-Éclair du 23 février 1937 - Page 8

 

 

A la cour d'appel de Rennes / Les moules de la baie du Mont Saint-Michel

 

On se rappelle qu'en son audience du 25 janvier, la Cour avait remis à hier, 22 février, le prononcé de son arrêt dans le procès correctionnel, intenté par le Syndicat des Pêcheurs et Détenteurs de Pêcheries du Mont Saint-Michel aux prévenus ci-après dénommés. Le tribunal correctionnel de Saint-Malo les avait tous condamnés à des peines variant de 25 à 50 Francs d'amende. La Cour, estimant que le Syndicat n'est pas d'accord avec l'Administration maritime, relaxe purement et simplement les prévenus. Ce sont : MM. E. Le Fustec de Saint-Benoît-des-Ondes, Denis Guérin et Jean Leblay de Cherrueix ; François Bernard de Saint-Broladre, Jean Jarnet et Joseph Pellé de Cancale, Pierre Billon de Bazouges-la-Pérouse.

 

 

 

Ouest-Éclair du 7 mars 1937 - Page 11

 

 

Une bataille

 

Henri Cornuel, charretier à Cherrueix et Fernand Guillard, domestique, tous deux au service de M. Jean Lemonnier, répondant du double délit de coups et embarras de la voie publique. M. Lemonnier est cité comme civilement responsable de Guillard.

Le plaignant, M. Chappet, se constitue partie civile et demande, par l'organe de Me Pierre Laclotte, une somme de 500 Francs de dommages intérêts.

Après le défilé des témoins, celui-ci plaide et souligne l'odieux de l'agression commise contre son client. M. le bâtonnier Douet assure la défense des prévenus.

Il prétend que Chappet a sa part de responsabilité dans cette affaire, dont le patron de ses clients, M. Lemonnier, doit être mis hors de cause.

Il demande l'indulgence pour Cornuel et Guillard et discute la demande de la partie civile, celle-ci n'étant pas, dit-il, justifiée.

Le tribunal, après un assez long délibéré, condamne Guillard à 8 jours de prison, Cornuel à 6 jours, accorde 500 Francs à la partie civile et retient la responsabilité de M. Lemonnier.

 

 

Délit de chasse

 

Les mêmes Cornuel et Guillard, plus Louis Chistrel, 41 ans, marin, ont chassé en temps et avec engins prohibés.

Le fait est reconnu. Seul, Cornuel avait un permis de chasse.

M. le bâtonnier Douet souligne qu'il s'agissait de chasse aux oiseaux avec des bâtons et une lanterne de bicyclette. Au surplus, le délit n'a-t-il pas été consommé.

Le tribunal prononce une triple peine de 100 Francs d'amende. Chistrel bénéficie du sursis. Guillard devra remettre la lanterne ou verser 200 Francs.

Chistrel et Guillard acquitteront enfin le coût du permis de chasse.

 

 

 

Ouest-Éclair du 25 mars 1937 - Page 9

 

 

Au Conseil Municipal

 

Le Conseil municipal s'est réuni le dimanche 21 mars 1937, à 8 heures, sous la présidence de M. Lemonnier, maire.

Etaient absents MM. Chapdelaine, Haudebert, Vallée et Dory.

M. Plainfossé fut nommé secrétaire de séance.

Après lecture du procès-verbal de la séance précédente, qui fut adopté sans observations, le Conseil fut appelé à statuer sur diverses demandes d'assistance qui furent en partie acceptées, mais dont l'une fut rejetée après un vote au bulletin secret par 11 voix contre 1.
 

Achat de pierre pour les chemins : M. le Maire donna connaissance au Conseil de deux commissions faites par MM. Goupil et Guilard, pour la fourniture de la pierre, nécessaire à certains chemins. Après avis de M. le Maire et les observations de certains conseillers, l'adjudication fut acquise à M. Goupil, celui-ci faisant un rabais de 3 Francs par mètre cube en carrière et de 5 Francs arrivée sur chemin à pied d'œuvre.


Demande d'achat de terrain communal : M. Lucas Marcel, ayant demandé l'achat de la ruelle communale, bordant sa propriété sise à « L’Académie », le Conseil fut unanime à rejeter cette demande.

 

 

 

Ouest-Éclair du 1er avril 1937 - Page 7

 

 

Un motocycliste se jette sur une auto

 

Hier après-midi, une violente collision s'est produite au dangereux carrefour de l'Aumône, à Cherrueix entre une motocyclette et une automobile.

Un jeune homme de 20 ans, M Malherbe, employé des P.T.T. à Paris revenait de Saint-Malo à motocyclette se dirigeant vers Pontorson, lorsqu'au carrefour de l'Aumône, à la bifurcation des routes de Dol-Cherrueix et Le Vivier-Saint-Broladre, le jeune homme aperçut une auto conduite par M. Théophile Jan, maréchal ferrant au bourg de Cherrueix venant Dol et se dirigeant vers son domicile.

Par une manœuvre rapide, le motocycliste évita la collision au carrefour, mais sans doute affolé par le danger frôlé de si près, il suivit sur quelques mètres l'auto de M. Jan et vint se jeter sur l'arrière de cette voiture, la projetant dans le fossé, alors que lui-même culbutait de sa machine qui se renversa sur la route.

Sérieusement commotionné et quelque peu contusionné, le jeune postier parisien eut recours à un automobiliste qui le transporta à Saint-Malo pour y être très vraisemblablement hospitalisé

M. Jan eut la chance inouïe de se tirer à peu près indemne de cet accident.

Quant aux dégâts matériels subits par l'auto et par la moto, ils sont assez élevés.

La gendarmerie de Dol a procédé à une enquête afin de déterminer les responsabilités.

 

 

 

Ouest-Éclair du 8 avril 1937 - Page 7

 

 

Une affaire de coups

 

M. Auguste Dioré du village de La Larronnière en Cherrueix a porté plainte à la gendarmerie de Dol contre son voisin Édouard Urphéant qui, à la suite d'une discussion et pour un motif des plus futiles, lui aurait porté des coups.

L'enquête des gendarmes a permis d'établir qu'il y avait eu échange de coups entre les deux antagonistes.

 

 

 

Ouest-Éclair du 16 juillet 1937 - Page 7

 

 

Pigeon voyageur recueilli / Saint-Médard-sur-Ille

 

A Saint-Médard-sur-Ille a été recueilli un pigeon voyageur au nom de M. Auguste Daumer, Cherrueix, portant le numéro 584.017-H 37.

S'adresser M. Jean Honoré, cultivateur à Launay, en Saint-Médard-sur-Ille, ou M. le Maire de la commune.

 

 

 

Ouest-Éclair du 4 août 1937 - Page 8

 

 

Au Conseil Municipal

 

Le Conseil Municipal de Cherrueix s'est réuni sous la présidence du maire, M. Lemonnier. La question à l'ordre du jour était le vote du budget.

Au début de la séance il a été donné lecture du compte administratif de l'année 1936, présenté par M. le Maire. Les recettes totales s'élèvent à 162.071 Francs 72 ; les

dépenses totales à 125.670 Francs 33 soit un excédent de recettes de 36.401 Francs 39 à reporter sur le budget additionnel 1937. Le budget se chiffre, en recettes comme en dépenses, à la somme de 68.061 Francs 22. Parmi les dépenses inscrites à ce budget, citons assistance aux vieillards : 2.949 Francs 30 ; familles nombreuses : 717 Francs ; construction du chemin de la Banche, 25.975 Francs ; réparations des bâtiments communaux : 5.200 Francs  ; construction d'urinoirs : 1.000 Francs ; achats de pierre pour les chemins ruraux :1.500 Francs ; subvention au bureau de bienfaisance dont les ressources sont insuffisantes. 1.000 Francs ; nettoyage de la grève : 300 Francs ; subvention au comité des fêtes : 400 Francs. Le conseil vote ensuite le budget primitif de 1938 s'élevant à la somme de 79.281 Francs 15.

 

 

 

Ouest-Éclair du 23 août 1937 - Page 7

 

 

Une brutale collision d'autos

 

Cinq blessés dont une sexagénaire qui est dans un état grave.

A 150 mètres du bourg de Cherrueix et de la mer, dans un des beaux paysages de la côte, se trouve la ferme de l'Aumône, ancien manoir entouré d'un joli petit bois, qui borde la route nationale 797, de Saint-Malo à Pontorson, et, coupant cette route, le chemin de grande communication 82, de Cherrueix à Dol.

Mais ce paysage constitue un endroit fort dangereux, la visibilité étant très réduite, d'autant plus que dans les champs voisins, des saules gênent encore sérieusement les usagers de la route. Aussi les touristes qui sillonnent constamment dans les deux sens la grand'route, en cette saison d'été, n'aperçoivent-ils souvent qu'au dernier moment les véhicules, le danger n'étant d'ailleurs pour ainsi dire pas signalé. C'est pourquoi des accidents se produisent souvent à cet endroit, dont le dernier mortel eut lieu il y a deux ans.

Hier, à 19 heures, M. Adolphe Lebordais, secrétaire de mairie à Landivy (Mayenne), accompagné de sa femme et de ses deux fillettes, âgées de 6 et 11 ans, venait de passer la journée à Cancale. Il n'aperçut qu'au dernier moment une automobile venant de Cherrueix, se dirigeant vers Dol, qui traversait devant lui la grand'route qu'il suivait. Bloquant ses freins, il ne put néanmoins l'éviter et dans un choc terriblement violent, la heurta à l'arrière, lui faisant faire un tête-à-queue complet et le retournant sur le côté, à plusieurs mètres du point de choc.

La voiture tamponneuse se retourna elle-même dans un terrible fracas de verre brisé.

On se précipita au secours des occupants, qui sortirent de cette voiture tous plus ou moins blessés, particulièrement l'une des fillettes, aux lèvres et à la main droite.

De l'auto tamponneuse, le conducteur, M. Germain Filleul, chauffeur de M. Besrées, courrier de Cherrueix, sortit absolument indemne mais il n'en fut pas de même de la personne qu'il transportait à la gare de Dol, après avoir passé la journée chez une nièce, Mme Aubin, au village du Han. Cette voyageuse, âgée de 62 ans, Mme veuve Julien Bouvier, née Besnard, demeurant au bourg de St-Germain-en-Coglès, semblait dans un état grave. Aussi fit-on appel à M. le docteur Cottin, de Dol, qui tard hier soir ne pouvait donner un diagnostic en raison des blessures qu'elle portait à la tête et au côté et des graves douleurs internes dont elle souffrait.

La gendarmerie a ouvert une enquête et Me Jouault, huissier, a dressé un constat, rendu très difficile par la nuit et l'intensité de la circulation à ce moment.

 

 

 

Ouest-Éclair du  24 août 1937 - Page 8

 

 

L'accident de l'Aumône

 

Nous avons relaté hier la violente collision qui s'est produite dimanche soir au dangereux carrefour de l'Aumône, à l'intersection des routes de Saint-Malo à Pontorson et de Dol à Cherrueix, dans laquelle plusieurs personnes furent blessées.

Mme veuve Julien Bouvier, de Saint-Germain-en-Coglès, est soignée chez sa nièce, Mme Aubin, au village du Han, où nous avons fait prendre de ses nouvelles.

Sans être alarmant, son état toujours grave reste stationnaire, aussi formons nous des vœux pour son prompt rétablissement.

Cet accident démontre, une fois de plus, combien il est bon pour les automobilistes d'être prudents sur les routes de notre région doloise actuellement sillonnées en tous sens par une multitude de voitures, à tel point qu'en certains endroits il est nécessaire d'attendre plusieurs minutes pour pouvoir traverser une route empruntée par des files ininterrompues de véhicules.

Mais il démontre aussi combien il serait utile de dégager au maximum la visibilité aux alentours des croisements dangereux. Il est facile de se rendre compte sur les lieux de l'accident, qu'en certains sens, les automobilistes peuvent s'apercevoir d'une route sur l'autre, même à travers les arbres du bois de l'Aumône si le conducteur roule à une allure modérée. Par contre, il est absolument impossible à un conducteur venant du bourg de Cherrueix de voir si quelque véhicule occupe la route venant de Saint-Malo, avant d'avoir atteint le croisement. C'est qu'en effet, cette route est totalement masquée par un rideau de saules plantés latéralement à une cinquantaine de mètres de la route de Cherrueix, ainsi que par une haie en bordure du champ voisin. La signalisation elle-même est nettement insuffisante et il serait nécessaire qu'elle soit encore renforcée pour que le danger n'échappe à personne. Ce croisement dangereux situé au centre d'un charmant paysage a déjà été le théâtre de nombreux accidents, dont certains mortels, et il est à souhaiter que les dispositions nécessaire soient prises au plus tôt pour en éviter le retour.

 

 

 

Ouest-Éclair du 29 août 1937 - Page 10

 

 

Fatale imprudence

 

Un jeune homme happé par une batteuse est horriblement broyé

Comme dans beaucoup de fermes de la région, on battait hier à la ferme de M. François Asse, 41 ans, cultivateur au village du Bois-Robin. La machine ronflait et les belles gerbes d'épis dorés étaient englouties les unes après les autres par la batteuse, pendant que chacun s'affairait à son poste, bien occupé par ce travail important particulièrement dur par ce temps de chaleur.

Il était environ 12 h 50 lorsqu'un jeune ouvrier agricole, Maurice Lainé, né le 6 juin 1921, demeurant chez ses parents aux Salines, s'aperçut que l'ouvrier chargé d'engrener le blé était parti en monter un sac. Il abandonna le travail dont il était chargé et eut l'idée d'ouvrir le tambour par lequel arrive le grain.

Fatale imprudence, car avant que personne ait pu se douter de ce que le jeune homme allait faire, il ouvrit le volet de ce tambour. Il fut aussitôt agrippé par un engrenage, et renversé. Il fut alors entraîné par le pied et la machine le broya horriblement jusqu'au bassin.

Le rejetant brutalement, la machine le reprit à nouveau par le bras gauche qu'elle broya littéralement. On arrêta le moteur aussitôt qu'on se rendit compte de l'affreux accident, mais il était trop tard, le malheureux garçon gisait sur le sol, souffrant terriblement.

On fit en hâte appel à M. le docteur Gringoire, de Dol, qui vint donner ses soins au malheureux jeune homme. Mais tout fut inutile et il mourut environ une heure après des suites d'une hémorragie lente.

La gendarmerie de Dol fit hier après-midi une minutieuse enquête, afin de déterminer nettement les circonstances de ce terrible accident.

Nous offrons à la famille du malheureux jeune homme, en cette douloureuse circonstance, l'expression de nos bien vives condoléances.

 

 

 

Ouest-Éclair du 5 septembre 1937 - Page 10

 

 

Tribunal correctionnel / Les exploits d'un agent d'affaires indélicat

 

Un ancien clerc de notaire de Marolles-les-Braults (Sarthe), nommé Désilles, était venu s'installer à Dol comme agent d'affaires.

Pourvu, malgré ses 27 ans, d'un casier judiciaire déjà bien garni, Désilles devait opérer dans la région de Dol et faire des dupes.

On le juge d'abord pour vol d'une somme de 50 Francs commis dans un bal, à Condé-sur-Huisne. Au cours d'une valse, il avait trouvé le moyen de soustraire le porte-monnaie de sa danseuse. Cela lui vaut comme entrée en matière, un an de prison, en raison de son passé. On lui reproche ensuite un abus de confiance bien caractérisé au préjudice des époux Maillard de Cherrueix. Ces braves gens qui étaient possesseurs d’une vingtaine de tires des chemins de fer voulaient les négocier. Ils les remirent à Désilles qui réalisa l'opération pour 10.800 Francs. L'indélicat agent d'affaires garda cette somme qui dut lui servir en partie du moins à payer ses dettes.

On évoque d'autre part une affaire d'ordre sentimental qui ne peut être retenue comme escroquerie en raison des circonstances. Désilles en effet s'était fiancé à une jeune fille des environs de Dol et il avait réussi à se faire remettre d'abord 4.000 Francs, puis 2000 et enfin 16.000 Francs.

Le Tribunal suffisamment édifié sur le compte de Désilles, lui octroie 4 ans de prison et prononce la confusion avec la peine précédente.

 

 

 

Ouest-Éclair du 24 septembre 1937 - Page 10

 

 

Une carotte de 8 livres

 

L'un de nos sympathiques lecteurs, M. Stavros Hadjimanolis, marchand de fruits et primeurs à Châteauneuf, nous présentait, ce matin, une plante potagère qui, par sa grosseur, est vraiment remarquable.

Il s'agit d'une carotte du poids de 8 livres récoltée dans une terre de Cherrueix. appartenant à M. Minois. Cette région est d'ailleurs très favorable à ce genre de culture.

 

 

 

Ouest-Éclair du 8 novembre 1937 - Page 7

 

 

Une fillette de trois ans tombée dans une citerne où elle se noie

 

Hier dans la matinée, la bonne de M. et Mme Pierre Cornuel, marchands de poissons, demeurant au village de Sainte-Anne, commune de Cherrueix, inquiète de ne pas voir la fillette de ses patrons, la petite Marcelle, âgée de 3 ans dont elle avait la garde, se mit à recherche de la bambine.

L'ayant en vain demandée chez des voisins, elle poursuivit ses recherches et bientôt elle aperçut le corps de la malheureuse enfant flottant dans une citerne se trouvant derrière la maison des époux Cornuel et profonde d’environ 2 mètres, cette citerne étant restée découverte.

On s'empressa de retirer de l'eau la pauvre petite, mais déjà la mort semblait avoir fait son œuvre et tout ce l’on tenta pour la ranimer s'avéra inutile. M. le docteur Stairman, de Dol, appelé, ne put que constater le décès. La gendarmerie de Dol a ouvert une enquête sur ce malheureux accident. En cette cruelle circonstance, nous prions la famille de la petite Marcelle d'agréer nos plus respectueuses condoléances.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 novembre 1937 - Page 6

 

 

Obsèques

 

Vous êtes prié d'assister au convoi et à la messe d'enterrement qui auront lieu le vendredi 12 novembre 1937 à 10 heures, en l'église de Cherrueix pour le repos et salut éternel de l'âme de :

 

Monsieur Auguste JAMES

Retraité de la Marine de l'Etat, Chevalier de la Légion d'honneur.

 

Décédé chez sa fille, au bourg de Cherrueix, le 10 novembre 1937 dans sa 70ème année, muni des sacrements de l'Eglise. On se réunira à la maison mortuaire à 9heures45.

De la part de Mme Auguste James, son épouse ; M. et Mme Auguste James, M. et Mme Jean Letannoux, ses enfants ; M. Auguste James et Mlle Marie-Anne Letannoux, ses petits-enfants ; des familles James, Lucas et Ménager.

 

 

 

Ouest-Éclair du 22 janvier 1938 - Page 10

 

 

Un vol de 600 Francs

 

Avant-hier, un habitant du hameau de l'Académie en Cherrueix, M. Mary Hallet, ayant eu besoin de prendre dans son armoire l'argent nécessaire à son tabac, fut fort désagréablement surpris en constatant que dans le portefeuille renfermant une partie de ses économies, six billets de 100 Francs lui avaient été subtilisés.

M. Hallet s'empressa de porter plainte à la gendarmerie de Dol qui ouvrit immédiatement une enquête. Au cours de celle-ci, les soupçons se fixèrent sur le beau-frère du volé, un nommé Giot, habitant Saint-Malo. Les gendarmes dolois invitèrent leurs collègues malouins à bien vouloir interroger ce dernier. Giot nia énergiquement, prétendant du reste n'avoir pas quitté Saint-Malo.

Or, à la suite de ces dénégations, les gendarmes dolois continuèrent leur enquête et apprirent que contrairement à son affirmation, Giot était bien venu ces jours derniers à Cherrueix. Il avait même pris à proximité de cette commune le car devant le ramener à Saint-Malo.

Devant cette contradiction flagrante, l'interrogatoire de Giot fut repris par les gendarmes de Saint-Malo et, bien qu'il ait nié à nouveau être l'auteur du vol, il n'en a pas moins été écroué à la prison de Saint-Malo, par ordre de M. le Procureur de la République.

 

 

 

Ouest-Éclair du 25 janvier 1938 - Page 9

 

 

Pour que vivent six petits orphelins

 

On nous signale un cas de navrante détresse six petits orphelins, les enfants Chistrel, de Cherrueix, pleurent aujourd'hui un papa et une maman qu'une mort inexorable vient, en moins de six mois, d'arracher à leur tendresse filiale.

Le père, Jean-Baptiste Chistrel, fut un rude terre-neuvas et un hardi marin, matelot dès son enfance. En 1914, âgé de 26 ans, il fut mobilisé au 136ème régiment d'infanterie qu'il rejoignit en Champagne. Il prit part à de nombreuses attaques, notamment dans les premiers jours d'avril 1915 à celle du Moulin de Souain, près de Suippes de sinistre mémoire. On sait que quatre malheureux caporaux y furent fusillés « pour l'exemple ».

Désigné pour faire partie du peloton d'exécution, Jean-Baptiste Chistrel refusa nettement. « C'est un véritable crime, disait-il, et si je retourne vivant dans mon pays, je ferai mon possible pour aider à la réhabilitation de ces innocentes victimes ». Il tint parole et s'employa de son mieux à cette œuvre de justice.

Le 14 avril 1915, dans les mêmes parages, il fut pris sous un éboulement causé par l'explosion d'une torpille. Sept de ses camarades y trouvèrent la mort. Blessé, il fut évacué. A peine guéri, il entra dans l'enfer de Verdun où il fut blessé à l'œil gauche. Rentré à son régiment, il partit comme volontaire en Orient puis revint à la côte 304.

La guerre finie, il reprit courageusement son dur métier de marin pêcheur et retourna sur les bancs où il fit plusieurs campagnes. Mais en 1932 il lui fallut renoncer à son rude labeur de marin. Vaincu par un mal implacable il s'est éteint il y a moins de six mois, le 31 juillet 1937, à l'âge de 48 ans laissant une mère avec cinq enfants en bas-âge et attendant un autre bébé

La pauvre femme vient elle-même de mourir après avoir donné le jour à son sixième enfant.

Que vont devenir ces petits orphelins ?

Connaissant le bon cœur et la générosité de nos lecteurs auxquels nous n'avons jamais signalé en vain un tel cas de détresse, nous leur demandons de venir en aide aux pauvres petits orphelins.

Les dons pourront être remis à notre dépositaire de Cherrueix, M. Louis Lesénéchal, conseiller municipal, ou à nos dépositaires de Dol et de Cancale. D'avance, nous remercions bien sincèrement les donateurs.

 

 

 

Ouest-Éclair du 25 janvier 1938 - Page 9

 

 

Les violences d'un domestique de ferme

 

Samedi soir, vers 22 heures, les époux Rouxel, cultivateurs au village de la Croix Galliot, commune de Cherrueix s'entretenaient d'un travail à effectuer à la ferme lorsque leur commis, un nommé Eugène Robin, 43 ans, couché à l'étage est qui parait-il, était pris de boisson crut que l'une des observations de son patron lui était adressée.

Il se leva donc et maugréant, menaça les époux Rouxel qui, le sachant assez méchant lorsqu'il a bu, s'empressèrent de fermer la porte pour s'opposer à son entrée dans la pièce, mais Robin réussit à les repousser et, s'armant d'une lanterne, frappa brutalement son patron à la tête, lui occasionnant une large entaille du cuir chevelu. Il frappa également Mme Rouxel, la blessant assez sérieusement au poignet droit. Cette dernière blessure fut faite au moyen d'un instrument qui n'a pu être déterminé.

Épouvantés et ensanglantés, les deux cultivateurs sortirent en hâte et se réfugièrent chez des voisins où ils passèrent la nuit, personne n'osant intervenir pour maîtriser l'énergumène.

Pendant ce temps, maître du logis, Robin but et mangea tout son saoul et ne quitta la maison qu'à plus de 3 heures du matin.

La gendarmerie de Dol a ouvert une enquête et a dressé procès-verbal au violent domestique pour coups et blessures.

Ajoutons que M. et Mme Rouxel ont dû recevoir les soins d'un médecin dolois. M. le docteur Stairman, qui leur a prescrit un long repos.

Robin était à leur service depuis le 31 décembre dernier.

 

 

 

Ouest-Éclair du 6 mars 1938 - Page 11

 

 

Pour six petits orphelins

 

Les dons généreux continuent d'affluer pour les six petits orphelins de Cherrueix, les enfants Chistrel, en faveur desquels nous avions fait appel à la charité de nos lecteurs.

Cette semaine encore, notre dévoué dépositaire de Cherrueix, M. Louis Lesénéchal, conseiller municipal, a reçu diverses sommes s'élevant à 460 Francs qui, ajoutées aux 735 Francs reçus antérieurement, forment un total de 1.195 Francs.

 

 

 

Ouest-Éclair du 12 mars 1938 - Page 8

 

 

Blessures involontaires

 

Jean-Baptiste Pellerin, de Cherrueix, a causé des blessures à son fils âgé de 3 ans. Ayant bu, il tomba à la sortie du débit sur l'enfant qu'il tenait par la main et lui brisa une jambe.

« Ivrogne d'habitude », disent les renseignements.

Le Tribunal prononce une peine de un mois de prison avec sursis.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 juin 1938 - Page 9

 

 

Une ferme, à Vaujour, est détruite par un incendie

 

Les dégâts dépassent 100.000 Francs

Un incendie d'une extrême violence a éclaté hier après-midi, vers 16 heures, au village de Vaujour, en la commune de Cherrueix, dans une ferme occupée par Mme veuve Pierre Peltier, née Clémentine Hamelin et appartenant à Mme veuve Montier propriétaire au bourg de Baguer-Pican.

Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, environ une heure plus tard, nous n'avons plus trouvé que des murs croulants et des débris calcinés. Tout était détruit, de l'ensemble des vastes bâtiments qui composaient la ferme de Vaujour ainsi que du mobilier garnissant la maison d'habitation, literie, meubles, etc.

 

L'ALARME

Il était environ 16 heures, lorsque le fils de Mme Peltier qui, coïncidence étrange, avait eu ses vingt ans le jour même, aperçut, alors qu'il était occupé à ramasser du foin dans une prairie voisine de la ferme, avec sa mère et un jeune pâtre, une fumée épaisse se dégageant des abords de la ferme. Il s'empressa de courir se rendre compte de ce qui se passait et il aperçut alors le hangar au sud des bâtiments, complètement embrasé. Le toit de chaume de la ferme commençait lui-même à flamber.

Le jeune homme donna immédiatement l'alarme et les rares voisins s'empressèrent d'accourir, de même que la mère, Mme Peltier et le jeune pâtre, un enfant de 13 ans, le petit Jean Prignon.

 

LES SECOURS

On essaya de déménager l'intérieur mais le feu faisait des ravages si rapides que moins d'un quart d'heure après la découverte du sinistre, toute la toiture s'effondrait avec les poutres enflammées, rendant tout sauvetage impossible. Par bonheur, on avait eu le temps de sauver les papiers de famille et l'argent, de même que cinq vaches de l'étable sauvées par le jeune pâtre. Malheureusement, trois porcs ne purent être dégagés assez tôt et périrent carbonisés. Il en fut de même du fourrage, des denrées diverses, et de tout ce que conservaient les bâtiments. Rien n'en a subsisté.

Les pompiers de Saint-Broladre arrivèrent bientôt sur les lieux avec leur moto-pompe, mais ils durent se borner à noyer les débris fumants. Rien ne subsistait de la ferme, sauf cependant un petit bâtiment couvert en tôle à l'extrémité Est mais dans lequel, également tout est consumé.

 

LES CAUSES DU SINISTRE

L'incendie a dû être communiqué aux bâtiments principaux de la ferme qui rappelons-le, étaient couverts en chaume, par une chaudière sur laquelle cuisaient des pommes de terre destinées à la nourriture des porcs et placée sous le hangar couvert en tôle, en face de la maison.

Le feu gagna d'abord les poteaux de soutènement du hangar puis une halle garnie de paille, à proximité; et de là à la maison principale à quelques mètres en face.

Les pertes dépassent 100.000 Francs. Elles ne sont malheureusement couvertes qu'en partie par une assurance. Les gendarmes de Dol arrivés peu après, ont ouvert une enquête.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 août 1938 - Page 9

 

 

Après la fête sportive du 7 août

 

Malgré un début d'après-midi assez maussade, la foule des promeneurs se pressait nombreuse, dimanche, à Cherrueix. La fête fut en tous points très réussie, grâce à l'activité des organisateurs et en particulier du si actif président M. Chauvel. Le Comité des Fêtes adresse ses chaleureux remerciements à tous les commissaires qui ont bien voulu l'aider dans sa tâche et les félicite pour l'activité et le zèle dont ils ont fait preuve.

En dehors des épreuves sportives, l'animation joyeuse ne cessa de régner dans tous les quartiers du bourg. Le « baiser de la tuile », le mât de cocagne, le concours de buveurs, égayèrent la foule.

Toute la journée, la Musique Municipale de Dol qui avait, en arrivant, rendu un pieux hommage au Monument aux Morts, prodigua ses airs les plus entraînants. La fête foraine remporta, elle aussi, un immense succès. Le soir, des bals s'organisèrent dans tous les cafés et, tard dans la nuit, les couples tournèrent inlassablement.

 

 

 

Ouest-Éclair du 14 août 1938 - Page 9

 

 

Sur les plages de Cherrueix parmi les joyeux enfants de
la colonie de vacances de Fougères

 

Nous les avons quittés si heureux le 3 août, sur les quais de la gare de Fougères, près du train qui devait les conduire à Pontorson que nous avons voulu aller sur place juger de leur bonheur.

Cherrueix est une charmante localité, située au nord de Dol, dans la baie du Mont Saint-Michel où la colonie de vacances de Fougères a, depuis quelques années, pris l'habitude de passer un mois, au bord d'une grève spacieuse, balayée de l'air du large et bordée d'une verdoyante nature. Hier matin, à 8 heures, une colonne de jeunes garçons et filles débouchait d'un sentier en chantant de gais refrains. Nul doute, c'étaient les petits enfants de Fougères.

Cette année, la colonie comprend une cinquantaine d'enfants, garçons et filles de toutes les écoles que cette œuvre admirable patronnée par M. et Mme Rebuffé, a désignés pour ce mois de vacances.

Durant un mois, du 3 août au 3 septembre, ces enfants seront logés et nourris chez d'accueillants habitants qui les reçoivent comme les enfants de la maison et cela pour une minime rétribution.

Le matin et l'après-midi, sous la conduite dévouée de Mme Boudron, que tous les petits appellent « maman Baudron », et de Mlle Bourcier, les enfants vont sur les grèves ou organisent des promenades avec la joie que l'on devine.

Et lorsque le soleil ne daigne pas sourire aux jeux et distractions de ces bambins, quand la grosse pluie qu'ils détestent tant se met à tomber, tout ce petit monde se rassemble dans les classes, les cours et les préaux des écoles de Cherrueix mises gracieusement à leur disposition.

 

UNE JOURNEE A CHERRUEIX

Les enfants qui sont logés chez des particuliers se réunissent dans la cours de l'école, vers 8 heures, après un nourrissant petit déjeuné. En chantant de joyeuses chansons, ils se rendent en rangs à la plage où, à la vue du sable fin, c'est la débandade générale. Avec les seaux et les pelles, de superbes châteaux-forts se dressent sur le sable, tandis que des parties de ballon ou des courses sont organisées sur la vaste étendue de sable fin.

Mais le sport et l'air pur aiguisent l'appétit et il faut voir comme tous ces petits font honneur aux menus familiaux.

L'après-midi, les jeux recommencent, coupés, si le temps le permet, d'une baignade ou d'une promenade. Et le soir, de bonne heure, après s'être tant dépensés et avoir mangé en famille, bien des yeux se ferment pour de longues heures, après une dernière pensée aux parents ou aux jeux du lendemain.

 

 

 

Ouest-Éclair du 17 août 1938 - Page 8

 

 

Trois blessés dans une violente collision d'autos

 

Une très violente collision s'est produite lundi soir, au dangereux carrefour de l'Aumône, près du bourg de Cherrueix entre deux voitures automobiles conduites intérieures dont l’une, venant de Saint-Malo, transportait quatre personnes et était conduite par M. Klopp René demeurant à Paris 64 avenue Ledru-Rollin, et l'autre, au volant de laquelle se tenait M. Célestin Devaux agent militaire à Soissons. actuellement en congé à Cherrueix. Dans cette dernière voiture, venant du bourg, de Cherrueix, quatre militaires avaient pris place avec le conducteur qui, précisément, les reconduisait à la gare de Dol où ils devaient prendre le train.

La collision entre les deux véhicules fut extrêmement violente, à tel point que l'auto de M. René Klopp fut projetée dans un champ voisin, à une quinzaine de mètres du point de choc et celle de M Devaux, à 22 mètres de ce même endroit.

Des voitures renversées, la plupart des occupants purent sortir par leurs propres moyens. Malheureusement, deux des personnes accompagnant M. Klopp furent assez sérieusement blessées. Il s'agit de Mme Bouhinet et de sa fille, toutes les deux habitant Paris, avenue Ledru-Rollin. Dans l'autre voiture le sergent-chef Pétour fut également blessé mais de façon beaucoup moins grave.

Les trois blessés turent conduits à la ferme de l'Aumône chez M. Mary Maillard où les meilleurs soins leur furent prodigués.

Pendant ce temps MM. les docteurs Cottin de Dol et Abrami qui avaient été avisés, s'empressèrent eux-mêmes près des deux dames blessées dont l'état leur parut devoir nécessiter le transport immédiat à l'Hôtel-Dieu de Saint-Malo.

Quant au sergent chef Pétour, après pansement, il put continuer son voyage vers Dol.

L'endroit où s'est produit cet accident est éminemment dangereux. Il y a quelques mois un mortel accident d'automobile s'y produisait.

 

 

 

Ouest-Éclair du 20 août 1938 - Page 9

 

 

Une chute grave

 

GEORGES Marie, demeurant au hameau de La Larronnière en Cherrueix, a fait une chute alors qu'elle était occupée à travailler. Blessée assez sérieusement dans la région thoracique. Mme Georges a reçu les soins de M. le docteur Stairman de Dol qui lui a prescrit un repos complet de quinze jours, sauf complications.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 août 1938 - Page 7

 

 

Nouvelles religieuses

 

Par décision de Monseigneur Mignen, l’abbé Alexandre RÉGNAULT, recteur de Le Chatellier, est nommé recteur de Cherrueix en remplacement de M. l’abbé Auguste Bruneau autorisé à se retirer provisoirement pour raisons de santé.

 

 

 

Ouest-Éclair du 21 août 1938 - Page 10

 

 

Remerciements

 

M. Alfred Chistrel, tuteur des six petits orphelins Chistrel, ses neveux, remercie de tout cœur tous les généreux donateurs pour les sommes qu'ils ont bien voulu adresser au dépositaire de « L'Ouest-Eclair », M. Lesénéchal Louis, conseiller municipal de Cherrueix, pour la souscription ouverte au profit de ces petits orphelins et dont la somme totale versée par ce dépositaire s'élève à 1.340 Francs.

M. Chistrel s'excuse du long retard apporté pour ses remerciements à tous les généreux souscripteurs, ainsi qu'au dépositaire, certains règlements de comptes n'ayant pas encore été effectués pour cette souscription.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 mars 1939 - Page 10

 

 

Un cycliste est renversé par une auto

 

Avant-hier, vers 13 h 30, un cycliste, M. Mary Plihon, 52 ans, ancien cantonnier auxiliaire, demeurant au Rajeul, en Cherrueix, roulait sur la route conduisant de St-Broladre au Vivier-sur-Mer, lorsqu'entre le chemin Dolais et le bois Robin il fut heurté par une automobile allant dans la même direction que lui, c'est-à-dire vers Le Vivier-sur-Mer, et dont il n'avait pas entendu le signal avertisseur.

Heurté assez violemment, le cycliste tomba lourdement sur le sol, se fracturant la clavicule et se faisant de nombreuses ecchymoses sur diverses parties du corps. Il reçut les soins de M. le docteur Stairman, de Dol, qui lui a prescrit un long repos.

 

 

 

Ouest-Éclair du 6 mai 1939 - Page 11

 

 

Tribunal correctionnel

 

Mme veuve Villalard, née Mélanie Garel a occasionné des blessures au cycliste Plihon, sur la route de Cherrueix au Vivier, le 8 mars dernier. Mme Villalard n'a pas eu connaissance de l'accident.

Elle est assistée de M. le bâtonnier Guillaume qui demande son acquittement, la preuve n'étant pas faite de la responsabilité de Mme Villalard. Le Tribunal retient une légère faute de Mme Villalard et prononce une peine avec sursis de 16 Francs d'amende.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 août 1939 - Page 10

 

 

Piétinée par un taureau, une jeune fille est mortellement blessée

 

Lundi matin, vers 8 h, Mlle Maria Riallet 28 ans, ancienne pupille de l'Assistance Publique et domestique chez M. Julien Lecharpentier, agriculteur à la ferme de la Rigaudais en la commune de Cherrueix, s'était rendue dans une prairie voisine de la ferme de son patron pour y changer de quartier de pâturage un jeune et fort taureau de trois ans, attaché au « querre ». Au moment où la domestique détachait le taureau de son piquet, pour le conduire dans une autre pâture, l'animal, pris d'un accès de fureur que rien ne laissait prévoir, s'acharna à coups de cornes sur la jeune fille et, l'ayant renversée la piétina férocement.

Aux cris poussés par Mlle Riallet, le personnel de la ferme accourut en toute hâte et s'empressa de porter secours à la malheureuse qui avait perdu connaissance. Avec d'infinies précautions, on la transporta à la ferme où M. le docteur Gringoire de Dol aussitôt appelé, prodigua ses soins à la blessée qui semblait avoir la poitrine défoncée et portait de graves contusions dans la région dorsale.

Malgré les soins empressés qui lui furent prodigués, l'infortunée domestique succomba mercredi midi après deux jours d'atroces souffrances. Il y a lieu de noter que le taureau avait été élevé par Mlle Riallet et que, jusqu'alors, cet animal n'avait manifesté aucun instinct de méchanceté. L'infortunée victime de ce tragique accident était fort estimée de ses patrons au service desquels elle était depuis huit ans. Mlle Riallet a dans notre région, une sœur couturière à Cherrueix et deux frères, employés agricoles.

Nous leur présentons à tous nos respectueuses condoléances.

 

 

 

Ouest-Éclair du 22 août 1939 - Page 8

 

 

Une piqûre d'insecte mortelle

 

Samedi dernier avait lieu en l'église de Cherrueix, au milieu d'une nombreuse assistance, la cérémonie d'inhumation d'une jeune femme de 27 ans, mère de petits enfants, Mme Geneviève Lemarié épouse de M. Louis Lecompte.

Mme Lecompte avait, il y a quelques jours, été piquée à un bras par une araignée ou un moustique. Elle n'attacha pas d'importance à cet incident. Mais peu de temps après, le bras enfla et des ganglions se formèrent sous l'aisselle. Un médecin consulté donna des soins éclairés, mais ceux-ci s'avérèrent inopérants, le mal ayant fait de rapides progrès et bientôt le tétanos se déclarait, mal auquel devait succomber l'infortunée jeune femme après de cruelles souffrances.

En cette douloureuse circonstance, nous prions M. Lecompte et toute la famille de la regrettée défunte d'agréer l'assurance de nos plus respectueuses condoléances.

 

 

 

Ouest-Éclair du 22 août 1939 - Page 9

 

 

Grave chute de bicyclette

 

Dimanche après-midi, vers 16 h. 30, au moment où sévissait à Dol de Bretagne un très violent orage, un jeune militaire M. Couvert, se dirigeait à bicyclette vers la gare de Dol, afin de rejoindre son corps après une permission passée chez ses parents à Cherrueix. Au moment où il arrivait à la hauteur de la ferme du Portail, près de Dol, exploitée par M. et Mme Bourdais, la bicyclette du soldat dérapa sur la route que la pluie diluvienne avait rendue extrêmement glissante, et M. Couvert tomba violemment sur la route où il demeura inanimé.

Son frère, qui l'accompagnait s’empressa de lui porter secours, et M. Auguste Bourdais, aidé de ses sœurs et de M. Jean Delépine, transporta le cycliste évanoui à la ferme où M. le docteur Gringoire, prévenu par le frère du blessé, vint lui donner des soins.

Il fut ensuite reconduit en voiture à son domicile, où il devra observer plusieurs jours de repos avant de rejoindre son corps à Versailles.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 juin 1940 - Page 3

 

 

Avis de service

 

VANNES CHERRUEIX MONT-DOL

Vous êtes priés d'assister au service funèbre qui sera célébré en l’église de Cherrueix le jeudi 13 juin à 10 heures (heure ancienne), pour le repos de l’âme de

 

Pierre Pétour

Adjudant-Chef - Mort au Champ d'honneur, à l'âge de 36 ans.

 

De la part de Mme Pierre Pétour son épouse ; Paulette, Michelle et Pierre Pétour, ses enfants ; M. Pierre Pétour, son père ; des familles Chevalier, Dioré, Pétour, Leblay, Vaëvien, Frain et Ménard.

Cet avis tient lieu de faire-part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 13 juin 1940 - Page 4

 

 

Chronique des refugiés

 

Le maire de Rivière, province de Namur en Belgique est chez M. Aubin au village du Han en Cherrueix.

 

 

 

Ouest-Éclair du 31 juillet 1940 - Page 3

 

 

Liste des prisonniers originaires d'Ille-et-Vilaine

 

Les prisonniers dont les noms suivent se trouvent internes en Allemagne dans le camp permanent n° 8. Leur santé est bonne.

Martel René, Cherrueix.

 

 

 

Ouest-Éclair du 11 septembre 1940 - Page 4

 

 

Obsèques

 

Vous êtes prié d'assister aux obsèques de

 

Madame veuve Jean Bourgain

née Angélique LAMBERT décédée en sa demeure, le 9 septembre, dans sa 71ème année,

 

qui auront lieu le jeudi 12 septembre 1940 à 10 heures (heure ancienne) en l’église de Cherrueix.

De la part de Mme et M. Marcel Bourgain ses enfants ; Jean et Claude Bourgain ses petits-enfants et des familles Bourgain, Lambert et Coupé.

Cet avis tient lieu de faire-part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 16 janvier 1941 - Page 4

 

 

Une auto monte sur le trottoir

 

Mardi, vers 18 heures, M. Louis Chauvel commissionnaire à Cherrueix revenait de Saint-Malo où il était venu s'approvisionner et suivait la chaussée du Sillon. Une remorque chargée était attachée à son auto. Surpris, a-t-il déclaré, par le virage dans l'avenue Moka d'un véhicule venant de Paramé, M. Chauvel braqua sur sa droite et monta malencontreusement sur le trottoir.

Son auto vint donner du nez contre un poteau et contre le mur d'une villa. Au cours de ce choc, la voiture de M. Chauvel a été assez sérieusement endommagée.

Le conducteur a été blessé légèrement au front et deux autres personnes qui l'accompagnaient portent des contusions. Elles ont reçu les soins du docteur Legay qui se trouvait à passer.

 

 

 

Ouest-Éclair du 26 mars 1941 - Page 6

 

 

Football

 

A Cherrueix, dimanche dernier, l’U. S. cherrulaise a fait match nul contre la C. S. de Saint-Broladre : 2 contre 2.

 

 

 

Ouest-Éclair du 1er avril 1941 - Page 4

 

 

Obsèques

 

Vous êtes priés d'assister aux obsèques de

 

Monsieur Martel Lucas

Commerçant

décédé dans sa 42ème année muni des sacrements de l'Église,

 

qui auront lieu le mercredi 2 avril, à 10 heures (heure ancienne) en l'église de Cherrueix.

De la part de Mme Marcel Lucas, son épouse ; Mlle Jeannine Lucas, sa fille ; Mme Vve Lucas, sa mère ; Mme Vve Hodebert, sa belle-mère ; M. et Mme Bourget, M et Mme Ernest Lognoné et leurs enfants, M. et Mme Eugène Porchet, ses sœurs et beaux-frères ; M. et Mme Hodebert, son beau-frère et sa belle-sœur et leurs enfants, et de toute la famille.

Cet avis, tient lieu de faire-part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 10 avril 1941 - Page 4

 

 

Obsèques

 

Vous êtes priés d’assister aux obsèques de :

 

Monsieur Barbé Isidore

Conseiller municipal

décédé dans sa 68ème année en sa demeure à Sainte-Anne.

 

La messe d'enterrement aura lieu le mardi 10 avril, à 10 heures (heure solaire), en l'église de Cherrueix.

De la part de Mme veuve Barbé Isidore, son épouse ; de son fils Euène en captivité ; de M. et Mme Cornuel, M. et Mme Barbé Isidore, M. et Mme Barbé Victor, M. et Mme Barbé André, M. et Mme Barbé Louis, ses enfants, petits-enfants, de ses frères, son beau-frère et de ses belles-sœurs.

Cet avis tient lieu de faire-part.

 

 

 

Ouest-Éclair du 2 mai 1941 - Page 4

 

 

Les sports dans l'Ille-et-Vilaine

 

A Cherrueix, Dimanche prochain :

- A 13 h, Saint-Benoît (2) contre U. S. Chérrulaise (2).

- A 14 h 30, Saint-Benoît (1) contre U. S. Cherrulaise (1).

 

 

 

Ouest-Éclair du 23 août 1941 - Page 4

 

 

Nominations ecclésiastiques

 

M. L’abbé Joseph ROUX, nouveau prêtre est nommé vicaire à Cherrueix.

 

 

 

Ouest-Éclair du 9 février 1942 - Page 3

 

 

Confirmation

 

Voici l'itinéraire de la visite pastorale et de la confirmation pour l'année 1942 :

Lundi 25

10 h, Dol avec Carfantain, Mont-Dol et St-Léonard.

15 h, Cherrueix avec Le Vivier (coucher à Dol).

N. B. : L'heure suivie est, dans les villes, l'heure de l'Europe Centrale, partout ailleurs l'heure légale française.

 

 

 

Ouest-Éclair du 16 mai 1942 - Page 4

 

 

Etude de Me B. CHESNAY, Notaire à Dol

 

A louer immédiatement à Cherrueix maison bourgeoise de 6 pièces. Eau, électricité, grand jardin, diverses dépendances. S’adresser au notaire.

 

 

 

Ouest-Éclair du 3 octobre 1942 - Page 4

 

 

Annonces

 

A Cherrueix, MAISON DE CAMPAGNE, jardin de 500 m2. Prix 15.000 Francs.

 

 

 

Ouest-Éclair du 19 novembre 1942 - Page 2

 

 

Obsèques

 

Monsieur Louis Dory

décédé en sa demeure, aux Murailles dans sa 40ème année,

 

muni des sacrements de l'Église, auront lieu en l'église de Cherrueix vendredi 20 novembre à 11 heures.

De la part de Mme Dory son épouse, Louis et Albert Dory ses enfants; Mme Veuve Coureuil sa belle-mère, de ses frères et sœurs, beaux-frères et belles-sœurs, neveux et nièces, et de toute la famille.

 

 

 

Ouest-Éclair du 15 décembre 1942 - Page 2

 

 

Championnat de Bretagne de Football

 

L‘Étoile sportive boussacaise (1) bat l’Union Sportive Cherrulaise 2 à 0.

 

 

 

Ouest-Éclair du 30 décembre 1942 - Page 2

 

 

Matches amicaux

 

A Cherrueix, l’Union Sportive Cherrulaise mixte bat la Montdoloise par 6 à 1.

 

 

 

Ouest-Éclair du 25 avril 1943 - Page 4

 

 

Etude de Me LEQUEU, Notaire à Dol de Bretagne

 

Adjudication volontaire le lundi 17 mai 1943, 13 h 30 (heure solaire), en l’étude.

 

Commune de Cherrueix :

Maison de 5 pièces, cellier et jardin.

Maison de 2 pièces, jardin. Terrains à bâtir de 1.330 m. et 472 m. ; 3 pièces de terre de 76 a., 90 a. et 60 ares.

Se renseig. A Me LEQUEU, notaire

 

 

 

Ouest-Éclair du 8 janvier 1944 - Page 4

 

 

Annonces

 

A vendre PATENTE de Mareyeur.

Expéditeur en crustacés et coquillages, région Saint-Malo. Renseignem. GAUTIER, Cherrueix (Ille-et-Vilaine).

 

 

 

Fin des extractions

 

La période ouverte à la consultation s’arrête actuellement en 1944

après l’épuisement du délai légal de carence de 70 ans.

 

Pierre Pétour

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 > >>